La guerre des Gaules re­vi­si­tée à Ger­go­vie

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - LA UNE - Gré­goire Nartz gre­goire.nartz@gmail.com

■ PUY-DE-DÔME. Tout le week­end, les Ar­ver­niales animent le pla­teau de Ger­go­vie, do­mi­nant l’ag­glo­mé­ra­tion cler­mon­toise. Une grande fête dé­diée aux Gaulois et aux Ro­mains.

■ AU­JOURD’HUI. Les fes­ti­vi­tés dé­butent à 10 heures, avec de nom­breuses ani­ma­tions. Temps fort de la jour­née : la grande ba­taille à par­tir de 17 h 30.

Les Ar­ver­niales animent Ger­go­vie au­jourd’hui en­core. Nous y avons ren­con­tré Di­dier, à la fois bé­né­vole et com­mis de cui­sine gau­loise.

Di­dier n’a ni toque ni ta­blier pour faire la cui­sine. À cô­té du gros chau­dron et des pots en terre cuite qui chauffent sur une grille en fer for­gé, ce­la fe­rait tache. Car Di­dier, de sa tu­nique gau­loise vê­tu, cui­sine à la mode an­tique.

Ce­lui qui, le reste de l’an­née, « fait des pneus » chez Mi­che­lin, fait par­tie de la cen­taine de bé­né­voles qui font vivre les Ar­ver­niales. L’évé­ne­ment se dé­roule ce week­end sur le pla­teau de Ger­go­vie, là où, en 52 avant notre ère, Ver­cin­gé­to­rix a dé­fait Jules Cé­sar. Les ba­tailles sont l’at­trac­tion prin­ci­pale des deux jours, mais der­rière chaque stand, les bé­né­voles s’ap­pliquent à être au plus près de la réa­li­té his­to­rique.

Viande de chien

« Nous nous do­cu­men­tons dans les livres, sur In­ter­net et dans les mu­sées. Cer­tains d’entre nous se sont même for­més à Bi­bract au­près d’Anne Flouest, une spé­cia­liste en cui­sine gau­loise », ra­conte Di­dier, in­ves­ti à fond dans son rôle et sa pas­sion : « Les Gaulois ai­maient se don­ner des noms ron­flants. Le mien, c’est “Pa­rio­vel­lau­nos”,”ce­lui qui do­mine le chau­dron” », se vante­t­il. « On ver­ra ça tout à l’heure ! », le raille sa col­lègue Ge­ne­viève, alors que l’heure du dé­jeu­ner ap­proche.

Au me­nu : des ca­rottes blanches, du ra­dis noir, de l’épeautre et du pois cas­sé ma­ri­nés et du jam­bon grillé. « On sait ce que man­geaient les Gaulois en ana­ly­sant les restes de leurs po­te­ries. Par contre, on ne connaît pas les re­cettes… », ex­plique l’au­to­pro­cla­mé maître de la mar­mite. On sait donc que la base de la nour­ri­ture gau­loise se com­po­sait de cé­réales et d’ani­maux d’éle­vage. Les an­tiques ha­bi­tants de ce qui n’était pas en­core la France ap­pré­ciaient, à l’oc­ca­sion, la viande de chien et de che­val.

Les modes de cuis­son sont aus­si connus. Outre le chau­dron et la poterie pour cuir à l’étouf­fée, les Gaulois uti­li­saient la sole, plaque chauf­fée en cé­ra­mique que les ar­chéo­logues ont re­trou­vée dans de nom­breux foyers celtes.

PHOTO RICHARD BRUNEL

GLAIVE. Le conflit de la Guerre des Gaules re­vit sous les yeux des spec­ta­teurs. Hors du champs de ba­taille, les cultures ro­maines et gau­loises se montrent sous des jours plus raf­fi­nés. En bas à gauche : Di­dier et Ge­ne­viève. A droite : Un mé­tier à tis­ser ins­pi­rés de dé­cou­vertes ar­chéo­lo­giques. PHOTOS RICHARD BRUNEL

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