Le ma­ri mis en exa­men pour as­sas­si­nat

L’homme soup­çon­né d’avoir tué sa femme de 26 ans à coups de cou­teau, jeu­di soir, a été écroué

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - RÉGION ACTUALITÉ - Sté­phane Bar­noin ste­phane.bar­noin@cen­tre­france.com

Le quin­qua­gé­naire soup­çon­né d’avoir tué sa com­pagne avec un cou­teau de type « com­man­do », jeu­di, à Au­rillac, a été mis en exa­men hier après-mi­di. Et pla­cé dans la fou­lée en dé­ten­tion pro­vi­soire.

D’Au­rillac à Cler­mont­Fer­rand. À l’is­sue de sa garde à vue, Jean­Jacques L., 52 ans, a été trans­fé­ré hier ma­tin au pa­lais de jus­tice de la ca­pi­tale auvergnate. L’homme soup­çon­né d’avoir tué sa femme de 26 ans dans son ap­par­te­ment au­rilla­cois, jeu­di, vers 18 h 30, a en­suite été dé­fé­ré de­vant le par­quet puis pré­sen­té à une juge d’ins­truc­tion (*).

Une scène « atroce »

La ma­gis­trate a sans sur­prise sui­vi les ré­qui­si­tions du mi­nis­tère pu­blic : l’élec­tri­cien can­ta­lien, ja­mais condam­né jusque­là, a été mis en exa­men pour as­sas­si­nat. Il vient de pas­ser sa pre­mière nuit en dé­ten­tion pro­vi­soire, au centre pé­ni­ten­tiaire de Riom. L’en­quête se pour­suit dé­sor­mais dans le ca­ dre d’une in­for­ma­tion ju­di­ciaire.

Jeu­di, en fin d’après­mi­di, le quin­qua­gé­naire s’est pré­sen­té au do­mi­cile de Gu­lyth, son épouse, dans un im­meuble de la ci­té de Li­magne, mu­ni d’un cou­teau de sur­vie cran­té qu’il dé­te­nait chez lui (notre édi­tion pré­cé­dente). Le couple était sé­pa­ré de­puis le dé­but de l’été et en ins­tance de di­vorce. Une rup­ture que Jean­Jacques L. ne sup­por­tait vi­si­ble­ment pas. Pas plus que l’idée que sa femme ait d’autres re­la­tions amou­reuses.

Les deux pro­ta­go­nistes se sont aus­si­tôt en­fer­més dans une pièce pour dis­cu­ter à l’abri du re­gard de leur jeune fils, lui aus­si pré­sent dans le lo­ge­ment. Mais la conver­sa­tion hou­leuse s’est conclue dans un bain de sang : l’époux ja­loux, qui n’avait consom­mé ni al­co­ ol ni stu­pé­fiants, au­rait poi­gnar­dé sa com­pagne à une di­zaine de re­prises au moins.

« La scène a été par­ti­cu­liè­re­ment vio­lente et atroce, af­firme Laure Le­hu­geur, pro­cu­reur ad­joint à Cler­mont­Fer­rand. La vic­time a re­çu de nom­breux coups de cou­teau as­sé­nés avec un achar­ne­ment cer­tain. Elle a été lit­té­ra­le­ment égor­gée et éven­trée. »

« Il a com­plè­te­ment dis­jonc­té »

Hier, comme lors de sa garde à vue, Jean­Jacques L. a re­con­nu l’in­té­gra­li­té des faits qui lui sont re­pro­chés. « Il s’est trou­vé face à une si­tua­tion in­ex­tri­cable qu’il n’a pas su gé­rer et a com­plè­te­ment dis­jonc­té, avance Me Peg­gy­Anne Ju­lien, qui l’as­sis­tait hier. Son acte ne cor­res­pond ab­so­lu­ment pas à sa per­son­na­li­té. C’est un homme in­sé­ré, d’or­di­naire calme et res­pec­tueux. Nous sommes mal­heu­reu­se­ment face au drame pas­sion­nel par ex­cel­lence ».

Le gar­çon­net du couple, qui n’au­rait pas di­rec­te­ment as­sis­té à la ter­rible scène, « a été confié pro­vi­soi­re­ment à un tiers digne de confiance », se­lon le par­quet de Cler­montFer­rand. Pour ce bam­bin d’à peine 3 ans, le plus dur com­mence.

(*) Les dos­siers cri­mi­nels du Can­tal et de la Haute­Loire sont trai­tés par le pôle de l’ins­truc­tion cler­mon­tois.

AU­RILLAC. Les faits sont sur­ve­nus au deuxième étage de cet im­meuble de la ci­té de Li­magne. Le sus­pect, ja­mais condam­né jusque-là, en­court la ré­clu­sion cri­mi­nelle à per­pé­tui­té. PHO­TO ANN-CA­THE­RINE MODOLO

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