Do­nald Trump dans une im­passe

Le can­di­dat ré­pu­bli­cain change à nou­veau de stra­té­gie

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

À deux mois et de­mi de l’élec­tion pré­si­den­tielle, les Amé­ri­cains ne semblent pas croire à l’énième mé­ta­mor­phose de Do­nald Trump.

Sur la forme, le can­di­dat ré­pu­bli­cain à la Mai­son Blanche est plus dis­ci­pli­né, ses dis­cours sont écrits et il les concentre sur son ad­ver­saire, la dé­mo­crate Hilla­ry Clin­ton, qu’il cogne sans re­te­nue en rai­son de soup­çons de tra­fic d’in­fluence à la fon­da­tion ca­ri­ta­tive Clin­ton lors­qu’elle di­ri­geait la di­plo­ma­tie des États­Unis.

Sur le fond, il a po­li son mes­sage, il parle plus d’éco­no­mie et a ten­du la main aux mi­no­ri­tés, prin­ci­pa­le­ment les Noirs et les Amé­ri­cains d’ori­gine his­pa­nique.

Cette ap­pa­rence moins abra­sive et plus to­lé­rante vi­se­rait deux ob­jec­tifs : d’une part, ré­cu­pé­rer des voix dans ces com­mu­nau­tés qui, jus­qu’à pré­sent, ont plé­bis­ci­té les dé­mo­ crates. D’autre part, per­sua­der les Blancs de la classe moyenne écoeu­rés par son verbe ou­tran­cier de re­ve­nir au ber­cail ré­pu­bli­cain.

« Il es­saie de faire les deux à la fois, et il échoue­ra pro­ba­ble­ment dans les deux cas », pré­dit Lar­ry Sa­ba­to, po­li­to­logue vé­té­ran des cam­pagnes pré­si­ den­tielles amé­ri­caines. Il fau­dra at­tendre quelques se­maines pour voir si cette of­fen­sive se ré­vèle fruc­tueuse. Les son­dages, jus­qu’à pré­sent, montrent qu’Hilla­ry Clin­ton fait un peu mieux au­près des mi­no­ri­tés que Ba­rack Oba­ma en 2012, avec 77 % des in­ten­tions de vote.

Certes, 58 % des Blancs sans di­plôme sou­tiennent Trump, sé­duits par son ba­gout po­pu­liste. Mais cet avan­tage au­près des « cols­bleus » blancs ne suf­fit pas à com­pen­ser son dé­fi­cit de po­pu­la­ri­té chez les Blancs des classes su­pé­rieures. C’est chez ces Blancs di­plô­més qu’Hilla­ry Clin­ton est mon­tée de fa­çon spec­ta­cu­laire cet été. Se­lon le der­nier son­dage ABC/Wa­shing­ton Post, 50 % d’entre eux sou­tiennent la dé­mo­crate, contre 42 % dé­but juillet.

Do­nald Trump se re­trouve ain­si dé­chi­ré entre l’an­cien Trump to­ni­truant, qui a gal­va­ni­sé une tranche de l’élec­to­rat conser­va­teur, et le nou­veau Trump, dont les Amé­ri­cains mo­dé­rés doutent de la sin­cé­ri­té.

Le der­nier épi­sode de la se­maine illustre ce di­lemme stra­té­gique.

L’in­verse et son contraire

En l’es­pace de 48 heures, Do­nald Trump a pro­mis un « as­sou­plis­se­ment » de son pro­jet de lutte contre l’im­mi­gra­tion clan­des­tine puis, face au tol­lé dé­clen­ché à droite par son geste d’ou­ver­ture… un « dur­cis­se­ment ».

« Où est la co­hé­rence quand il n’ar­rive même pas à ex­pli­quer la pro­po­si­tion cen­trale de sa can­di­da­ture ? » s’ex­clame Lar­ry Sa­ba­to.

Do­nald Trump de­vrait cla­ri­fier ses pro­po­si­tions mi­gra­toires la se­maine pro­chaine. Une énième mise au point pour une can­di­da­ture dé­ci­dé­ment sans cap.

MES­SAGE. Plus po­li­cé. AFP

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.