Trois pe­lés et un ton­du

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Vous avez vu, sur la piste de danse, hier soir, y’avait pas grand monde. « Trois pe­lés et un ton­du ». Quand il n’y a per­sonne ou presque dans une as­sem­blée, au cours d’un ras­sem­ble­ment, on dé­signe les per­sonnes pré­sentes de la sorte. Pas très gra­ti­fiant pour les­dites per­sonnes ! Voi­ci le sens de cette ex­pres­sion pour le moins bi­zarre.

Le mot « pe­lé » était un sy­no­nyme de pauvre ou d’avare. Un pe­lé n’a plus rien. Il est fait ici ré­fé­rence à la pe­lade, une ma­la­die qui en­traîne chute des che­veux, des poils et de la peau. Au fi­nal, il ne reste pas grand­chose aux ma­lades ! Quant au ton­du, idem. Le mot fai­sait ré­fé­rence aux consé­quences de la ma­la­die, avec la teigne.

Ra­be­lais, dé­jà

Des cham­pi­gnons s’ins­tal­laient sur le cuir che­ve­lu. Le meilleur re­mède était alors de raser di­rec­te­ment la tête et d’être « ton­du », d’où l’usage du mot dans cette ex­pres­sion. On pré­cise sou­vent que Ra­be­lais, au XVIe siècle, uti­li­sait dé­jà cette der­nière, en par­lant, lui, de « trois tei­gneux et un pe­lé ».

Les méandres de la langue ont in­ver­sé les termes, mais le sens est bien res­té, tou­jours vif et riche et sur­tout très ima­gé !

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