Thier­ry Lher­mitte joue au pro­fes­seur

Au centre équestre de Marsat, Thier­ry Lher­mitte a don­né, hier, un cours d’étho­lo­gie

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - LA UNE - PAGE 11

Le beau gosse de la troupe du Splen­did a po­sé ses va­lises à Marsat, hier, pour la troi­sième an­née consé­cu­tive. Tout sou­rire, le Po­peye des Bron­zés a vis­sé sa cas­quette de pé­da­gogue sur la tête pour ani­mer un stage d’étho­lo­gie au centre équestre. Le co­mé­dien a mur­mu­ré à l’oreille des che­vaux de­vant une as­sis­tance conquise…

Quand il ne ré­pond pas son in­imi­table « c’est ce­la, ouiii » aux ap­pels de SOS dé­tresse ami­tié, Thier­ry Lher­mitte se pas­sionne pour l’étho­lo­gie. C’est ce­la, oui… Avec hu­mour, l’artiste nous dé­taille son drôle de da­da.

Com­ment êtes-vous tom­bé dans l’étho­lo­gie ?

« Il y a 15 ans, j’en ai en­ten­du par­ler au ha­ras de la Cense, à Pa­ris. J’ai ap­pris les pre­mières no­tions dans ce ha­ras, avant de pas­ser mes exa­mens pour pour­voir en­sei­gner.

En quoi consiste l’étho­lo­gie ? Au dé­part, ce terme très scien­ti­fique dé­signe l’étu­ de des re­la­tions hu­maines. Mais, le mot a été « usur­pé » pour évo­quer l’édu­ca­tion, la com­mu­ni­ca­tion et de l’ob­ser­va­tion du com­por­te­ment des che­vaux.

Ce type de science s’ap­plique-t-il au com­por­te­ment hu­main ?

Dif­fi­ci­le­ment, car le rap­port avec le che­val est un peu dé­nué d’af­fec­tion. Et les re­la­tions hu­maines sont tou­jours mê­lées à l’af­fect. L’idée est d’ins­tau­rer un rap­port simple avec le che­val. Sans obli­ga­tion ni co­lère. C’est un exer­cice à la fois très dé­li­cat et très fa­cile. Les gens s’en servent par­fois comme thé­ra­pie. Cette tech­nique fonc­tionne avec d’autres ani­maux. J’ai une amie qui la pra­tique avec des vaches. C’est éga­le­ment réa­li­sable avec les chiens. Mais la grosse dif­fé­rence, c’est que les chiens aiment leur maître de fa­çon in­con­di­tion­nelle, pas les che­vaux.

Une pe­tite cure d’étho­lo­gie au­rait pu ai­der quelques-uns de vos per­son­nages, non ?

(Il rit aux éclats) Le contact des che­vaux rem­balle les grandes gueules et force les in­tro­ver­tis à s’ex­pri­mer. Ce­la au­rait pu ai­der le trop fier Po­peye des Bron­zés aus­si bien que le ti­mide Pierre Mor­tez du Père Noël est une or­dure !

Cer­tains pré­ju­gés sur les che­vaux vous étonnent-ils ?

Je suis tou­jours sur­pris que l’on puisse pen­ser que les che­vaux sont idiots. C’est sûr qu’un che­val n’est pas fait pour te­nir un com­merce ! Mais moi, je suis tou­jours si­dé­ré par l’in­tel­li­gence et l’at­ten­tion que peuvent avoir ces ani­maux. On ins­taure réel­le­ment un lan­gage com­mun. Pour ré­su­mer, on fonc­tionne par as­so­cia­tion d’idée. Ce que le ca­va­lier veut doit faire ré­fé­rence à quelque chose de confor­table pour le che­val. À l’in­verse, ce que le ca­va­lier ne veut pas doit être as­so­cié à un sen­ti­ment désa­gréable pour l’ani­mal.

Com­ment tra­duire votre at­ta­che­ment pro­fond aux che­vaux ?

Le rap­port éta­bli avec un che­val re­lève réel­le­ment de la com­mu­nion et de la com­pré­hen­sion. À titre d’exemple, quand le ca­va­lier pense à al­ler dans une di­rec­tion et que le che­val la prend ins­tinc­ti­ve­ment, c’est tou­jours un mo­ment émou­vant. On ar­rive, en un sens, à par­ta­ger et à com­mu­ni­quer avec une es­pèce dif­fé­rente. Je dis tou­jours que les che­vaux vivent comme si nous étions ma­ni­pu­lés par des écre­visses géantes qui parlent fin­lan­dais (Rires). Les che­vaux nous per­çoivent comme dif­fé­rents d’eux. Il faut ap­prendre à se connaître, à s’ap­pré­hen­der pour en­suite es­sayer de créer de la confiance. C’est un exer­cice long mais plai­sant quand il abou­tit.

Votre autre pas­sion, c’est l’Au­vergne… J’ai beau­coup d’amis dans la ré­gion, et une mai­son dans le Can­tal. C’est la 3e an­née consé­cu­tive que je viens à Marsat pour ani­mer un stage d’étho­lo­gie. Je m’y plais beau­coup, et je pense re­ve­nir l’an pro­chain d’ailleurs.

Avez-vous une votre bonne adresse pour un dî­ner

qui ne se­rait pas un dî­ner de cons ?

(Rires) Ce­la ne me lâ­che­ra ja­mais ! Plus sé­rieu­se­ment, le Cen­tral Hô­tel de Bort­Les­Orgues est une vraie bonne adresse. J’y vais souvent et c’est tou­jours un plai­sir. L’en­droit est su­per­agréable.

L’ou­ver­ture d’un ha­ras en Au­vergne est pré­vue pour quand ?

Ce n’est pas pré­vu dans mes pro­jets. Je pré­fère faire ce­la pour le plai­sir.

Votre ren­trée se fe­ra sur les planches ?

Je joue au théâtre dans la pièce d’Isa­belle Le Nou­vel, Le Syn­drome de l’Écos­sais, à par­tir de dé­but oc­tobre, à Pa­ris d’abord, puis en tour­née à par­tir du mois de jan­vier.

Par­mi vos connais­sances, la­quelle en­ver­riez-vous faire un pe­tit stage l’étho­lo­gie ?

C’est dif­fi­cile à dire… Mi­chel Blanc peut­être ! Ce­la amé­lio­re­rait sa re­la­tion avec les che­vaux, il com­pren­dra pour­quoi ! (Rires)

« J’en­ver­rais bien Mi­chel Blanc faire un stage d’étho­lo­gie ! » « Je suis si­dé­ré par l’in­tel­li­gence des che­vaux »

THÉ­RA­PIE. « Le contact des che­vaux rem­balle les grandes gueules et force les in­tro­ver­tis à s’ex­pri­mer », a plai­san­té Thier­ry Lher­mitte, glis­sé dans l’ha­bit du pro­fes­seur. CRÉ­DIT PHO­TO DO­MI­NIQUE HOGARD

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