« Chaud comme une ba­raque… »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

«Chaud comme une ba­raque à frites » est une ex­pres­sion qui nous vient tout droit du Nord­Pas­de­Ca­lais. Euh, par­don, des « Hauts­deF­rance ». La ba­raque à frites est une ins­ti­tu­tion dans le Nord (plus simple, non ?). C’est là qu’on vient ache­ter son cor­net, à la graisse de boeuf, qu’on as­per­ge­ra de vi­naigre. Miam ! Pas très dié­té­tique, ni très lé­ger, mais rien qu’à y pen­ser, je me pour­lèche dé­jà les babines. Une tra­di­tion par­ta­gée avec nos amis belges éga­le­ment.

Amou­reux…

Reste que cette ex­pres­sion a en­va­hi le dis­cours quo­ti­dien, au point même de dé­bor­der de ses fron­tières… Mais que veut dire pré­ci­sé­ment cette ex­pres­sion ? La pomme de terre tran­chée gros­siè­re­ment, avec sa peau (si­non, sa­cri­lège !), est plon­gée dans des bains de graisse bouillante. La tem­pé­ra­ture est éle­vée. D’où la com­pa­rai­son avec la cha­leur qui nous en­va­hit quand... on est amou­reux ! Cette ex­pres­sion toute ar­go­tique a même à voir avec une cer­taine ex­ci­ta­tion sexuelle.

… et co­quin

Qu’on se sou­vienne à ce su­jet des mots de Be­noît Poel­voorde et Jean­Paul Rouve dans le film Po­dium, de Yann Moix. Les deux com­plices usent et abusent de cette ex­pres­sion gri­voise, qui n’em­pêche pas de faire sou­rire. D’au­tant que cette ex­pres­sion n’a pas tou­jours eu cette conno­ta­tion co­quine.

Elle si­gni­fiait au­tre­fois être bouillon­nant, prêt à pas­ser à l’acte, im­pa­tient, comme un cou­reur sur une piste prêt à bon­dir et à réa­li­ser un ex­ploit. Dans tous les cas, on note l’idée d’en­goue­ment et d’en­vie d’en dé­coudre.

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