Un vrai rôle gran­deur na­ture

Plus de deux mille bre­bis confiées à un couple de ber­gers

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - AGGLOMÉRATION CHAÎNE DES PUYS/VAL D'ARTIÈRE -

Le pas­to­ra­lisme est une ac­ti­vi­té fon­da­men­tale pour la Chaîne des Puys. L’ac­tion des trou­peaux d’ovins à l’es­tive a pour no­tables ef­fets d’amé­lio­rer la li­si­bi­li­té des formes vol­ca­niques, et de contri­buer ain­si à l’at­trait tou­ris­tique.

Le pas­sage des trou­peaux as­sure l’ou­ver­ture de vastes es­paces, car les bêtes no­ma­disent du­rant plus de cinq mois, sous la conduite d’un couple de ber­gers hau­te­ment qua­li­fiés : Mar­gue­rite Pas­trone­Pi­net et Pierre­Mi­chel Pi­net, âgés de 57 ans, éta­blis dans le Can­tal.

Ce­ci est ren­du pos­sible grâce au grou­pe­ment ovin de la Co­opé­ra­tive d’es­tives d’Orcines et au syn­di­cat mixte du Parc ré­gio­nal des vol­cans d’Au­vergne.

Con­fort spar­tiate

« Gar­dien­née », cette es­tive est in­con­tour­nable pour la fi­lière ovine du sec­teur (ap­port d’une au­to­no­mie four­ra­gère aux ex­ploi­ta­tions) ain­si que pour la pré­ser­va­tion des pay­sages. La co­opé­ra­tive d’es­tives et l’As­so­cia­tion des pro­prié­taires du puy de Dôme ont oeu­vré pour amé­lio­rer les condi­tions de vie des ber­gers de l’es­tive, en plein Parc des vol­cans, par la construc­tion d’une nou­velle ca­bane, vé­ri­table pe­tit cha­let, au mi­lieu de « nulle part ».

Avant, ils avaient une pe­tite rou­lotte pour gar­der les bêtes pen­dant cinq mois dans les mon­tagnes.

Au­jourd’hui, le couple de ber­gers, dis­pose d’une ca­bane de 39 m2 flam­bant neuve, abri­tant un poêle à bois, pan­neau so­laire, quelques meubles, et une ma­chine à la­ver. Soit le strict mi­ni­mum, mais c’est dé­jà un luxe quand on vit en mon­tagne. C’est en tout cas un bon point, car l’ac­ti­vi­té de gar­diens de trou­peaux est me­na­cée, alors que la pré­ser­va­tion de l’éco­sys­tème est en jeu.

Si­tué sur le flanc nord du puy de Dôme, à proxi­mi­té du « che­min des chèvres » et donc du GR 4, l’hé­ber­ge­ment des ber­gers de l’es­tive d’Orcines était dis­pa­rate, en mau­vais état et peu adap­té au site (condi­tions mé­téo­ro­lo­giques et pay­sages). C’était par­fois un frein à la ve­nue de nou­veaux ber­gers, de sur­croît, dans le cadre d’une es­tive dif­fi­cile à conduire, en rai­son de la forte fré­quen­ta­tion du sec­teur et de la né­ces­saire conci­lia­tion entre usages di­vers.

Un autre monde

Tout là­haut, à flanc de mon­tagne, entre le puy de Dôme et le Pa­riou, c’est un autre monde. Seuls au mi­lieu des grands es­paces, li­vrés à eux­mêmes par­mi les ge­nêts, Mar­gue­rite Pas­trone­Pi­net et Pierre­Mi­chel Pi­net veillent au bie­nêtre du trou­peau.

« Je suis de­ve­nue ber­gère il y a trente ans pour contem­pler ces splen­dides pay­sages de­puis mon lieu de tra­vail », pré­cise, ma­li­ cieu­se­ment, Mar­gue­rite, qui a tra­vaillé dans les Alpes, au­pa­ra­vant.

Gé­rer le pâ­tu­rage, ap­por­ter les soins vé­té­ri­naires, pro­té­ger le trou­peau d’un tou­risme par­fois « en­va­his­sant », si­gna­ler d’éven­tuels pro­blèmes, c’est le quo­ti­dien du couple.

En pé­ren­ni­sant l’es­tive sur des par­celles non dé­li­mi­tées, les éle­veurs d’Orcines per­pé­tuent une tra­di­tion qui re­monte à la Ré­vo­lu­tion… L’ac­ti­vi­té pas­to­rale existe sur la chaîne des puys de­puis des siècles. À Orcines, cette ac­ti­vi­té per­dure et se main­tient avec dy­na­misme et ce pour en­core long­temps.

La di­zaine d’éle­veurs est quelque peu ras­sé­ré­née de sa­voir que les 2.100 bre­bis confiées à Mar­gue­rite et Pierre­Mi­chel pour­ront paître en toute quié­tude sur les pentes du puy de Dôme, pré­ser­vant ain­si l’en­vi­ron­ne­ment.

Ap­pel au bon sens

Compte te­nu de la fré­quen­ta­tion de proxi­mi­té très im­por­tante dans ce sec­teur, quelques règles de bon sens sont, néan­moins, à ob­ser­ver par les ran­don­neurs et autres vé­té­tistes.

Il faut res­pec­ter le tra­vail des ber­gers : les trou­peaux doivent être contour­nés, afin d’évi­ter le dis­per­se­ment des ani­maux.

Hor­mis ceux des berges, tous les chiens doivent être te­nus en laisse.

BER­GERS. Mar­gue­rite Pas­trone-Pi­net et Pierre-Mi­chel Pi­net.

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