Après le ver­dict, une longue ba­taille en vue

Ré­ponse au­jourd’hui du CIO pour les ath­lètes russes

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS L'ACTU NATIONALE -

Com­bien de spor­tifs russes se­ront aux JO de Rio ? Sous quel drapeau ? Le Co­mi­té in­ter­na­tio­nal olym­pique (CIO) don­ne­ra son ver­dict au­jourd’hui mais beau­coup de ques­tions pour­raient res­ter sans ré­ponse, entre re­cours ju­di­ciaires et dé­lais dif­fi­ciles à te­nir, à 14 jours des Jeux.

Vers une ex­clu­sion de la Rus­sie ? Les 15 membres de la com­mis­sion exé­cu­tive du CIO, pré­si­dée par Tho­mas Bach, le pré­sident du mou­ve­ment olym­pique, ne peuvent pas ex­clure en tant que telle la Rus­sie mais seule­ment « sus­pendre » son Co­mi­té olym­pique (ROC). Cette « sus­pen­sion » n’a pas de por­tée au­to­ma­tique : c’est au CIO d’en dé­fi­nir « les ef­fets » (règle 59), pou­vant al­ler jus­qu’à l’in­ter­dic­tion to­tale de tous les ath­lètes concer­nés. Ce­la avait été le cas lors de la sus­pen­sion des co­mi­tés olym­piques af­ghan en 2000 ou sud­afri­cain entre 1964 et 1988.

En l’oc­cur­rence, le CIO n’ira pas jus­qu’à cette ex­tré­mi­té. Mais il pour­rait par exemple in­ter­dire le drapeau russe dans les ins­tal­la­tions olym­piques ou l’hymne russe pour les éven­tuelles vic­toires. Pour les Jeux de Rio, le CIO a dé­jà sus­pen­du un co­mi­té olym­pique na­tio­nal, ce­lui du Ko­weït, en oc­tobre 2015, pour « in­gé­rence gou­ver­ne­men­tale in­due ». Le KOC a fait appel de cette sus­pen­sion de­vant le Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (TAS) de Lau­sanne, qui de­vrait se pro­non­cer cette se­maine. Quoi qu’il en soit, le CIO a dé­jà pré­vu d’ac­cep­ter les ath­lètes ko­weï­tiens qua­li­fiés sous ban­nière olym­pique.

Des spor­tifs russes à Rio ? La sus­pen­sion du ROC ne si­gni­fie­rait pas au­to­ma­ti­que­ment l’ab­sence des spor­tifs russes à Rio. « L’éli­gi­bi­li­té des ath­lètes est du res­sort des Fé­dé­ra­ tions in­ter­na­tio­nales », pré­cise la charte olym­pique. Con­cer­nant l’ath­lé­tisme russe, dont la sus­pen­sion a été va­li­dée par le TAS jeu­di, l’IAAF a ain­si re­pê­ché Da­rya Kli­shi­na.

Le CIO pour­rait par contre dé­fi­nir les cri­tères per­met­tant aux dif­fé­rentes Fé­dé­ra­tions in­ter­na­tio­nales de trier entre spor­tifs russes « propres » ou « sales ». Il a com­men­cé à le faire mar­di dans un pre­mier com­mu­ni­qué, en di­sant que « l’ad­mis­sion de chaque ath­lète russe de­vra être dé­ci­dée par sa Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, sur la base de l’ana­lyse in­di­vi­duelle des contrôles an­ti­do­page. » Des condi­tions très proches de celles sui­ vies par l’IAAF pour ex­clure la qua­si­to­ta­li­té des ath­lètes russes.

Les Fé­dé­ra­tions in­ter­na­tio­nales sont­elles obli­gées de suivre ces cri­tères ? Non. Mais le der­nier mot reste au CIO. La règle 44 de la charte olym­pique lui donne le droit d’ac­cep­ter ou non chaque ins­crip­tion, « à sa dis­cré­tion ».

Et après le ver­dict du CIO ? S’il était sus­pen­du, le ROC pour­rait faire appel au TAS à Lau­sanne. Comme chaque spor­tif russe qui ne se­rait pas re­pê­ché par sa Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale.

Le TAS au­rait­il le temps de sta­tuer avant le dé­but des JO, le 5 août, ou avant le dé­but des com­pé­ti­tions des ath­lètes concer­nés (jus­qu’au 21 août) ? Il peut ef­fec­ti­ve­ment sta­tuer en ur­gence, un ver­dict étant alors pos­sible en quatre ou cinq jours.

Pour les éven­tuels ap­pels in­di­vi­duels des spor­tifs russes, les dé­lais pour­raient donc être courts.

Ce qui per­met­trait à un spor­tif russe de par­ti­ci­per à une épreuve à Rio, quitte à se faire en­suite re­ti­rer une éven­tuelle mé­daille « après les Jeux », si son appel était dé­fi­ni­ti­ve­ment re­je­té.

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