La France, sym­bole de la laï­ci­té, une cible de choix

En 18 mois, la France a su­bi trois at­taques meur­trières mas­sives, re­ven­di­quées par des groupes dji­ha­distes, qui ont fait plus de 230 morts et des cen­taines de bles­sés.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE | ACTUALITÉS -

Sym­bole de la laï­ci­té, en­ga­gé dans la lutte contre les dji­ha­distes, l’Hexa­gone est une cible em­blé­ma­tique. Ces at­ten­tats, dont le ca­rac­tère spec­ta­cu­laire ou in­édit a mar­qué les es­prits, comme la course folle jeu­di d’un ca­mion bé­lier à Nice, ont aus­si été ac­com­pa­gnés de plu­sieurs ten­ta­tives avor­tées ou d’at­taques fai­sant peu de vic­times.

La France, en pre­mière ligne sur le front an­tid­ji­ha­diste. Au Sa­hel ou au Moyen­Orient, la France est aux avant­postes de la lutte contre les groupes dji­ha­distes. C’est le deuxième contri­bu­teur aux opé­ra­tions aé­riennes de la coa­li­tion in­ter­na­tio­nale conduite par les États­Unis contre le groupe État is­la­mique (EI) en Irak et en Sy­rie. Ses avions­bom­bar­diers ba­sés en Jor­da­nie et aux Émi­rats arabes unis bom­bardent ré­gu­liè­re­ment centres de com­ man­de­ment, fa­briques d’en­gins ex­plo­sifs et dé­pôts d’armes de l’EI. La veille de l’at­ten­tat de Nice, le pré­sident Fran­çois Hol­lande avait an­non­cé un nou­veau dé­ploie­ment à l’au­tomne au Moyen­Orient du porte­avions Charles de Gaulle, sym­bole de la puis­sance mi­li­taire fran­çaise. Au Sa­hel, la France est aus­si en toute pre­mière ligne avec l’opé­ra­tion Bar­khane (3.000 hommes) face aux groupes dji­ha­distes.

Un mo­dèle laïc dé­tes­té. Pour l’his­to­rien des re­li­gions Odon Val­let, la laï­ci­té « à la fran­çaise », qui a conduit à l’in­ter­dic­tion du voile is­la­mique dans les écoles fran­çaises en 2004 puis dans sa ver­sion in­té­grale dans la rue en 2010, peut aus­si être un puis­sant vec­teur de mo­ti­va­tion. « Pour eux, la laï­ci­té pure et dure à la fran­çaise est in­com­pa­tible avec l’is­lam », es­time­t­il. La vi­sion fran­çaise de la li­ber­té d’ex­pres­sion, qui per­met une large cri­tique des re­li­gions, a éga­le­ment pla­cé le pays dans le vi­seur des ex­tré­mistes. Des cen­taines de dji­ha­distes fran­co­phones. De nom­breux fran­co­phones – en­vi­ron 600 Fran­çais mais aus­si beau­coup de Tu­ni­siens, Ma­ro­cains, etc – ont ral­lié l’EI en Irak et en Sy­rie. « Ils ont la ca­pa­ci­té de ve­nir très fa­ci­le­ment sur notre ter­ri­toire, re­lève le pa­tron de la Di­rec­tion gé­né­rale de la Sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI), Pa­trick Cal­var. Les cibles sont mul­tiples et les ter­ro­ristes frappent là où ce­la leur est le plus fa­cile ».

Une so­cié­té me­na­cée, un exé­cu­tif af­fai­bli. Pour les res­pon­sables po­li­tiques et po­li­ciers, la France est au­jourd’hui le pays le plus me­na­cé par des at­ten­tats. Cette me­nace sur­vient dans un contexte d’af­fai­blis­se­ment de l’exé­cu­tif so­cia­liste à l’ap­proche de la pro­chaine élec­tion pré­si­den­tielle qui se dé­rou­le­ra en 2017. Le pré­sident Fran­çois Hol­lande ne dis­pose plus à l’As­sem­blée na­tio­nale que d’une ma­jo­ri­té étri­quée et il reste par­mi les chefs d’État les plus im­po­pu­laires qu’ait connus la France.

AR­MÉE FRAN­ÇAISE. Pre­mières loges. AFP

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