Florent Ma­nau­dou, l’heure du choix

Le na­geur en­vi­sage de quit­ter les bas­sins, pro­vi­soi­re­ment ou dé­fi­ni­ti­ve­ment

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - JEUX OLYMPIQUES - RIO 2016 -

Une nou­velle car­rière spor­tive dans le hand­ball

« Re­ve­nir ou ne pas re­ve­nir ? Je ne sais pas » : Florent Ma­nau­dou, plon­gé dans le désar­roi après sa dé­faite sur 50 m nage libre aux JO de Rio, s’oriente vers une sor­tie des bas­sins, tem­po­raire ou dé­fi­ni­tive.

Hé­ros des Bleus de­puis 2 ans sur qui pèse constam­ment la pres­sion de la réus­site, Florent Ma­nau­dou a ga­gné tous les titres pos­sibles sur son épreuve de pré­di­lec­tion de­puis le sacre sur­prise aux JO 2012.

A Rio, il s’est pré­sen­té en tant que fa­vo­ri avec le dé­fi in­édit de de­ve­nir le pre­mier Fran­çais de l’His­toire de la na­ta­tion à conser­ver son titre olym­pique. Mais en avait­il vrai­ment en­vie au fond de lui ?

Pour un pe­tit cen­tième, il a échoué, bat­tu par l’Amé­ri­cain An­tho­ny Er­vin, 35 ans, vain­queur seize ans après son triomphe sur la même dis­tance aux JO de Syd­ney.

« Il s’était fixé un ob­jec­tif pro­fond de ga­gner toutes les courses sur 50 m. Une fois ce­la ac­com­pli, le plus dif­fi­cile a été de se pro­je­ter sur la dé­fense d’un titre olym­pique qui ne fai­sait pas par­tie de ses mo­teurs », tente d’ex­pli­quer son en­traî­neur Ro­main Bar­nier.

« C’est peut­être là que le 100e est per­du. Je comp­tais sur des Jeux Olym­piques ap­pro­chant (pour en­tre­te­nir l’en­vie). Ça l’a fait mais peut­être un peu tard », ajoute Bar­nier. Le grand cham­pion était abat­tu et en larmes après sa dé­faite, lui qui n’aime pas perdre. A 25 ans, il dit dé­sor­mais avoir en­vie de prendre du plai­sir dans sa vie. Et il n’était de toute fa­çon pas ques­tion pour lui de du­rer jus­qu’en 2020. Seule une an­née sup­plé­men­taire jus­qu’aux Mon­diaux 2017 à Bu­da­pest était dans la ba­lance.

Bon vi­vant, le pe­tit frère de Laure Ma­nau­dou, ar­ri­vé sur le tard à un haut ni­veau de per­for­mance (2012) est un pas­sion­né de sport, dont il a une culture im­pres­sion­nante.

Son père Jean­Luc Ma­nau­dou, a joué long­temps au hand­ball. Florent a en­vi­sa­gé de plaquer la na­ta­tion pour glis­ser dans ce sport co : « Florent a tou­jours ai­mé le col­lec­tif, il a tou­jours hé­si­té entre na­ta­tion et hand, il a failli ar­rê­ter la na­ta­tion pour faire du hand. C’était très peu de temps avant 2012 », a ra­con­té Jean­Luc Ma­nau­dou. Une idée qu’il a évo­quée après la dés­illu­sion de ven­dre­di.

« J’ai en­vie de faire des sports qui me tiennent à coeur et on ver­ra où ça mène. Si j’ar­rête ce se­ra sû­re­ment pour faire autre chose, un autre sport, une autre ac­ti­vi­té. Si je conti­nue c’est que j’au­rai en­core be­soin de trou­ver des ré­ponses à mes ques­tions », a­t­il sou­li­gné. Ma­nau­dou est aus­si un adepte du surf.

De son cô­té, Bar­nier a as­su­ré, que quelque soit le choix du triple mé­daillé olym­pique, il se­rait der­rière lui. « On n’a pas par­lé de l’après­Jeux. Je n’ai ni bon es­poir qu’il conti­nue ni crainte qu’il s’ar­rête. J’ai en­vie qu’il fasse ses choix ».

Florent Ma­nau­dou a aus­si un bu­si­ness flo­ris­sant. Entre ses contrats pu­bli­ci­taires, la so­cié­té qu’il a mon­tée et le res­tau­rant qu’il vient d’ou­vrir, son ave­nir est as­su­ré. Peu im­porte la cou­leur de la mé­daille dé­cro­chée à Rio.

RA­TÉ. Ma­nau­dou vou­lait dé­fendre son titre olym­pique sur 50 m, il n’a dé­cro­ché que la mé­daille d’ar­gent.

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