« L’es­pace est mince, mais… »

Cé­cile Du­flot est can­di­date à la pri­maire or­ga­ni­sée par Eu­rope Éco­lo­gie Les verts

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

L’an­cienne mi­nistre Cé­cile Du­flot, fa­vo­rite pour por­ter les cou­leurs d’Eu­rope Éco­lo­gie-Les Verts (EELV) à la présidentielle de 2017, a of­fi­cia­li­sé hier sa can­di­da­ture à la pri­maire or­ga­ni­sée par un par­ti très af­fai­bli. « Au tra­vers de la pri­maire de l’éco­lo­gie, j’ai dé­ci­dé de concou­rir à l’élec­tion présidentielle de 2017 », écrit la dé­pu­tée EELV dans une longue lettre de can­di­da­ture pu­bliée sur le site de Libération.

«L’es­pace est mince. Mais il existe », es­time Cé­cile Du­flot, qui avait re­gret­té le re­non­ce­ment de Ni­co­las Hu­lot et s’était pro­non­cée contre l’or­ga­ni­sa­tion de pri­maires éco­lo­gistes, rap­pe­lant que les pri­maires pré­cé­dentes avaient été « une ca­tas­trophe » pour EELV. « Cette can­di­da­ture éco­lo­giste n’est pas une aven­ture in­di­vi­duelle, mais nous en­gage col­lec­ti­ve­ment », sou­ligne­telle d’ailleurs dans sa lettre.

L’an­cienne se­cré­taire na­tio­nale d’EELV se dé­clare à quelques jours des Jour­nées d’été du par­ti, mais elle se pré­pa­rait de­puis des mois. Il y a un an, elle a dé­jà pu­blié un livre­pro­gramme, « Le Grand Vi­rage » et a lan­cé dé­but juillet le site « je­si­gne­pour­le­co­lo­gie », pour re­cueillir des sou­tiens, voire des par­rai­nages, pour « une can­di­da­ture éco­lo­giste en 2017 ». Elle re­joint dans la course à la pri­maire éco­lo­giste, pré­vue fin oc­tobre, les eu­ro­dé­pu­tés Mi­chèle Ri­va­si et Yan­nick Ja­dot.

« Je ne sais pas si c’est un no­né­vé­ne­ment, c’est en tout cas une in­for­ma­tion qui n’éton­ne­ra per­sonne », a ré­agi le dé­pu­té

Noël Ma­mère sur i­TÉ­LÉ. « Ce que je sou­hai­te­rais, c’est que le can­di­dat ou la can­di­date qui sor­ti­ra des urnes après la pri­maire ras­semble au­de­là de l’éco­lo­gie et soit ca­pable de dé­pas­ser le score que j’avais réa­li­sé en 2002, qui avait dé­pas­sé 5 % », a­t­il lan­cé.

Éco­lo­gie, fé­mi­nisme et jus­tice so­ciale

« La ba­taille à ve­nir s’an­nonce rude », pro­nos­tique ce­pen­dant la dé­pu­tée de Pa­ris. « Tout a été fait et se­ra fait pour nous écar­ter », as­sure celle qui avait quit­té le gou­ver­ne­ment avec fra­cas en 2014. Le par­ti éco­lo­giste part sur­tout très af­fai­bli, plom­bé par les dé­parts fra­cas­sants de nombre de ses cadres : Jean­Vincent Pla­cé, Em­ma­nuelle Cosse, Bar­ba­ra Pom­pi­li, au­jourd’hui au gou­ver­ne­ment, ou en­core Fran­çois de Ru­gy, lui­même en­ga­gé dans la pri­maire de la gauche.

Dans sa lettre de can­di­da­ture, Cé­cile Du­flot ex­pose ses en­ga­ge­ments en fa­veur de l’éco­lo­gie, mais aus­si du fé­mi­nisme et de la jus­tice so­ciale. Elle des­sine aus­si les grandes lignes de son pro­gramme, pro­po­sant « un trai­té en­vi­ron­ne­men­tal eu­ro­ péen », « un sep­ten­nat non re­nou­ve­lable » pour la pré­si­dence de la Ré­pu­blique ou en­core que « l’im­pé­ra­tif cli­ma­tique soit ren­du consti­tu­tion­nel ».

L’au­teure d’un livre dé­non­çant la pre­mière par­tie du quin­quen­nat de Fran­çois Hol­lande, « De l’In­té­rieur : voyage au pays de la dés­illu­sion », dit ne rien re­gret­ter de ses com­bats. « Je ne re­grette pas un mot, pas un en­ga­ge­ment, pas une mo­bi­li­sa­tion. La hargne de mes en­ne­mis, je la porte comme une dé­co­ra­tion. Je vais où me dicte ma conscience », écrit­elle.

Le porte­pa­role d’EELV Julien Bayou a sa­lué sa can­di­da­ture comme « une bonne nou­velle ». « On a main­te­nant trois bons can­di­dats et cha­cun à leur ma­nière, ils ont bous­cu­lé un pe­tit peu les lob­bies ou l’or­ga­ni­sa­tion un peu trop bien hui­lée de notre sys­tème. Et je pense qu’on a be­soin de ces trois can­di­dats pour al­ler bous­cu­ler le jeu », at­il dé­cla­ré sur i­TÉ­LÉ.

Après la dé­ci­sion de Ni­co­las Hu­lot de ne pas se pré­sen­ter en 2017, EELV avait dé­ci­dé le 9 juillet d’or­ga­ni­ser des pri­maires ou­vertes à des can­di­da­tures de la so­cié­té ci­vile. Les can­di­da­tures doivent être dé­po­sées d’ici fin août, par­rai­nées par 36 conseillers fé­dé­raux, les par­le­men­taires du par­ti, sur 240. Le vote se­ra ou­vert au­de­là des seuls adhé­rents d’EELV.

COMBATIVE. Du­flot sait que « la ba­taille à ve­nir s’an­nonce rude ». PHO­TO AFP

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