Les adieux des Va­zeilles à Saint-Pierre

Le couple fro­ma­ger­af­fi­neur cler­mon­tois a pris sa re­traite

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - CLERMONT VIVRE SA VILLE -

La mai­son Va­zeilles, af­fi­neurs et ven­deurs de fro­mages de­puis 1950, a fer­mé hier soir ses portes au mar­ché Saint-Pierre, à Cler­mont. Fran­çois et Hé­lène Va­zeilles et Ma­rie-Christine, leur com­parse, prennent leur re­traite.

« À mar­di alors ! », lance, en ce sa­me­di ma­tin, un client. « Eh non, non… », lui ré­pond Hé­lène Va­zeilles, un peu dé­so­lée. « C’est in­ter­dit de prendre sa re­traite ! », n’en dé­mord pas l’ha­bi­tué, qui connais­sait dé­jà les pa­rents Va­zeilles, fon­da­teurs de la mai­son.

Une dame qui a connu les fro­ma­gers tout jeunes passe, les yeux pleins de larmes. « Ça me fait de la peine », lance­t­elle en en­la­çant Hé­lène.

Re­la­tion af­fec­tive

Le der­nier fro­ma­ger qui af­fi­nait ses saint­nec­taires en caves cler­mon­toises ne rou­vri­ra pas son échoppe de­main ma­tin. L’heure de la re­traite est ar­ri­vée. Alors, cer­tains clients ont ache­té quatre ou cinq de ces fro­mages uniques pour les conge­ler. Der­rière le comp­toir, le té­lé­phone n’ar­rête pas de son­ner. Pour pas­ser com­mande et pour lais­ser un pe­tit mot sym­pa­thique. « Ça va être juste pour fi­nir la jour­née, il y a dé­jà des pro­duits qui manquent », avouent les com­mer­çants à 10 heures du ma­tin.

« Je les connais­sais de­puis la nuit des temps. C’était une re­la­tion af­fec­tive avec le pro­duit et les per­sonnes. Ils pou­vaient nous ser­vir sans même que l’on ait à de­man­der ce que l’on vou­lait », té­moigne une autre cliente.

Ma­rie­Christine, l’aco­lyte du couple, part aus­si à la re­traite. « Le dé­part va être dur », évoque, les yeux dans le vague, celle qui est née ici et a gran­di avec Fran­çois. Le mar­ché lui­même a ren­du hom­mage aux Va­zeilles, puisque les com­mer­çants ont of­fert un oli­vier à leurs col­lègues.

Une amie d’Hé­lène passe em­bras­ser la pa­tronne. « Elle au­ra plus de temps pour faire du tennis ! », ri­gole­t­elle. Car dé­sor­mais, les fro­ma­gers vont chan­ger de vie. Sport, mu­sique et pe­tits­en­fants rem­pla­ce­ront vite les saint­nec­taires, qui res­te­ront in­ou­bliables pour beau­coup.

PHO­TO JEAN-LOUIS GORCE

FIN D’UNE ÉPOQUE. L’em­pla­ce­ment du fro­ma­ger à Saint-Pierre n’a pas en­core été re­pris. « Les can­di­dats vou­laient gar­der le nom Va­zeilles, mais ce n’est pas pos­sible. Mais même sans ça, le fonds de com­merce est bon », as­sure Ma­rie-Christine, com­parse des Va­zeilles.

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