LA SE­MAINE DE JACQUES MAILHOT

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SEPTIÈME JOUR -

notre re­gret­té ca­ma­rade Jean Yanne, le rire ou la co­lère, c’est pa­reil. La seule dif­fé­rence ré­side dans le trai­te­ment du su­jet.

De­vant la bar­ba­rie qui nous dis­tille chaque jour da­van­tage sa haine et sa bê­tise, cette ph­rase doit ré­son­ner à nos oreilles.

Le rire est vi­tal, in­dis­so­ciable de la li­ber­té. Il est la sou­pape de nos tur­pi­tudes. L’an­ti­bio­tique à nos mal­heurs quo­ti­diens. Même dans la tra­gé­die, il faut le gar­der à l’es­prit.

Il est vrai que la com­mu­ni­ca­tion mas­sive et per­ma­nente (comme dirait le coif­feur du Pa­lais) ne l’aide guère. La gros­siè­re­té par­fois et l’in­cul­ture sou­vent de nos nouveaux di­ri­geants l’ont pas­sé par pertes sans pro­fits.

Le culte de l’au­di­mat et des prime­time fé­dé­ra­teurs ont fait le reste. On ri­cane beau­coup ; on « dé­zingue » peu ou plus. L’ir­ré­vé­rence et l’es­prit re­lèvent plus d’une longue sco­la­ri­té que d’un cas­ting la­bo­rieux et d’un mer­can­ti­lisme fré­né­tique.

Quand le dé­gour­di de­vient vul­gaire et l’ef­fron­té ra­co­leur, ça sent la fin du genre. Dans ces piètres mo­ments, sa­chons donc es­prits et rires gar­der.

Con­ser­vons notre ca­pa­ci­té de per­si­flage et d’in­di­gna­tion. Pen­sons à Vol­taire, à Mon­tes­quieu, à Jus­sieu ou La­voi­sier. À ces fa­meuses lu­mières dont, faute de l’avoir à do­mi­cile, cer­tains vou­draient nous pri­ver pour nous en­voyer dans un néant où, comme l’au­rait dit Georges Cle­men­ceau, ils doivent se sen­tir chez eux.

Comme le di­sait

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