Émo­tion, piège à… sons…

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE -

Dans La ma­gie du dis­cours - Pré­cis de rhé­to­rique té­lé­vi­suelle, Jean­Marie Cot­te­ret dé­montre que les tech­niques de la rhé­to­rique clas­sique, théo­ri­sées par Aris­tote, ont gar­dé toute leur va­li­di­té dans le dis­cours que nous as­sènent les mé­dias. Qu’écri­vait­il ? Que la rhé­to­rique grecque, celle qui avait cours sur l’ago­ra d’Athènes, est tou­jours la base du dis­cours mé­dia­tique contem­po­rain – té­lé­vi­suel en par­ti­cu­lier –, mais a dû se plier à de nou­velles fi­gures im­po­sées. « Avec Aris­tote, écri­vait­il, le vo­ca­bu­laire est illi­mi­té, la fé­con­di­té de l’ex­pres­sion, in­fi­nie ; avec la té­lé­vi­sion, le vo­ca­bu­laire est res­treint. Avec Aris­tote, les fi­gures de style em­bel­lissent le dis­cours, ren­forcent les idées ; avec la té­lé­vi­sion, elles ne ren­forcent que les émo­tions. Avec Aris­tote, le conte­nu du dis­cours a plus d’im­por­tance que ce­lui qui parle ; avec la té­lé­vi­sion, ce­lui qui parle l’em­porte sur le conte­nu du dis­cours. » Ré­duire et sé­duire sont ain­si les deux mots clés de la rhé­to­rique mé­dia­tique. Plaire au plus grand nombre, voi­là l’im­pé­ra­tif. L’homme mé­dia­tique, som­mé de per­sua­der – par une rhé­to­rique de sé­duc­tion – plus que de convaincre (on ne lui en laisse pas le temps),

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