« Un seul être vous manque… »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Un seul être vous manque et tout est dé­peu­plé. Ain­si, l’été, se­lon les voyages et les va­cances, nous sommes ame­nés à nous sé­pa­rer de nos chers ai­més. L’un part là­bas, l’autre reste ici. C’est pas la joie, on se sent triste… Un fort sen­ti­ment de mé­lan­co­lie nous étreint. À n’im­porte quel âge. Re­gar­dez votre ado avec son amou­reuse, votre mère avec votre père, etc. On res­sent le vide.

Re­don­ner vie

C’est pré­ci­sé­ment le sens de cette citation ex­traite d’une élé­gie d’Al­phonse de La­mar­tine (1790­1869) dans le Lac. La sé­pa­ra­tion est plus rude en­core pour le poète : sa belle, ap­pe­lée El­vire dans sa créa­tion, mais Ju­lie Charles « en vrai » est dé­cé­dée quelques mois plus tôt. Il écrit pour la re­trou­ver, lui re­don­ner vie en quelque sorte. Mais ça ne marche pas. Il ne se re­met pas de sa mort. Leur his­toire d’amour avait com­men­cé au bord du lac du Bour­get. Ils étaient très amou­reux. Mais la phti­sie a rat­tra­pé sa bie­nai­mée.

Mé­lan­co­lie

Ar­rêt net. Elan in­ter­rom­pu. La­mar­tine plonge dans un état noir, mé­lan­co­lique, il n’a plus goût à la vie. Le poète ne sai­sit même plus le rythme des jours et des nuits… Il trouve pour­tant la force de ré­di­ger cet alexan­drin, lim­pide et tran­chant, par­faite re­pré­sen­ta­tion de son esprit. Et qui marque en­core au­jourd’hui !

À tel point qu’il se­ra souvent dé­tour­né, de Jean Gi­rau­doux à Philippe Ge­luck !

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