Les cou­teaux s’ai­guisent chez les éco­lo­gistes

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

La ba­taille pour l’in­ves­ti­ture éco­lo­giste à la pré­si­den­tielle de­vrait tour­ner à un duel entre Cé­cile Du­flot et Yan­nick Ja­dot, deux per­son­na­li­tés tran­chées qui ont com­men­cé à ai­gui­ser les cou­teaux pen­dant les jour­nées d’été de Lo­rient.

Tous deux le disent : « Il n’y a pas de fa­vo­ri » pour rem­por­ter la pri­maire or­ga­ni­sée fin oc­tobre par Eu­rope Éco­lo­gie­Les Verts. Mais si pour le dé­pu­té eu­ro­péen, 49 ans, « il n’y a pas de can­di­dat ou can­di­date na­tu­rel [le] », la dé­pu­tée, 41 ans, in­voque sa « so­li­di­té » et son « ex­pé­rience de l’exer­cice du pou­voir », no­tam­ment en tant que mi­nistre du Lo­ge­ment en 2012­2014. Les jour­nées d’été d’EELV, qui se sont ache­vées après trois jours de dé­bats ont aus­si ser­vi à se comp­ter.

« Oui, je suis cli­vante »

Qu’est­ce qui dis­tingue les deux can­di­dats ? « La no­to­rié­té », ré­sume le se­cré­taire na­tio­nal du par­ti, Da­vid Cor­mand, qui a en­voyé un cour­riel en in­terne pour ex­pri­mer sa pré­fé­rence pour l’an­cienne se­cré­taire na­tio­nale dont il est proche. « Dans la Ve Ré­pu­blique, au­cun can­di­dat non connu au dé­part n’a fait plus de 5 % à la pré­si­den­tielle », ar­gu­mente­t­il.

Yan­nick Ja­dot, an­cien di­rec­teur de Green­peace dé­fend son par­cours dans la so­cié­té ci­vile puis au par­le­ment eu­ro­péen mais aus­si sa ca­pa­ci­té à « ras­sem­bler le par­ti ». Il sou­rit : « Moi, je suis pour l’éco­lo­gie ai­mable et sym­pa­thique. »

« Oui, je suis cli­vante », re­con­naît pour sa part Cé­cile Du­flot qui re­grette d’être consi­dé­rée comme la seule « comp­table » de la dé­con­fi­ture ac­tuelle du par­ti parce que les autres res­pon­sables l’ont quit­té. Et elle n’hé­site pas, en­tou­rée de pas moins de cinq com­mu­ni­cants quand elle parle à au­tant de jour­na­listes, à ci­ter So­crate : « Il vaut mieux su­bir l’in­jure que la com­mettre. »

Son en­tou­rage prend moins de pré­cau­tion. « Il ne suf­fit pas de dire “Je suis sym­pa”, “J’ai une bonne image”, “J’ai un bon bilan à Bruxelles”, il ne peut pas être ques­tion de naï­ve­té dans cette cam­pagne […] », af­firme­t­il.

Dans ces as­ser­tions fra­tri­cides, le fond semble bien loin. Et de fait, « le su­jet des pri­maires, c’est moins le pro­jet que de dé­si­gner le meilleur por­te­dra­peau pour le dé­fendre », es­time Yan­nick Ja­dot. Ce que son en­tou­rage tra­duit : « Elle (Cé­cile Du­flot) se pré­pare de­puis un an, pour quoi ? Pour in­tro­duire le cli­mat dans la Cons­ti­tu­tion ? C’est du bla­bla tout ça, c’est de la mise au vert. »

« Le cli­mat est plu­tôt tran­quille, fran­che­ment, par rap­port aux pri­maires Ma­mère/Li­pietz ou Hu­lot/Jo­ly », s’amuse un des proches de Cé­cile Du­flot.

Ri­va­si à la peine. Pour l’ins­tant, trois pré­ten­dants ont en­gran­gé suf­fi­sam­ment de par­rai­nages soit 36 conseillers fé­dé­raux sur 240 pour se pré­sen­ter. Outre Cé­cile Du­flot et Yan­nick Ja­dot (46 cha­cun), la dé­pu­tée eu­ro­péenne Ka­ri­ma Del­li en a trou­vé 38 en 48 heures. Éga­le­ment eu­ro­dé­pu­tée, Mi­chèle Ri­va­si peine à se qua­li­fier (12 par­rai­nages).

IN­VES­TI­TURE. Les deux ad­ver­saires se sont jau­gés lors des jour­nées d’été de Liorent qui se sont ache­vées hier. PHO­TO AFP

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