Pour que leur jour de gloire soit ar­ri­vé

Les Bleus de Di­dier Des­champs jouent le titre, à 21 heures, au Stade de France

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - EURO 2016 - Ju­lien Ben Boua­li ju­lien.ben­boua­li@cen­tre­france.com

Vic­to­rieuse de l’Al­le­magne en de­mie, la France dé­fie le Por­tu­gal en fi­nale de son Eu­ro , à 21 heures, au Stade de France. Pour la 3e fi­nale conti­nen­tale de leur his­toire, les Bleus vi­se­ront un 3e titre après ceux de 1984 et 2000.

Le jour J est ar­ri­vé. Ce 10 juillet, en ar­ri­vant au Stade de France, les Bleus pour­ront dé­jà se tar­guer d’avoir per­mis à la France de re­goû­ter à la sa­veur d’une fi­nale d’un tour­noi ma­jeur dix ans après la dé­faite contre l’Ita­lie au Mon­dial en Al­le­magne.

En cas de suc­cès face au Por­tu­gal, der­nière marche vers le titre tant convoi­té, les Tri­co­lores quit­te­ront même l’en­ceinte dyo­ni­sienne en vé­ri­tables hé­ros d’un peuple fran­çais que l’Eu­ro a ré­con­ci­lié avec son équipe na­tio­nale. Au point de créer un élan po­pu­laire et col­lec­tif, une uni­té na­tio­nale ra­fraî­chis­sante et en­thou­sias­mante comme seul le sport le per­met dans ces temps un peu mo­roses.

Pour cette fin en apo­théose, la bande à Des­champs va s’at­ta­quer à une double passe de trois. Tout d’abord celle d’un troi­sième titre conti­nen­tal après ceux de 1984 et 2000, de quoi re­joindre l’Al­le­magne et l’Es­pagne en tête du pal­ma­rès eu­ro­péen avec trois sacres. Puis celle d’un troi­sième titre ma­jeur à do­mi­cile après l’Eu­ro 1984 et le Mon­dial 1998. C’est l’his­toire du foot fran­çais qui pour­rait conti­nuer de s’écrire ce soir.

Que ce scé­na­rio sem­blait loin­tain quand la France ob­te­nait l’or­ga­ni­sa­tion de cet Eu­ro 2016 le 28 mai 2010, quelques jours avant l’im­pen­sable grève de Knys­na au Mon­dial sud­afri­cain qui plon­geait le foot fran­çais dans la crise. Les op­ti­mistes n’étaient guère plus nom­breux il y a tout juste un mois au mo­ment de voir les Bleus en­trer dans la com­pé­ti­tion, face à la Rou­ma­nie, am­pu­tés de nom­breux ti­tu­laires bles­sés ou pri­ vés d’Eu­ro pour des his­toires ex­tra­spor­tives.

Va­rane, Sa­kho, Diar­ra, Ben­ze­ma, au­tant d’ab­sences re­gret­tées au mo­ment d’at­ta­quer le tour­noi, mais ou­bliées à me­sure que la bande à Des­champs se frayait un che­min vers la fi­nale. D’abord pous­si­ve­ment avant une mon­tée en puis­sance avec les der­niers suc­cès sur l’Is­lande (5­2) et sur­tout l’Al­le­magne (2­0) en de­mi­fi­nale jeu­di. « À ce mo­ment­là du tour­noi, il n’y a pas de fa­vo­ri, c’est la gagne qui compte. On s’est don­né les moyens d’ar­ri­ver en fi­nale, on veut fi­nir en apo­théose », pré­vient Hu­go Llo­ris, le ca­pi­taine tri­co­lore conscient de la chance d’évo­luer à do­mi­cile. « Jouer un Eu­ro chez soi, c’est fort. On s’est don­né les moyens de jouer cette fi­nale, on a mon­tré beau­coup de va­leurs, no­tam­ment col­lec­tives. On peut par­ler d’équipe. On a une marche sup­plé­men­taire à gra­vir, la plus haute, face un grand ad­ver­saire. » Car pour po­ser les mains sur le tro­phée Hen­ri­De­lau­nay ce soir, les Bleus de­vront ve­nir à bout du Por­tu­gal, solide à dé­faut d’avoir été brillant dans ce tour­noi, et de sa star et ca­pi­taine Cris­tia­no Ro­nal­do. « Je n’ai pas besoin de faire l’éloge de Cris­tia­no, tout le monde le connaît et sait qu’il est là­haut. Il fait par­tie des meilleurs au monde, si ce n’est le meilleur. Je vais es­sayer de dé­fendre comme sur n’im­porte qui. Lais­ser le moins d’es­pace, es­sayer d’an­ti­ci­per », ex­plique Ba­ca­ry Sa­gna.

La me­nace Ro­nal­do

À l’ins­tar de son la­té­ral droit, Di­dier Des­champs ne met pas long­temps à évo­quer l’at­ta­quant du Real Ma­drid au mo­ment de par­ler des Por­tu­gais. « Cette équipe a de l’ex­pé­rience, elle est bien or­ga­ni­sée, pos­sède un tri­angle dé­fen­sif solide et comp­ te énor­mé­ment sur le duo d’at­taque Cris­tia­no Ro­nal­do­Na­ni. » Alors le sé­lec­tion­neur fran­çais a­t­il ima­gi­né un plan an­ti­Ro­nal­do ? « Per­sonne ne l’a trou­vé. C’est un très grand joueur avec une qua­li­té ath­lé­tique dans le jeu aé­rien. Il reste long­temps en l’air, ses car­rés de cho­co­lat (ab­do­mi­naux) y sont pour quelque chose. En foot­ball, la grosse dif­fi­cul­té c’est de lut­ter contre la vi­tesse et dans les airs. Li­mi­ter son in­fluence se­ra im­por­tant », in­siste Di­dier Des­champs.

Pour y par­ve­nir, le sé­lec­tion­neur tri­co­lore de­vrait op­ter pour le 4­2­3­1 et le même onze que lors des deux der­niers mat­ ches. Reste tou­te­fois à gé­rer la pres­sion d’un tel évé­ne­ment. « Ce se­ra notre 7e match du tour­noi mais le contexte est par­ti­cu­lier. Je par­le­rai de cet as­pect­là mais il n’y a pas à cal­cu­ler et à se faire des films. Il y a une fi­nale à jouer et je suis per­sua­dé que les joueurs vont la jouer à fond. Ga­gner des titres, c’est tou­jours dif­fi­cile et avec une équipe na­tio­nale en­core plus. Il faut qu’on sai­sisse cette op­por­tu­ni­té », pré­vient le sé­lec­tion­neur des Bleus.

Un Di­dier Des­champs qui a une nou­velle fois ren­dez­vous avec l’his­toire. Après avoir rem­por­té la Coupe du monde 1998 et l’Eu­ro 2000 en tant que joueur et ca­pi­taine, le voi­là à 90 ou 120 mi­nutes d’un pre­mier titre en tant que sé­lec­tion­neur. Il se­rait alors des trois der­niers titres ma­jeurs fran­çais. De quoi s’as­su­rer un peu plus une place à part dans la grande his­toire des Bleus.

« On veut fi­nir en apo­théose » Hu­go Llo­ris « Il faut sai­sir cette op­por­tu­ni­té » Di­dier Des­champs

MO­TI­VA­TION. Hu­go Llo­ris, Laurent Kos­ciel­ny, Blaise Ma­tui­di, Patrice Evra et Oli­vier Gi­roud (de gauche à droite) et les autres joueurs fran­çais sont conscients que jouer une fi­nale à do­mi­cile est une chance unique dans une car­rière.

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