Les gestes qui sauvent…

La Croix­Rouge forme dé­sor­mais à la pause d’un gar­rot

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

La Croix-Rouge fran­çaise a lan­cé sa 15e Ca­ra­vane d’été où elle pro­digue des for­ma­tions aux pre­miers se­cours pour les va­can­ciers. Elle a in­tro­duit, cette an­née, en ré­ac­tion aux at­ten­tats, une ini­tia­tion aux « com­por­te­ments qui sauvent », no­tam­ment la pause d’un gar­rot.

«L’ob­jec­tif est de for­mer le grand pu­blic puisque ces si­tua­tions d’ur­gence, type at­ten­tat, se pro­duisent là où il y a beau­coup de monde. Ar­rê­ter une hé­mor­ra­gie doit se faire dans les pre­mières se­condes et la per­sonne la plus à même de l’ar­rê­ter est celle qui est là où ce­la se pro­duit », in­dique Mi­ckaël Sal­ga­do, pré­sident dé­par­te­men­tal de la Croix­Rouge en Gi­ronde.

Sa­voir quoi faire

L’ap­pren­tis­sage de la pose d’un gar­rot avait été sup­pri­mé voi­là une di­zaine d’an­nées des pro­grammes de for­ma­tion de la Croix­Rouge « car ce n’était pas des cas que l’on ren­con­trait », ex­plique­t­il, mais il a été ré­ac­ti­vé suite aux at­ten­tats de no­vembre 2015, à Pa­ris.

Lors de cette ca­ra­vane d’été en neuf étapes par­tout en France, qui n’est en fait pas iti­né­rante mais mise en place par les co­mi­tés dé­par­te­men­taux de la Croix­Rouge, les va­can­ciers peuvent être ini­tiés au mas­sage car­diaque as­so­cié à la dé­fi­bril­la­tion au­to­ma­ti­sée, aux bonnes ré­ac­tions en cas de ca­tas­trophe, ain­si qu’à la sta­bi­li­sa­tion des bles­sés pen­dant les mi­nutes qui pré­cèdent l’ar­ri­vée des ser­vices d’ur­gence. De­puis 1999, 47.000 per­sonnes y ont été for­mées.

Se­lon l’ex­pé­rience des for­ma­teurs, un va­can­cier dé­sire ra­re­ment consa­crer plus d’une heure à une telle ini­tia­tion, « l’ob­jec­tif est donc de don­ner le mi­ni­mum d’élé­ments en peu de temps », pour­suit Mi­ckaël Sal­ga­do, es­pé­rant éga­le­ment pro­vo­quer des en­vies de suivre la for­ma­tion com­plète des gestes de pre­miers se­cours qui s’étale sur une jour­née. Et pour­quoi pas sus­ci­ter des vo­ca­tions à de­ve­nir bé­né­vole au sein des équipes de se­cours.

Da­mien Mo­reau, res­pon­sable dé­par­te­men­tal de la for­ma­tion à la Croix­Rouge de Gi­ronde, ex­plique que l’on réa­lise un gar­rot im­pro­vi­sé « avec tout ce que l’on peut avoir sous la main » : un mor­ceau de tis­su ou un fou­lard as­sez large et non élas­tique pour le ban­dage et, pour réa­li­ser un tour­ni­quet, qui va ai­der à com­pri­mer le sang, les nerfs et les muscles, un mor­ceau de bois, une cuillère, ou même une mi­ni­pompe à vé­lo…

De­mandes en hausse

En­vi­ron 15 % de la po­pu­la­tion fran­çaise est for­mée aux pre­miers se­cours mais les at­ten­tats de no­vembre 2015 ont fait croître de 40 % les de­mandes de for­ma­tion au­près de la CroixRouge. « Quand la po­pu­la­tion a été vi­sée, il y a eu une prise de conscience qui a pous­sé les gens à se for­mer, à se dire “Si ça m’ar­rive à moi, il faut que je sache quoi faire” » es­time Mi­ckael Sal­ga­do.

Se­lon lui, « en une jour­née de for­ma­tion on peut ap­prendre beau­coup de gestes pri­mor­diaux. Et qu’est­ce qu’une jour­née quand dans sa vie on peut, peut­être, sau­ver la vie d’une per­sonne ? ».

PRE­MIERS SE­COURS. L’ap­pren­tis­sage de la pose d’un gar­rot de nou­veau en­sei­gné par la Croix-Rouge. PHO­TO AFP

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