Six bonnes rai­sons d’al­ler au Saillant

Au sor­tir des gorges sau­vages de la ri­vière Vé­zère, le Saillant fait fi­gure de fron­tière in­at­ten­due entre les ri­chesses des pla­teaux li­mou­sins et la dou­ceur du bas­sin de Brive.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Éric Porte eric.porte@cen­tre­france.com

1 Un site na­tu­rel re­mar­quable. L’ori­gine du mot Saillant, « le saut du sau­mon », montre que l’en­droit est par­ti­cu­lier. Ce ha­meau si­tué sur la Vé­zère, à quelques ki­lo­mètres de Brive, en Cor­rèze, est en quelque sort le point de jonc­tion entre les pla­teaux li­mou­sins qui culminent à en­vi­ron 300 mètres d’al­ti­tude, et le bas­sin sé­di­men­taire (cer­tains disent la plaine) de Brive. Il faut al­ler jus­qu’à la table d’orien­ta­tion de la Ver­tou­git, à Vou­te­zac, pour mieux com­prendre la rup­ture que marque le Saillant entre deux pay­sages. D’un seul coup, la ri­vière Vé­zère sort de gorges pro­fondes et sau­vages pour prendre un rythme plus lent, jus­qu’à Brive.

2 Le vieux pont. En­tiè­re­ment ré­no­vé il y a trois ans, le pont du Saillant fait par­tie des plus beaux ou­vrages de la Cor­rèze. De­puis le XVIe siècle, il en­jambe les eaux en­core vives de la Vé­zère ; au­tant dire qu’au fil des siècles, il a tou­jours eu un in­té­rêt stra­té­gique. Cinq arches en pierre d’ar­doise as­surent le pas­sage d’une rive à l’autre et les becs qui donnent sur l’amont, contri­buent à la pro­tec­tion et à la beau­té de l’en­semble. L’été, des bai­gneurs pro­fitent souvent de la fraîcheur de la Vé­zère sur une pe­tite plage qui n’a rien d’of­fi­ciel.

3 Le bar­rage. Cons­truit entre 1926 et 1930 au­des­sus du Saillant, dans les gorges de la Vé­zère, cet ou­vrage est as­sez dis­cret. De­puis 2014, l’amé­nage­ ment d’une pas­se­relle per­met de re­lier les deux rives de la Vé­zère au ni­veau de l’usine hy­dro­élec­trique et d’ap­pro­cher le bar­rage de 28 mètres de haut qui se trouve un peu plus haut. On peut aus­si em­prun­ter un che­min de ran­don­née qui part du pont du Saillant et per­met d’al­ler au­des­sus du bar­rage.

4 Le vi­gnoble. Les co­teaux de la Vé­zère ont tou­jours été pro­pices à la cul­ture de la vigne, ra­va­gée par le phyl­loxé­ra à la fin du XIXe siècle. De­puis 2002, des pas­sion­nés ont re­lan­cé la vi­ti­cul­ture à tra­vers une cave co­opé­ra­tive re­grou­pant au­jourd’hui 14 vi­gne­rons, 21 hectares de vigne et une pro­duc­tion de 60.000 bou­teilles par an. Au­tour du Saillant, le sous­sol de schiste ar­doi­sier est pro­pice au cé­page che­nin, ty­pique du val de Loire, mais aus­si au ca­ber­ net franc, au char­don­nay, pi­not, mer­lot… Lan­cées en 2014, les gammes Ga­made et Pé­rières sym­bo­lisent les am­bi­tions de ce vi­gnoble cor­ré­zien.

5 La sta­tion sport na­ture. Une en­vie de se dé­gour­dir les jambes ? Ca­noë, kayak, raf­ting, ca­noe­raft, es­ca­lade, VTT, tir à l’arc, ran­don­nées, mo­to… La sta­tion Oxy­gène Sports Na­ture, si­tuée à deux pas du Saillant, sur la com­mu­ ne de Vou­te­zac, a de quoi ra­vir les plus spor­tifs. Un des grands clas­siques, c’est la des­cente de la Vé­zère en ca­noë entre Ga­ra­vet et le Saillant ou le Saillant et Saint­Viance.

6 La cha­pelle. De l’ex­té­rieur, le bâ­ti­ment en grés rouge mê­lé de schiste n’a rien de par­ti­cu­lier. Si­tuée au coeur du ha­meau, au pied d’un car­re­four, la cha­pelle du Saillant abrite un pe­tit tré­sor : des vi­traux du peintre Marc Cha­gall. Ils ont été réa­li­sés à Reims, à la fin des an­nées 1970. Ils sont les der­niers à avoir été ins­tal­lés du vi­vant de l’ar­tiste qui a ain­si ho­no­ré une com­mande de Guy de Las­te­rie du Saillant. Ces vi­traux illu­minent le choeur, la nef. La mul­ti­tude des tons, l’ap­pa­rente sim­pli­ci­té des mo­tifs dé­gage une im­pres­sion de sé­ré­ni­té.

PONT. L’ou­vrage du XVIe siècle en­jambe les eaux de la Vé­zère qui sortent de gorges pro­fondes pour ra­len­tir le rythme dans le bas­sin de Brive. PHOTO PASCAL PERROUIN

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