L’in­oxy­dable Thier­ry Omeyer, der­nier rem­part des Bleus

Mal­gré des sta­tis­tiques en baisse, les Bleus pour­ront comp­ter sur leur por­tier

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - JEUX OLYMPIQUES - RIO 2016 -

En prin­cipe, à l’ap­proche de la qua­ran­taine, les spor­tifs de haut­ni­veau sont de­ve­nus en­traî­neurs ou consul­tants pour la té­lé­vi­sion : Thier­ry Omeyer, lui, au­ra 40 ans en no­vembre, mais semble in­dé­bou­lon­nable des cages de l’équipe de France de hand.

Ven­dre­di, en de­mi­fi­nale des jeux Olym­piques, il a en­core éta­lé toute son in­fluence sur une équipe de France d’abord im­pé­riale, puis cha­hu­tée par des Al­le­mands fidèles à leur titre de cham­pions d’Eu­rope. Jus­qu’au buz­zer (vic­toire 29­28).

« Ti­ti était un peu dé­çu de son der­nier match. On le sen­tait vrai­ment concen­tré, ren­fer­mé sur lui­même », ex­plique Va­len­tin Porte en évo­quant le quart contre les Bré­si­liens.

Les mi­miques du gar­dien du PSG ont pla­né sur tous les ter­ rains du monde de­puis des an­nées. Car Omeyer a été de toutes les grandes aven­tures d’un groupe qui a le plus gros pal­ma­rès des sports col­lec­tifs fran­çais. De­puis 2001, soit 336 sé­lec­tions.

Dif­fi­cile, de fait, de ne pas voir que lui. Les bras écar­tés, poings ser­rés, yeux exor­bi­tés à chaque ar­rêt. Non seule­ment l’at­ta­quant ad­verse a ra­té une oc­ca­sion, mais il prend une dé­charge d’éner­gie né­ga­tive, à l’in­verse de ses par­te­naires.

Contre l’Al­le­magne, l’équipe de France a sem­blé au­des­sus du lot pen­dant 45 mi­nutes avant de pro­gres­si­ve­ment perdre le fil en at­taque, de bais­ser phy­si­que­ment et de voir re­ve­nir ses adversaires. Omeyer, mal­gré tout, a en­cais­sé 28 buts dont 11 de son fu­tur par­te­naire du PSG, l’ai­lier gauche Uwe Gen­shei­mer qui n’a bu­té qu’une fois sur lui. Dans le « mo­ney­time ».

« On n’a pas eu le Thier­ry Omeyer qu’on a connu par le pas­sé avec 45 ou 50 % d’ar­rêts », constate le double cham­pion olym­pique Jé­rôme Fer­nan­dez, qui avait rem­por­té son pre­mier titre de cham­pion du monde en 2001 avec Omeyer (et Da­niel Nar­cisse), mais n’a pas été re­te­nu par Claude Ones­ta pour ces JO.

« Mais c’est la marque des grands gar­diens de faire des ar­rêts au bon mo­ment », ajoute Fer­nan­dez qui le voit comme « le meilleur gar­dien de tous les temps ».

De fait, Vincent Gé­rard n’est pas ren­tré une mi­nute ven­dre­di. Lors du quart contre le Bré­sil, les deux hommes avaient te­nu les cages une mi­temps cha­cun et Gé­rard s’était mon­tré plus à son aise que son aî­né.

Quoi­qu’il ar­rive en fi­nale di­manche face au Da­ne­mark, les Bleus au­ront réus­si leurs Jeux et dé­fen­dront un sta­tut au Mon­dial 2017, à Pa­ris, en fé­vrier.

Dif­fi­cile d’ima­gi­ner qu’Omeyer ne se­ra pas de la par­tie, même s’il fau­dra bien qu’il ar­rête un jour. « On parle beau­coup de mon âge, alors for­cé­ment, j’y pense », ad­met­tait­il dans un en­tre­tien en avril.

« Mais même à 39 ans, je conti­nue de me sen­tir très bien phy­si­que­ment. Je ne suis pas trop bles­sé et j’ai une bonne hy­giène de vie. La mo­ti­va­tion et le plai­sir sont tou­jours là », ex­pli­quait­il.

« Alors pour­quoi je de­vrais m’ar­rê­ter tant que je me sens bien et que je suis tou­jours per­for­mant ? »

GAR­DIEN. Omeyer, moins per­for­mant mais tou­jours pré­sent.

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