La ré­cu­pé­ra­tion, c’est tout un art

Flo­rian Va­chon dé­voile ses as­tuces pour se res­sour­cer

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS AUVERGNE - Ch­ris­tophe Darne ch­ris­tophe.darne@cen­tre­france.com

À peine l’étape bou­clée que dé­bute une autre course : celle de la ré­cu­pé­ra­tion. Entre éti­re­ments, mas­sage et pres­so­thé­ra­pie, le Mont­lu­çon­nais dé­voile ses as­tuces.

Le pe­lo­ton a rou­lé fort lors de la 7e étape entre l’Isle Jour­dain et le Lac de Payolle, ven­dre­di, pour l’apé­ri­tif des Py­ré­nées. « La pre­mière heure à 49 km/h de moyenne », ra­conte Flo­rian Va­chon, qui a ten­té de se glis­ser dans la bonne échap­pée. As­sis sur le lit de sa chambre d’un hô­tel dans la ban­lieue de Pau, le cou­reur de 31 ans ra­conte sa jour­née tout en mul­ti­pliant les éti­re­ments, chaus­settes de com­pres­sion sur les mol­lets.

Le gar­çon a du mé­tier (neuf sai­sons dé­jà chez les pros) et ne ba­dine pas avec la ré­cu­pé­ra­tion. « C’est im­por­tant, sur trois se­maines, on ne doit pas la né­gli­ger. » Il est bien­tôt 20 h 30 et le cou­reur de For­tu­neo­Vi­tal Con­cept at­tend son tour pour le mas­sage. Flo­rian Va­chon a néan­moins dé­jà soi­gné sa ré­cu­pé­ra­tion quel­ ques heures au­pa­ra­vant. En com­men­çant par… du vé­lo, sur home­trai­ner. « Dès qu’on fi­nit l’étape, on tourne les jambes des­sus pour éli­mi­ner l’acide lac­tique, dé­crit­il. Puis, on re­fait le plein de sucre avant d’en­chaî­ner par des fé­cu­lents. »

Vient en­suite le mo­ment de s’oc­cu­per de son ou­til prin­ci­pal de tra­vail : ses jambes. « Au­jourd’hui (ndlr : ven­dre­di soir), le trans­fert a été long, plus d’une heure. Heu­reu­se­ment dans le bus, on dis­pose d’ap­pa­reils de pres­so­thé­ra­pie, un sys­tème pour drai­ner les jambes. Ça sou­lage dé­jà pas mal. »

On toque à la porte. C’est son tour. La ki­né­si­thé­ra­peute Élo­die l’at­tend pour une heure de mas­sage. Avec pour mis­sion d’éli­mi­ner la fa­tigue. L’huile glisse sur les jambes af­fû­tées du cou­reur, le tout dans une am­biance zen.

Une heure sur la table de mas­sage

« Le mas­sage est in­dis­pen­sable, ex­plique l’an­cien vain­queur de Pa­ris ­ Bourges, une bou­teille d’eau à por­tée de main. Et puis, c’est un mo­ment à part dans notre quotidien : on dis­cute, on échange, j’aime ces ins­tants. » Plus qu’une simple mas­seuse, Élo­die joue sou­vent le rôle de confi­dente, par­ta­geant joies, peines et doutes des cou­reurs. Avec ses mains, elle par­vient même à sa­voir si les « jambes sont bonnes ou pas ». Et pour Flo­rian, elles le sont vi­si­ble­ment. Le Mont­lu­çon­nais est à son aise de­puis le dé­part du Tour, pour prendre « les bons coups » comme pour se mettre au ser­vice du col­lec­tif, à l’image de son rôle de pois­son pi­lote pour le sprin­teur mai­son Da­niel McLay ou en mon­tagne pour Eduar­do Se­pul­ve­da.

Le re­pas pris après 21 h 30 et une bonne nuit de som­meil fi­ni­ront le pro­ces­sus. Tout neuf ou presque, pour re­par­tir le len­de­main pour une nou­velle étape.

MAS­SAGE. Rien ne rem­place les mains du ki­né pour éli­mi­ner la fa­tigue. PHOTO CH­RIS­TOPHE DARNE

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