Cinq rai­sons de se frot­ter à Hé­ris­son

Hé­ris­son n’est pas seule­ment un pai­sible vil­lage de l’Al­lier do­té des belles ruines de son châ­teau. C’est aus­si un en­droit où la vie ar­tis­tique et so­ciale bouillonne.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Guillaume Bel­la­voine guillaume.bel­la­voine@cen­tre­france.com

Entre Mont­lu­çon et la fo­rêt de Tronçais, Hé­ris­son est un car­re­four, non pas de voi­tures, mais de cultures, d’his­toire et de convi­via­li­té. Voi­ci cinq bonnes rai­sons de dé­cou­vrir ce vil­lage. 1

Pour sa vie cultu­relle. Avec ses quelque six cent cin­quante âmes, Hé­ris­son concentre un nombre éton­nant de com­pa­gnies de théâtre. On y trouve le Foots­barn, une troupe bri­tan­nique ins­tal­lée à deux pas, à Maillet, de­puis 1990. Mais aus­si le ma­rion­net­tiste Pa­trick Sims avec sa com­pa­gnie les Ant­lia­clastes ou en­core la Belle Meu­nière, pro­prié­taire du Cube, qui or­ga­nise des ré­si­dences et des spec­tacles.

« Il y a une tra­di­tion d’ac­cueil ar­tis­tique de­puis la ve­nue des peintres pay­sa­gistes à la fin du XIXe siècle », ré­sume Oli­vier Per­rier, co­mé­dien connu et re­con­nu, à l’ori­gine du re­nou­veau du théâtre à Hé­ris­son, sa com­mune na­tale. 2

Pour sa quié­tude. Ce n’est pas un ha­sard si les Mont­lu­çon­nais aiment se pro­me­ner à Hé­ris­son le di­manche. Ici, pas de gens pres­sés ni de bou­le­vards op­pres­sants, mais des chats aux fe­nêtres et des des­sins de hé­ris­sons qui ornent les mai­sons. La vie du vil­lage coule au rythme de l’Au­mance et in­cite à la flâ­ne­rie dans ses rues es­car­pées. Une ran­don­née de 6 ki­lo­mètres – ap­pe­lée le sen­tier des crêtes – est par ailleurs idéale pour les fa­milles. 3

Pour son whis­ky. Du whis­ky est éla­bo­ré dans le Bour­bon­nais, et c’est à Hé­ris­son que ça se passe. L’ac­teur Oli­vier Per­rier se cache en­core der­rière cette drôle d’idée. En 2001, il a créé une dis­til­le­rie qu’il a re­ven­due il y a trois ans. Il a as­so­cié du maïs bio, du malt d’orge et du seigle pour ob­te­nir le Hed­ge­hog – hé­ris­son en an­glais. Le whis­ky passe trois ans dans des fûts de chêne de la fo­rêt de Tron­ çais puis dans d’an­ciens fûts de co­gnacs de col­lec­tion. Le ma­ga­sin est ou­vert les sa­me­di, di­manche et jours de fête de 15 heures à 19 heures. Plu­sieurs al­cools ont éga­le­ment été fa­bri­qués. 4

Pour son his­toire. Hé­ris­son ne doit pas son nom à l’ani­mal mais au to­po­nyme Eric­tio, au­tre­ment dit la for­te­resse éri­gée au­des­sus du gué.

Les ruines du châ­teau fort du XIIe siècle té­moignent du glo­rieux pas­sé du vil­lage. Par­mi les anec­ dotes crous­tillantes, on re­tien­dra que les four­riers (*) de Charles VII y ont été dé­trous­sés par un aven­tu­rier, que le châ­teau a été ca­non­né par Louis XI ou en­core qu’une com­mu­nau­té pro­tes­tante s’ins­tal­la en 1562 dans la ville.

Au XVIe siècle, on dé­cri­vait le châ­teau avec neuf tours dont une plus grande ser­vant de don­jon, une cha­pelle, un ra­ve­lin, un pont­le­vis… La ruine com­men­ça dès le XVIe, un in­ten­dant af­fir­mant en 1698 que le châ­teau était com­plè­te­ment dé­mo­li. 5

Pour sa convi­via­li­té. La créa­tion du Hé­ris­son so­cial club il y a deux ans est la preuve que ce vil­lage n’est pas comme les autres. Ce lieu de ren­contre et de convi­via­li­té est ou­vert les ven­dre­dis de 9 heures à 13 heures et les sa­me­dis de 18 heures à mi­nuit, et pro­pose pen­dant l’été des soi­rées plan­cha. « Les gens ar­rivent avec de quoi man­ger et on par­tage », dé­crit Fa­bien Gra­nier, un des ac­teurs du pro­jet. Le lieu ne désem­

plit pas de­puis deux ans. « On était nom­breux à être en manque d’un lieu de convi­via­li­té. Quand un lo­cal s’est li­bé­ré, on a eu l’idée de ne pas en faire un simple ca­fé mais un lieu pour ca­ta­ly­ser les pro­jets », ex­plique Fa­bien Gra­nier. Pour se ren­sei­gner ou pro­po­ser une idée de soi­rée – sau­gre­nue dans l’idéal –, on peut ap­pe­ler à ce nu­mé­ro : 07.77.49.70.88.

(*) On ap­pe­lait ain­si l’of­fi­cier ou le sous­of­fi­cier char­gé de dis­tri­buer les vivres et de pour­voir au lo­ge­ment des mi­li­taires.

RUINES. Le châ­teau est un des nom­breux at­traits du vil­lage d’Hé­ris­son. PHO­TO FLO­RIAN SA­LESSE

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