« S’ai­mer plu­tôt que s’en­tre­tuer »

Le vil­lage Co­pain du monde de La Bour­boule ras­semble 36 en­fants pen­dant dix jours

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - PUY-DE-DÔME ACTUALITÉ - Léa Bro­que­rie lo­cale@cen­tre­france.com

Le Se­cours po­pu­laire per­met chaque an­née à des en­fants de par­tir en va­cances, no­tam­ment avec les villages Co­pain du monde. Julien Lau­prêtre, pré­sident na­tio­nal de l’as­so­cia­tion s’est dé­pla­cé, hier, dans l’un d’eux à La Bour­boule.

l y a quatre ans que le Se­cours po­pu­laire a créé les villages Co­pain du monde. Au nombre de douze en France, ces « co­lo­nies » per­mettent aux en­fants d’ici et d’ailleurs, n’ayant pas les moyens, de par­tir en va­cances. « C’est im­por­tant les va­cances, ce­la crée des sou­ve­nirs, fait dé­cou­vrir de nou­velles choses », ex­plique Ni­cole Rou­vet, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion au ni­veau dé­par­te­men­tal.

Au to­tal, ils sont 36 en­fants de 14 na­tio­na­li­tés à pou­voir pro­fi­ter d’ac­ti­vi­tés à La Bour­boule de­puis une se­maine et sur­tout se ren­con­trer, se com­prendre, échan­ger. Hier, les en­fants fré­tillaient d’im­pa­tience de pré­sen­ter le spec­tacle du soir, qu’ils pré­parent de­puis quatre jours. Pour l’oc­ca­sion, Julien Lau­prêtre, pré­sident na­tio­nal du Se­cours po­pu­laire s’est dé­pla­cé au coeur du Puy­de­Dôme.

Pour­quoi vous être dé­pla­cé à La Bour­boule ? Je fais le tour des villages Co­pain du monde. C’est fon­da­men­tal pour moi de m’y rendre pour ren­con­trer les en­fants. C’est lorsque l’on re­garde dans leurs yeux que l’on com­prend l’im­por­tance de ces villages.

Que ce­la re­pré­sente pour les en­fants ? Si le ca­rac­tère hu­ma­ni­taire est cer­tain, il est aus­si so­cié­tal. Et l’ob­ jec­tif, c’est qu’ils ap­prennent à s’ai­mer plu­tôt que de s’en­tre­tuer, se re­trou­ver plu­tôt que de se fuir. Nous avons re­mar­qué que les en­fants qui par­ti­ci­paient aux villages conti­nuaient, chez eux, à ef­fec­tuer des actes de so­li­da­ri­té en­vers les autres : ils sont « for­més ». Des ga­mins du Bé­nin, ren­trés chez eux, ont col­lec­té de l’ar­gent pour ache­ter des pou­belles pour un hô­pi­tal... C’est beau, non ?

Fin août, des jour­nées des ou­bliés des va­cances sont or­ga­ni­sées dans toute la France. Pour­quoi ? En France, un en­fant sur trois ne part pas en va­cances (et un fran­çais sur deux). Même avec les co­lo­nies or­ga­ni­sées par le Se­cours po­pu­laire, nous ne pou­vons pas faire par­tir tout le monde... Alors, nous or­ga­ni­sons des jour­nées des ou­bliés des va­cances, dans toutes les ré­gions de France. En une jour­née, ils ont le temps de faire beau­coup de choses ! Par exemple, en Au­vergne, ils pro­fi­te­ront d’une jour­née au Pal. Moi, j’ac­com­pa­ gne­rai les fran­ci­liens à Ca­bourg... Et comme ce­la, à la ren­trée, lorsque leurs pro­fes­seurs les in­ter­ro­ge­ront sur leurs va­cances, ils ne ren­dront pas co­pie blanche. Nous avons d’ailleurs des re­tours : les en­sei­gnants af­firment que ceux qui pro­fitent d’une de ces jour­nées ef­fec­tuent une « meilleure » an­née sco­laire.

« Se re­trou­ver plu­tôt que de se fuir »

JULIEN LAU­PRÊTRE Pré­sident na­tio­nal du Se­cours po­pu­laire

AC­TI­VI­TÉS. Les en­fants, de 14 na­tio­na­li­tés dif­fé­rentes, se ren­contrent et ont l’oc­ca­sion de jouer en­semble pen­dant plus d’une se­maine. IMAGE D’ARCHIVES HER­VÉ CHELLÉ

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