Les don­nées du por­table se­ront ex­ploi­tées

Après une per­qui­si­tion chez un Bour­bon­nais dé­but août

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - RÉGION ACTUALITÉ - Sté­pha­nie Mé­na avec Agence Lo­cale de Presse

Le Con­seil d’État a tran­ché. Les don­nées conte­nues dans le té­lé­phone sai­si chez un Bour­bon­nais lors d’une per­qui­si­tion dé­but août vont pou­voir être ex­ploi­tées.

Lors d’une per­qui­si­tion ad­mi­nis­tra­tive me­née le 4 août, sur ordre du pré­fet, chez un ha­bi­tant de l’Al­lier, les gen­darmes avaient mis la main sur le té­lé­phone por­table de l’oc­cu­pant des lieux. Un ap­pa­reil qu’Alexis J., âgé d’une tren­taine d’an­nées et vi­vant près de Vi­chy, re­con­nais­sait uti­li­ser pour pos­ter, par­ta­ger et com­men­ter des images et des vi­déos re­la­tives aux évé­ne­ments en cours en Sy­rie.

Le pré­fet, sta­tuant dans le cadre de l’état d’ur­gence, avait donc de­man­dé au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Cler­mont­Fer­rand d’au­to­ri­ser l’ex­ploi­ta­tion des don­nées conte­nues dans le té­lé­phone du Bour­bon­nais. En vain : le juge cler­mon­tois a re­je­té la de­mande du re­pré­sen­tant de l’Etat pour des pro­blèmes de forme.

Le mi­nistre de l’In­té­rieur a fait ap­pel de cette dé­ci­sion ven­dre­di soir de­vant le juge des ré­fé­rés du Con­seil d’État. Ce der­nier, jus­ ti­fiant la per­qui­si­tion « par la me­nace que consti­tue l’in­té­res­sé pour la sé­cu­ri­té et l’ordre pu­blics », ex­plique que le pro­cès­ver­bal de l’opé­ra­tion « men­tionne bien la sai­sie, en pré­sence de l’of­fi­cier de po­lice ju­di­ciaire, du té­lé­phone de l’in­té­res­sé ».

Pré­ci­sant que le pro­cu­reur a été im­mé­dia­te­ment in­for­mé de ces faits, le juge des ré­fé­rés du Con­seil d’État consi­dère que « la sai­sie de l’ap­pa­reil dont il est de­man­dé d’au­to­ri­ser l’ex­ploi­ta­tion des don­nées est ré­gu­lière ».

Du­rant l’au­dience de ven­dre­di soir, le ma­gis­trat pa­ri­sien a in­di­qué qu’un pro­cès­ver­bal éta­bli après la per­qui­si­tion men­tion­nait que « l’in­té­res­sé avait dit aux en­quê­teurs qu’il ef­fec­tuait, au moyen de son té­lé­phone por­table et de sa connexion wifi, des par­tages de vi­déos et d’images en lien avec le conflit sy­rien et Daech ».

Con­si­dé­rant que « les élé­ments pro­duits par le mi­nistre ap­pa­raissent suf­fi­sants pour éta­blir que ce té­lé­phone est sus­cep­tible de conte­nir des don­nées re­la­tives à une po­ten­tielle me­nace pour la sé­cu­ri­té », le Con­seil d’État a donc an­nu­lé l’or­don­nance du juge cler­mon­tois.

« Ce n’est pas une vic­toire, a ré­agi la pré­fec­ture de l’Al­lier. La lutte contre la ra­di­ca­li­sa­tion est un tra­vail de longue ha­leine. Il faut veiller à la sé­cu­ri­té de tous au­tant qu’à la pré­somp­tion d’in­no­cence ».

C’est la com­pa­gnie de gen­dar­me­rie de Vi­chy qui a su­per­vi­sé la per­qui­si­tion et qui est en charge du dos­sier. Alexis J. avait été pla­cé en garde à vue suite à la per­qui­si­tion, mais pour des faits très dif­fé­rents. Des plants de can­na­bis au­raient en ef­fet été trou­vés chez lui.

AL­LIER. C’est la com­pa­gnie de gen­dar­me­rie de Vi­chy qui a su­per­vi­sé la per­qui­si­tion ayant abou­ti à la sai­sie du té­lé­phone por­table. PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION JÉ­RÉ­MIE FULLERINGER

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