Les parts d’ombre du tueur

Sa ra­di­ca­li­sa­tion is­la­miste semble avoir été très ra­pide

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE | ACTUALITÉS -

L’at­ten­tat de Nice a été re­ven­di­qué, hier, par le groupe Etat is­la­mique, mais les mo­ti­va­tions du tueur, qui semble s’être ra­di­ca­li­sé « très ra­pi­de­ment », res­tent mys­té­rieuses : a-t-il agi sur commande ou de sa propre ini­tia­tive ?

Ce chauf­feur­li­vreur de 31 ans, do­mi­ci­lié à Nice, « semble s’être ra­di­ca­li­sé très ra­pi­de­ment », se­lon le mi­nistre de l’In­té­rieur, Ber­nard Ca­ze­neuve. Par­mi son en­tou­rage, cer­tains ont évo­qué, lors de leur garde à vue, un « bas­cu­le­ment ré­cent vers l’is­lam ra­di­cal ». Il s’agit d’« un at­ten­tat d’un type nou­veau » com­mis par « des in­di­vi­dus sen­sibles au mes­sage de Daech (qui) s’en­gagent dans des ac­tions ex­trê­me­ment vio­lentes sans né­ces­sai­re­ment avoir par­ti­ci­pé aux com­bats, sans né­ces­sai­re­ment avoir été en­traî­nés », a par ailleurs sou­li­gné le mi­nistre.

Sur ordre ?

Reste à savoir si La­houaiej­Bouh­lel a agi ou non sur ordre. « Il a pu dé­ci­der de pas­ser à l’acte tout seul, de se sui­ci­der en fai­sant le plus de mal pos­sible. Un coup de fo­lie ins­ pi­ré par la pro­pa­gande de l’EI », qui a ap­pe­lé à plu­sieurs re­prises « les sol­dats du ca­li­fat » à com­mettre des at­taques no­tam­ment en France avec tous les moyens dis­po­nibles, par exemple des voi­tures, re­lève une source proche de l’en­quête. Était­il en lien di­rect avec la mou­vance ra­di­cale ? La ré­gion de Nice est connue pour abri­ter un foyer de ra­di­ca­ li­sa­tion is­la­miste sur le­quel a pla­né l’ombre d’un des prin­ci­paux re­cru­teurs fran­çais pour le dji­had, le Ni­çois Omar Om­sen. De son vrai nom Ou­mar Dia­by, cet an­cien dé­lin­quant fran­co­sé­né­ga­lais avait re­joint la Sy­rie en 2013, où il a un temps été don­né pour mort, avant de ré­ap­pa­raître en juin lors du tour­nage d’une émis­sion de té­lé­vi­sion. In­con­nu des ser­vices de ren­seigne­ ment, ja­mais si­gna­lé pour ra­di­ca­li­sa­tion, La­houaie­jBouh­lel « était en re­la­tion avec des per­sonnes el­les­mêmes en contact avec des is­la­mistes ra­di­caux », a af­fir­mé une source proche du dos­sier, sans pré­ci­ser s’il pou­vait s’agir d’Ou­mar Dia­by. « Mais à ce stade des in­ves­ti­ga­tions ce­la ne prouve rien » sur des com­pli­ci­tés éven­tuelles.

Il vou­lait louer une boîte aux lettres

On a, par ailleurs, ap­pris qu’il avait de­man­dé à une voi­sine de lui louer sa boîte aux lettres, mais elle avait re­fu­sé.

L’ex­ploi­ta­tion du ma­té­riel in­for­ma­tique et té­lé­pho­nique re­trou­vé de­vrait per­mettre d’en savoir da­van­tage sur les rai­sons de son pas­sage à l’acte et sur ses liens éven­tuels.

Le pro­fil de Mo­ha­med La­houaiej­Bouh­lel in­trigue les en­quê­teurs. L’homme, en ins­tance de di­vorce et père de fa­mille, a été dé­crit comme « violent » et « so­li­taire » par d’an­ciens voi­sins. Se­lon son père, il avait fait une dé­pres­sion au dé­but des an­nées 2000 et n’avait pas de lien avec la re­li­gion.

TU­NI­SIE. Des voi­sins de la fa­mille dans le vil­lage na­tal du tueur, à M’Sa­ken. PHO­TO AFP

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