Beau­mont en at­tend plus

Le Fran­çais vi­sait l’or mais ob­tient l’ar­gent

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - JEUX OLYMPIQUES - RIO 2016 -

Sa quête n’est pas fi­nie : Maxime Beau­mont a seule­ment dé­cro­ché la mé­daille d’ar­gent du kayak mo­no­place (K1) 200m des JO de Rio sa­me­di, et pas l’or qu’il convoite tant.

«Je suis un cher­cheur d’or, as­sure le kaya­kiste juste après le po­dium. Je n’ai pas en­core eu d’or à haut ni­veau, que ce soit eu­ro­péen, mon­dial ou olym­pique, donc mon Graal n’est pas en­core at­teint donc je conti­nue. »

Long­temps, le Bou­lon­nais a été à la lutte avec le Bri­tan­nique Liam Heath, cham­pion d’Eu­rope en titre. Mais, plus fort, l’An­glais s’est im­po­sé sans trem­bler. Sur la ligne d’ar­ri­vée, Beau­mont reste sans ré­ac­tion.

« Sur le mo­ment, je n’étais pas très content parce que je vou­lais ga­gner », ex­plique l’ath­lète de 34 ans. « Puis l’émo­tion est ar­ri­vée. On voit ses proches, on monte sur le po­dium, on voit les sup­por­ters fran­çais en liesse. C’est une émo­tion ma­gique. À la fin je fi­nis comme je peux. Je suis vrai­ment content de ma course. »

« Je me suis dit : “Merde, j’ai pas ga­gné !”, pour­sui­til. Mais au fond, je suis content, ça va­lide le tra­vail réa­li­sé. »

Avant d’al­ter­ner entre joie de mé­daillé et dé­pit de pre­mier per­dant : « Je suis dé­çu for­cé­ment. A l’ar­ri­vée, je suis dans le coup, l’or n’est pas une uto­pie, c’était pos­sible. »

Si Beau­mont n’a ré­col­té que l’ar­gent, il a en tout cas re­do­ré le bla­son du ca­noë­kayak en ligne fran­ çais. Il y a quatre ans aux Jeux de Londres, le lac ar­ti­fi­ciel de Dor­ney n’avait rien rap­por­té aux Bleus. Même Beau­mont y avait échoué à 3 cen­tièmes du po­dium sur le 200 m K1.

La la­gune Ro­dri­go de Frei­tas lui a donc mieux réus­si, même si elle a aus­si été le théâtre de quelques dé­cep­tions. Comme jeu­di, lorsque les pa­gayeurs fran­çais ont som­bré. Maxime Beau­mont et Sé­bas­tien Jouve en K2, troi­sièmes des Mon­diaux 2014 sur 200 m, n’avaient pu faire mieux qu’une 7e place, tan­dis que Tho­mas Si­mart avait fi­ni 8e de la fi­nale du 200 m en ca­noë mo­no­place (C1).

« On se ré­jouit de la mé­daille. C’était at­ten­du, mais en­core faut­il le réa­li­ser », ré­sume le di­rec­teur des équipes de France, Vincent Ol­la. « Les spor­tifs ont fait leurs courses, il faut aus­si re­con­naître la va­leur de nos adversaires. Et puis re­tour­ner tra­vailler. »

C’est en tout cas ce que va faire Beau­mont.

« A 34 ans, je vais prendre an­née par an­née », confie le père de fa­mille. « To­kyo (JO 2020, NDLR), c’est peut­être un pe­tit peu loin, mais je ne me ferme pas la porte du tout. Je suis sur une bonne lan­cée, je vais at­tendre que les pe­tits jeunes me poussent de­hors pour prendre ma re­traite. Ce qui est sûr, c’est que je ne me lais­se­rai pas faire. »

Il se dit même prêt à évo­luer vers le 500 ou le 1000 m pour ne pas pas­ser à cô­té de son rêve d’or. His­toire de se don­ner une der­nière chance de dé­ni­cher son Graal.

ABNÉGATION. « A l’ar­ri­vée, je suis dans le coup, l’or n’est pas une uto­pie, c’était pos­sible »

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