La fi­nale du coeur pour les trois Fran­co-Por­tu­gais de la Se­le­çao

Ra­phaël Guer­rei­ro, An­tho­ny Lopes et Adrien Sil­va, nés en France, ont la double na­tio­na­li­té

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - EURO 2016 - Be­noît Jac­que­lin be­noit.jac­quel­lin@cen­tre­france.com

Pays d’ac­cueil d’une im­por­tante im­mi­gra­tion lu­si­ta­nienne, la France va re­trou­ver ce soir trois joueurs nés sur son sol mais por­tant les cou­leurs du Por­tu­gal, le pays de leurs pa­rents : le deuxième gar­dien An­tho­ny Lopes, le la­té­ral gauche Ra­phaël Guer­rei­ro et le mi­lieu Adrien Sil­va.

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Ra­phaël Guer­rei­ro, ses deux pays à la mai­son. Le Por­tu­gal est le pays de son père, la France ce­lui de sa mère. Et toute la pe­tite fa­mille est ins­tal­lée au Blanc­Mes­nil (Seine­SaintDe­nis), à quelques pas du Stade de France. Cette fi­nale est donc hau­te­ment sym­bo­lique pour le joueur pas­sé par l’INF Clai­re­fon­taine, où il au­rait très bien pu re­ve­nir sous le maillot bleu. Con­vo­qué en même temps par les Es­poirs por­tu­gais et fran­çais, fin 2012, le la­té­ral gauche, alors à Caen, a d’abord tem­po­ri­sé. Avant d’op­ter pour la Se­le­çao en 2013. C’est fin 2014 qu’il fait ses dé­buts avec l’équipe A, mar­quant même pour sa pre­mière cape, en ami­cal, face à l’Ar­gen­tine.

Le choix de la Se­le­çao est ce­lui « du coeur » pour l’ex­Lo­rien­tais trans­fé­ré à Dort­mund du­rant cet Eu­ro. Le Por­tu­gal, c’est le pays des va­cances, à Fa­ro, au sud du pays, du­rant son en­fance. Reste que l’in­té­gra­tion ne cou­lait pas de source. Guer­rei­ro (22 ans) ne par­lait presque pas por­tu­gais et a com­men­cé par la base : l’hymne « A Por­tu­gue­sa ». Il a aus­si été ai­dé par An­tho­ny Lopes, un autre Fran­coPor­tu­gais de la sé­lec­tion.

An­tho­ny Lopes, le Por­tu­gal dès seize ans. Pour le gar­dien de l’Olym­pique Lyon­nais, l’orien­ta­tion vers la sé­lec­tion por­tu­gaise a été plus pré­coce. Les deux pa­rents du na­tif de Gi­vors (Rhône) sont d’ori­gine lu­si­ta­nienne : de la ré­gion de Bra­gan­ça (nord) du cô­té ma­ter­nel ; de Bar­ ce­los, près de Bra­ga, le club fé­tiche, du cô­té pa­ter­nel. Comme pour Guer­rei­ro et bien d’autres Fran­co­Por­tu­gais, les étés se passent donc au Por­tu­gal pour Lopes, qui ap­prend la langue du­rant son en­fance.

À seize ans, il re­joint l’équipe na­tio­nale U17. Il a de­puis gra­vi tous les éche­lons pour vivre sa pre­mière grande com­pé­ti­tion in­ter­na­tio­nale avec la Se­le­çao. Après avoir été re­ca­lé pour le Mon­dial 2014, le voi­là nu­mé­ro 2 der­rière Rui Pa­tri­cio, à 25 ans. 3

Adrien Sil­va, le re­tour for­cé au pays d’ori­gine. Lui est in­con­nu du foot­ball fran­çais. C’est pour­tant aux Gi­ron­dins de Bor­deaux qu’Adrien Sil­va, na­tif d’An­gou­lême, a com­men­cé le foot­ball. En­fant, il a même par­ta­gé des par­ties de bal­lon avec un pe­tit voi­sin de Blan­que­fort (Gi­ronde), un cer­tain Ma­thieu Val­bue­na.

Mais voi­là, en 2001, le pa­ter­nel, Ma­nuel, est mu­té au Por­tu­gal, d’où Jorge Da Sil­va, le grand­père, était par­ti dans les an­nées 1960. Ce dé­part for­cé n’est pas fa­cile à di­gé­rer pour le gar­çon de 12 ans, qui doit dé­jà ap­prendre une nou­velle langue. Puis vient l’éloi­gne­ment avec la fa­mille, lors­qu’il in­tègre le centre de for­ma­tion du Spor­ting Por­tu­gal.

Au­jourd’hui ca­pi­taine des Lions, le mi­lieu de 26 ans s’est fait une place de ti­tu­laire dans la Se­le­çao de­puis les hui­tièmes de fi­nale. Griez­mann le Por­tu­gais. Ori­gi­naire de Mâ­con, An­toine Griez­mann pos­sède des ra­cines por­tu­gaises par son grand-père ma­ter­nel, Ama­ro Lopes.

PARTAGÉS. Ra­phaël Guer­rei­ro, An­tho­ny Lopes et Adrien Sil­va 2 (g. à dr.) peuvent aus­si bien chan­ter la Mar­seillaise que A Por­tu­gue­sa.

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