Anne de Pas­quale, amou­reuse du Perche

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ré­mi Bon­net re­mi.bon­net@cen­tre­france.com

Elle a été ac­trice, chan­teuse… Elle est main­te­nant écri­vain, et c’est le rôle qui lui va le mieux. Anne de Pas­quale est une Amé­ri­caine qui a adop­té le Perche il y a 27 ans, et qui n’en par­ti­rait pour rien au monde.

Pour la trou­ver, il faut bien faire fonc­tion­ner le GPS. C’est au bout d’un che­min, per­du dans la cam­pagne per­che­ronne, que la ro­man­cière Anne de Pas­quale a élu do­mi­cile à la fin des an­nées 1980.

Sa mai­son, ac­quise avec son ma­ri, l’ac­teur Fré­dé­ric de Pas­quale, lui a don­né l’ins­pi­ra­tion pour se lan­cer dans une nou­velle aven­ture, celle de l’écri­ture.

Car dans une autre vie, elle était Amé­ri­caine et s’ap­pe­lait Anne Lonn­berg. Un nom que les fans ab­so­lus (il y en a !) de la sa­ga James Bond connaissent bien.

Elle a joué un pe­tit rôle dans Moon­ra­ker (1979), sorte de dé­calque de Star Wars, où Ro­ger Moore rou­coule dans l’es­pace, un Mar­ti­ni à la main (voir en­ca­dré).

Au­jourd’hui, elle a les pieds bien sur terre. Elle s’est même pro­fon­dé­ment en­ra­ci­née dans ce pe­tit coin de ver­dure, si loin de sa Ca­li­for­nie na­tale. Ce qui ne l’em­pêche pas de dou­ter par­fois de la place qu’elle oc­cupe dans ce vaste monde.

« C’est le pro­blème de tous les ex­pa­triés. On ne se sent plus de la na­tio­na­li­té d’ori­gine, et pas de celle d’adop­tion. C’est cu­rieux. Quand je rentre aux États­Unis, ce qui est rare, je me sens bi­zarre. Je ne pour­rais pas re­tour­ner en Ca­li­for­nie. À cause du cli­mat po­li­tique, et du cli­mat tout court. Il y fait bien trop chaud. Seule la mer me manque. Ma vie est ici », af­firme l’au­teur, sans une once de nos­tal­gie.

Anne de Pas­quale se sou­vient en­core de sa dé­cou­verte du Perche, un vrai coup de coeur. « Mon ma­ri m’a ame­née ici, on a vu cette mai­son, et quand on a ou­vert la porte, un rayon de so­leil s’est mis à illu­mi­ ner le four à pain. Tout était par­fait. »

Au­jourd’hui en­core, l’écri­vain reste pro­fon­dé­ment at­ta­chée au ter­ri­toire, au point de ne pas vrai­ment vou­loir en sor­tir, même l’été. Le Perche l’a même beau­coup ins­pi­rée pour écrire. « Quand on s’est ins­tal­lés ici, on n’avait pas un rond. Alors, on s’est mis à écrire. On a com­men­cé par des scé­na­rios pour des sé­ries té­lé­vi­sées de TF1. Ça a amor­cé mon en­vie d’écrire des ro­mans », com­plète la Per­che­ronne de coeur.

Et ça lui va très bien. Elle a en­chaî­né trois po­lars (des « sus­penses », cor­rige­t­elle), qui ont trou­vé leur pu­blic. Sa re­cette ? « At­tra­per le lec­teur dès la pre­mière page et le te­nir en ha­leine. »

« L’ins­pi­ra­tion vient par vagues »

Le pro­ces­sus d’écri­ture reste en­core un mystère. Elle s’en étonne tou­jours. « Il y a des mil­lions de choses qui res­sortent, et je ne sais pas comment. »

Pour son der­nier livre, Alex’s Ba­by (Ma­ra­bout), elle a vou­lu rendre hom­mage au Perche. « Je suis pro­fon­dé­ment re­con­nais­sante d’avoir été si bien ac­cueillie. L’idée m’est ve­nue de créer un per­son­nage qui vi­vrait un drame, dans la mai­son où je vis.

C’est une Amé­ri­caine, comme moi, mais plus jeune. Je vou­lais vrai­ment in­clure tout ce que j’aime – la na­ture, mes ani­maux, ma mai­son – dans une his­toire de sus­pense. Et c’était vrai­ment très dur. »

De­puis la sor­tie d’Alex’s Ba­by, fin 2015, elle re­con­naît être dans un lé­ger creux. « L’ins­pi­ra­tion vient par vagues. Comme une fièvre. Des fois, quand je me couche, j’ai hâte de me ré­veiller pour pou­voir écrire le len­de­main ma­tin. Des fois, je n’ai rien. »

Après une an­née à cher­cher une idée sans en trou­ver, l’au­teur a eu ré­cem­ment une vi­sion, celle d’une « pe­tite fille, pas très belle, avec des tâches de rous­seur et des grands pieds. Et son nom m’est ve­nu : Pris­cil­la. Je crois que ce se­ra un ro­man pour en­fants ».

Le dé­but d’une nou­velle aven­ture…

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