Jean Qui­quam­poix, pis­to­let d’ar­gent et nerfs d’acier

Le Fran­çais a dé­cro­ché la mé­daille d’ar­gent hier après­mi­di

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - JEUX OLYMPIQUES - RIO 2016 -

En dé­rou­lant as­sez tran­quille­ment le fil d’un scé­na­rio pour­tant ren­ver­sant, le Fran­çais Jean Qui­quam­poix, âgé de 20 ans seule­ment mais d’une ma­tu­ri­té dé­con­cer­tante, a ra­flé l’ar­gent de l’épreuve olym­pique de pis­to­let vi­tesse hier à Rio.

Les plus se­coués par cette pre­mière mé­daille fran­çaise dans l’his­toire de la dis­ci­pline étaient peut­être Hervé Car­ra­tu et Laurent Sas­so, les deux en­traî­neurs du jeune pro­dige. Le pal­pi­tant à 200, ils ont ob­ser­vé Qui­quam­poix ra­ter to­ta­le­ment son en­trée dans la fi­nale pour re­ve­nir en­suite avec un aplomb épous­tou­flant sur ses concur­rents.

« C’était fort, hein », souffle Sas­so. « Gran­diose ! Il a sor­ti les bonnes sé­ries quand il le fal­lait ». Qui­quam­poix, lui, n’y voit que de la lo­gique. Tout juste se­ rait­il dé­çu de ne pas avoir réus­si à ava­ler dans sa re­mon­tée l’Al­le­mand Ch­ris­tian Reitz, qui se pare d’or à 29 ans.

« Je suis très content, consen­til tout de même. Après ce n’est pas une énorme sur­prise parce que j’avais fait beau­coup d’ef­forts pour ça. »

Cette pre­mière ré­com­pense olym­pique, qui en ap­pelle for­cé­ment d’autres, est l’abou­tisse­ ment in­ter­mé­diaire d’un par­cours dé­rou­lé en ac­cé­lé­ré, sous le signe du « sé­rieux, du pro­fes­sion­na­lisme et de la ma­tu­ri­té », dixit Car­ra­tu.

« Il a de l’am­bi­tion et se donne les moyens de la mettre en place », ré­sume le Di­rec­teur tech­nique na­tio­nal Gilles Mul­ler. « Il a une au­ra na­tu­relle qui se dé­gage, du cha­risme. Quand il est sur un pas de tir, il en im­pose. »

Vain­queur d’une étape puis de la fi­nale de la Coupe du monde l’an der­nier alors qu’il n’était que ju­nior, il s’est dès lors af­fir­mé comme un pré­ten­dant au po­dium olym­pique, en im­pres­sion­nant tout le monde par son sang­froid.

Contrai­re­ment à une par­tie du cir­cuit, Qui­quam­poix ap­porte un soin par­ti­cu­lier à sa condi­tion phy­sique, comme en té­ moigne sa sil­houette ath­lé­tique (1,89 m, 85 kg). Ce­la lui per­met no­tam­ment de contrô­ler la ten­sion en fi­nale, un pa­ra­mètre qui a été dé­ter­mi­nant après avoir man­qué sa pre­mière sé­rie (2/5).

C’est sur­tout son ins­tinct de tueur en fi­nale qui s’est ré­veillé, lui qui af­fec­tionne tout par­ti­cu­liè­re­ment l’exer­cice. « La fi­nale, ça me parle, c’est lu­dique », dé­crypte­t­il.

« En fi­nale, c’est un autre homme », abonde son en­traî­neur Laurent Sas­so. À l’en­traî­ne­ment, on si­mule beau­coup de fi­nales. On se lance des pa­ris, pour es­sayer de mettre la pres­sion : ce­lui qui va ba­layer le stand, ce­lui qui va payer l’apé­ro, ce­lui qui n’au­ra pas de des­sert ».

Hier, Qui­quam­poix n’était pas à l’en­traî­ne­ment. Et il l’a mon­tré.

MÉ­RITE. Pour Qui­quam­poix, cette mé­daille d’ar­gent n’est pas une sur­prise.

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