Mi­ckaël Sarges, seul en Ter­ra In­co­gni­ta

1.432 par­ti­ci­pants au dé­part des 6 trails de l’Aqua­ter­ra

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS TRAIL - Nicolas Tis­sot

C’est ce week-end que se dé­roule la 6e édi­tion de l’Aqua­ter­ra au croi­se­ment des dé­par­te­ments de la Cor­rèze, du Puy-De-Dôme et du Can­tal. Un ren­dez-vous unique dans l’Hexa­gone.

Né en 2011, à l’oc­ca­sion du 60e an­ni­ver­saire du bar­rage de Bort­les­Orgues, l’Aqua­ter­ra s’im­pose au­jourd’hui avec 80 dé­par­te­ments fran­çais et trois pays étran­gers re­pré­sen­tés, comme un évé­ne­ment d’en­ver­gure na­tio­nale en seule­ment 5 ans d’exis­tence.

Un par­cours sau­vage

Pour son or­ga­ni­sa­trice, Co­rinne Sa­ba­tier, ce pro­jet ap­pa­rais­sait pour­tant ir­réa­li­sable : « Sur les 70 km que fait le tour du lac, il y a seule­ment 3,5 km qui sont ba­li­sés à l’an­née. Il y a un gros tra­vail de pré­pa­ra­tion tous les ans car il n’y a pas de che­min exis­tant. On ouvre les par­cours une fois par an. » Une épreuve qui né­ces­site donc en amont un tra­vail consé­quent de la part des bé­né­voles, ce qui fait aus­si sa spé­ci­fi­ci­té et sa va­leur ajou­tée : « On est sur un che­mi­ne­ment ex­trê­me­ment sau­vage et pré­ser­vé. À part les biches et les re­nards, per­sonne ne passe ja­mais par là », confie cette der­nière, sou­riante. Un par­cours dif­fi­cile, très tech­nique, dû à ce manque de che­mins, qui « at­tire et qui fait peur ».

À ce titre l’épreuve reine, l’ultra­trail l’EDFi des lacs d’une dis­tance de 110 km dont le dé­part a été don­né hier soir, à mi­nuit, avait de quoi im­pres­sion­ner bon nombre de concur­rents. Sur cette dis­tance éprou­vante, phy­si­que­ment et psy­cho­lo­gi­que­ment, Mi­ckaël Sarges, le lo­cal de l’épreuve, a su pui­ser les res­sources né­ces­saires pour s’im­po­ser en 15 h 12’42’’. Un vé­ri­table ac­com­plis­se­ment pour cet en­fant du pays qui comp­tait dé­jà quatre par­ti­ci­pa­tions à l’Aqua­ter­ra et qui avait gla­né une belle se­conde place ici même il y a deux ans. « C’est au der­ nier ra­vi­to que j’ai réus­si à dou­bler mon concur­rent et que je suis par­ti seul en tête », confiait Sarges, épui­sé à l’ar­ri­vée.

Une che­vau­chée en so­li­taire ré­com­pen­sée d’une pre­mière place en Ter­ra In­co­gni­ta pour ce mo­deste cham­pion. Le tour du ca­dran et ses 70 km pour 3.300 m de dé­ni­ve­lé po­si­tif n’avaient rien à en­vier à sa grande soeur et réunis­saient éga­le­ment du très beau monde.

Breuil, vain­queur pour sa pre­mière

Thier­ry Breuil, triple cham­pion de France de trail, vain­queur des Tem­pliers, fran­chis­sait la ligne d’ar­ri­vée en tête en 7 h 50’26’’ pour sa pre­mière par­ti­ci­pa­tion. Le Cor­ré­zien a su bien gé­rer ce par­cours val­lon­né mal­gré une er­reur de ba­li­sage qui lui a coû­té quelques ki­lo­mètres sup­plé­men­taires et une bonne dose de stress. « Avec mon com­pa­gnon, on s’est beau­coup af­fo­lé et lui l’a plus payé que moi. C’est une course très jo­lie mais très dure ». Une dif­fi­cul­té qui a aug­men­té en mi­lieu de ma­ti­née avec la cha­leur qui a mis tous les par­ti­ci­pants à l’épreuve.

À la se­conde place poin­tait Syl­vain Per­rin en 8 h 06’51’’. Ve­nu en fa­mille, trois se­maines après avoir dis­pu­té le trail des crêtes du Cha­blais, le cou­reur du team ho­ka a été sur­pris « par un par­cours moins cou­rant que pré­vu où j’ai eu du mal à re­lan­cer car j’avais les jambes lourdes. » Mal­gré les dou­leurs, le plai­sir était bien au ren­dez­vous hier, pour tous les cou­reurs.

VAIN­QUEUR. Le Mau­ria­cois Mi­ckaël Sarges a triom­phé des élé­ments pour s’im­po­ser avec brio, hier. PHOTO MA­NON SABY

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