Les Fran­co-turcs in­quiets pour leurs proches

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - TURQUIE - Ma­rie Col­li­net

Les membres de la com­mu­nau­té fran­co-turque de Thiers, ont vé­cu une « soi­rée très dif­fi­cile », hier, avec la ten­ta­tive de putsch.

Ils se sont ré­veillés en­core sous le choc. « Je me suis cou­ché à 4 heures du ma­tin, à 6 h 30 je pre­nais un ca­fé avant d’al­ler tra­vailler mais je n’ai pas pu », ex­plique Yal­cin, ins­tal­lé à la ter­rasse du bis­trot de Lyon, sur les hau­teurs de Thiers.

Le ser­veur du ca­fé, Mus­ta­fa, parle de sa soeur qu’il a ap­pe­lée en Fa­ce­time sa­me­di, vers une heure du ma­tin, des bruits de tirs qu’il a en­ten­dus pen­dant qu’ils se par­laient et de ses pa­rents, très in­quiets.

Ol­cay, joint par té­lé­phone, a contac­té sa fa­mille à An­ka­ra et Is­tan­bul : « Ils m’ont dé­crit des scènes de guerre comme dans le jeu vi­déo Call of Du­ty ».

D’autres per­sonnes ren­con­trées sont de la ré­gion de Cap­pa­doce. Là­bas, les ha­bi­tants n’ont pas vu de tank ou de scènes de vio­lence. Mais tous, dans les grandes villes comme les pro­vinces, sont sor­tis dans la rue à l’ap­pel du pré­sident Re­cep Tayyip Er­do­gan. Une per­son­na­li­té très ap­pré­ciée des Fran­co­turcs ren­con­trés.

« La seule chose ras­su­rante c’est la ré­ac­tion du peuple turc », ex­plique Ol­cay. « On peut ai­mer Er­do­gan ou pas. Je peux conce­voir qu’on ne soit pas d’ac­cord, mais on le dit avec un bulletin de vote », es­time Mu­ham­med, ren­con­tré dans un autre ca­fé. « Ce qui est cho­quant, c’est qu’on en soit là en 2016 dans un pays dé­mo­cra­tique, avec un pré­sident élu par le peuple », ajoute Ol­cay. « Nous n’avons pas ti­ré les le­çons de l’his­toire, de notre pas­sé, es­time Mu­ham­med. Pour moi, c’est un mas­sacre, une at­teinte à la dé­mo­cra­tie. Il y a eu 161 morts et plus de 1.000 bles­sés » (A l’heure où nous im­pri­mons, le bi­lan est de 265 morts N.D.L.R.).

Le jeune fran­co­turc es­père que la Tur­quie sau­ra gé­rer « comme une dé­mo­cra­tie se doit de le faire » l’après. « Il faut que les sol­dats aillent en pri­son pen­dant des an­nées. » Tout le monde est conscient de l’im­pact des tels évé­ne­ments sur l’éco­no­mie. « La mon­naie a dé­jà for­te­ment chu­té, in­dique Mu­ham­med. La ré­per­cus­sion sur les in­ves­tis­se­ments étran­gers va être im­por­tante. Les tou­ristes vont être beau­coup moins nom­breux, c’est sûr. Ils ne vont pas avoir une bonne image du pays ».

Ol­cay est par­ti hier de Lyon di­rec­tion Is­tan­bul, pour ses va­cances. Il a un peu hé­si­té : « J’ai eu peur d’être blo­qué ». Et puis fi­na­le­ment, quand il a ap­pris sur les ré­seaux so­ciaux et les sites d’in­for­ma­tion qu’il y avait un cer­tain re­tour au calme, il a dé­ci­dé de re­joindre des amis de Ré­pu­blique tchèque, dé­jà sur place.

Oz­kan doit par­tir en va­cances en Tur­quie, dans la ré­gion de Cap­pa­doce, mar­di, avec sa femme et ses trois en­fants. Pour lui, hors de ques­tion d’an­nu­ler ce voyage.

« La seule chose ras­su­rante, c’est la ré­ac­tion du peuple turc »

THIERS. La com­mu­nau­té fran­co-turque a eu be­soin de se re­trou­ver pour dis­cu­ter de la ten­ta­tive de putsch en Tur­quie.

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