Cinq rai­sons de flâ­ner à Apre­mont

Apre­mont­sur­Al­lier est une in­vi­ta­tion à la quié­tude. Au­réo­lé de son la­bel « Plus beaux vil­lages de France », cet an­cien vil­lage de car­riers pos­sède un ma­gni­fique parc flo­ral, un « Jar­din re­mar­quable » à vi­si­ter pieds nus.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Es­telle Bar­de­lot es­telle.bar­de­lot@cen­tre­france.com

Voi­ci une pa­ren­thèse en­chan­tée. Faire une pause à Apre­mont­sur­Al­lier, c’est le dépaysement as­su­ré. Bâ­ti sur les bords de l’Al­lier qui ser­pente entre les bancs de sable, le vil­lage clas­sé « l’un des plus beaux vil­lages de France » mé­rite bien son la­bel. Pour au moins cinq rai­sons.

1Un vil­lage plein d’his­toire. An­cien vil­lage de car­riers, Apre­mont garde les traces ar­chi­tec­tu­rales de cette pé­riode faste. Dé­am­bu­ler dans sa rue prin­ci­pale per­met de re­dé­cou­vrir les mai­sons construites avec la pierre cal­caire des car­rières et celles à co­lom­bages, avec leur es­ca­lier ex­té­rieur, leur tou­relle car­rée, leurs pe­tites tuiles et leurs vo­lets rouges ou bor­deaux.

Un re­tour au temps du Moyen Âge, une mise en va­leur mé­dié­vale vou­lue entre les deux guerres par Eu­gène II Sch­nei­der, fon­da­teur de la dy­nas­tie des maîtres de forges du Creu­sot, avec l’aide de l’ar­chi­tecte An­toine de Ga­léa.

2Le pa­no­ra­ma vu du châ­teau. Ma­jes­tueux, il veille sur le vil­lage en contre­bas. De l’an­cienne for­te­resse­pri­son des ducs de Bour­gogne, il ne reste que cinq tours. Re­cons­truit de­puis, le châ­teau, qui ap­par­tient à la fa­mille de Bris­sac, n’est pas ou­vert au pu­blic. Mais les vi­si­teurs du parc flo­ral peuvent em­prun­ter la pro­me­nade sur le rem­part. La vue sur le vil­lage et sur le tra­cé de l’Al­lier est à cou­per le souffle.

3La fraî­cheur des la­voirs. Quand il fait chaud, les la­voirs donnent en­vie de faire une pause, il suf­fit donc de s’y ar­rê­ter. Apre­mont en pos­sède plu­sieurs dont le la­voir com­mu­nal si­tué en plein coeur du vil­lage et ac­tuel­le­ment en cours de res­tau­ra­tion.

4La quié­tude des bords d’Al­lier. S’as­seoir sur un banc. Re­gar­der des ca­noës pas­ser, un chien se je­ter dans l’eau à par­tir d’un banc de sable et boire un verre à la Carpe frite… « C’est quand le bon­heur ? », se de­man­dait Ca­li dans la chan­son du même nom. À Apre­mont, au bord de la ri­vière, se­rait­on ten­té de lui ré­pondre.

5Les par­fums du parc flo­ral. Vi­si­ter Apre­mont sans fou­ler les pe­louses du parc flo­ral est in­ima­gi­nable. Créé à par­tir de 1970 et ou­vert de­puis 1977, le parc la­bel­li­sé « Jar­din re­mar­quable » s’étend sur cinq hec­tares sur les­quels flottent des odeurs de roses, de gly­cines…

Ces par­fums guident la pro­me­nade qui peut se faire pieds nus. C’est même le sou­hait de Louise Hurs­tel, la res­pon­sable du parc : « Il n’y a pas de vi­site gui­dée, ex­plique­telle. Je veux que les gens s’ap­pro­prient le lieu, qu’ils le par­courent pieds nus, que les en­fants puissent se rou­ler dans l’herbe », sou­rit­elle en re­gar­dant sa fille mon­ter dans un arbre.

Tout le jar­din est ac­ces­sible, on peut y faire une pause sur un banc, re­par­tir, che­mi­ner sur le pont­pa­gode chi­nois, lon­ger la pièce d’eau, la tra­ver­ser pour ad­mi­rer le pa­villon turc au sol en mo­saïque verte, re­ga­gner la rive, pro­fi­ter de l’ombre des hauts arbres puis de la fraî­cheur de la cas­cade avant de se lais­ser hap­per par la beau­té du bel­vé­dère et des pein­tures re­pré­sen­tant Ve­nise, le Taj Ma­hal

ou Apre­mont, sur le thème d’un voyage des Pul­ci­nel­li – les po­li­chi­nelles de la Co­mé­die ita­lienne – au­tour du monde.

Le dépaysement se pour­suit en pas­sant sous l’al­lée des gly­cines et à tra­vers le jar­din d’été où les aga­panthes voi­sinent avec les hor­ten­sias, les hi­bis­cus… La ba­lade peut du­rer des heures, les portes ne ferment pas après la fer­me­ture of­fi­cielle du parc. Au parc flo­ral, comme à Apre­mont, le temps s’étire tran­quille­ment, il faut juste sa­voir en pro­fi­ter…

Sa­voir prendre son temps et res­pi­rer l’odeur des roses

AR­CHI­TEC­TURE. Le pa­villon turc a né­ces­si­té dix ans de tra­vaux et une vi­dange com­plète de l’étang. PHO­TO S. PARA

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