Adrien Plan­té, au sor­tir des ga­lères

Pre­mière ap­pa­ri­tion, neuf mois après son der­nier match et de gros pé­pins

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS RUGBY - Ch­ris­tophe Bu­ron

« Je ne vais pas mentir, j’ai en­vi­sa­gé le pire ! »

L’ASM pas­se­ra cet après­mi­di (16 h 15) à Mont­pel­lier un nou­veau test de ca­rac­tère. Un ren­dez-vous qui va avoir une sa­veur bien par­ti­cu­lière pour Adrien Plan­té, cet ai­lier re­cru­té en 2015, fau­ché en­suite en plein vol.

En prendre pour trois mois, en rai­son d’une rup­ture d’un croi­sé pos­té­rieur, c’est dé­jà pé­nible. Mais quand à la sor­tie de ce pre­mier tun­nel vous at­tendent un nou­veau coup de mas­sue et deux her­nies dis­cales qui vous clouent au sol… c’est car­ré­ment la dé­prime qui guette.

La re­chute fut d’au­tant plus dure que la bles­sure au dos d’Adrien Plan­té a évo­lué vers une scia­tique pa­ra­ly­sante. Une pa­tho­lo­gie in­va­li­dante presque à vie pour le « vul­gum pe­cus ». Mais pas pour un spor­tif de haut ni­veau, sur­tout si ce­lui­ci a un men­tal d’ai­rain.

« Adrien, c’est un rude, sou­ligne Franck Azé­ma qui l’a connu dans une pre­mière vie (spor­tive) à Per­pi­gnan. Il n’est pas ex­tra­ver­ti, mais il est très pré­sent dans les actes, c’est un al­truiste. Et son men­tal est une force. Mal­gré tous les pé­pins qu’il a eus, il n’a ja­mais lâ­ché ».

À 31 ans, le joueur re­cru­té à l’été 2015 au Ra­cing, a pour­tant bien cru ne ja­mais pou­voir re­lan­cer sa car­rière. Le 6 dé­cembre 2015, après avoir si­gné 9 feuilles de matchs (8 ti­tu­la­ri­sa­tions) sur 11 ren­contres avec son nou­veau club clermontois, Plan­té reste au sol sur les terres bri­vistes, un li­ga­ment du ge­nou rom­pu. « Je sa­vais que j’en avais pour trois mois et j’ai fait tous les ef­forts pour re­ve­nir plus fort ».

Mais là, dès le deuxième en­traî­ne­ment (en fé­vrier), il s’écroule à nou­veau. « Le dos ne te­nait plus. Il a fal­lu m’en­le­ver deux her­nies dis­cales. Mais j’avais mal par­tout, aux jambes, au dos… en fait, j’avais les doigts de pied pa­ra­ly­sés. Quand je me suis fait opé­rer, en mars, je me suis dit que le rugby, c’était peu­têtre fi­ni ».

La Fa­cul­té se montre moyen­ne­ment op­ti­miste. « Ils ont com­men­cé à me pré­ve­nir que si je ne re­trou­vais pas la force au ni­veau des doigts de pied, ça al­lait être très com­pli­qué et que ma car­rière pou­vait avoir du plomb dans l’aile », se sou­vient Adrien Plan­té.

La sor­tie de l’hô­pi­tal a été alors un nou­veau mo­ment dou­lou­reux et mo­ra­le­ment éprou­vant. À l’ar­rêt, la gam­berge est exa­cer­bée. « Je ne vais pas mentir, j’ai en­vi­sa­gé le pire. Dé­jà pour ma san­té. Le rugby, c’est ma pas­sion, c’est fa­bu­leux d’en faire son mé­tier, mais l’in­té­gri­té phy­sique passe avant tout. Et là, même si le club m’a tou­jours sou­te­nu et que j’étais bien en­tou­ré, c’était dur à vivre. J’ai pas­sé un mois au prin­temps cou­ ché, chez moi, sans pou­voir bou­ger ».

La fin de sai­son ar­rive, les beaux jours pointent et ça fleure bon les phases fi­nales. Plan­té re­prend dou­ce­ment le che­min du club, puis la piste de course et en­fin l’en­traî­ne­ment. Long­temps en dou­ceur, sans contact.

Puis ar­rivent les mo­ments de vé­ri­té. Fi­nies les balles à blanc. Il faut pas­ser au crible des pre­miers vrais contacts. « C’est au mi­lieu de la pré­pa­ra­tion, il y a juste un pe­tit mois, que j’ai vrai­ment re­pris confiance. Le match ami­cal à Is­soire m’a to­ta­le­ment ras­su­ré. Je n’avais plus ce coup de poi­gnard dans le dos quand je chan­geais de di­rec­tion ».

Adrien Plan­té a donc re­trou­vé la lu­mière. Cet après­mi­di, il va plon­ger dans le grand bain. Avec le simple bon­heur d’en­fi­ler à nou­veau le maillot. « Je me­sure ma chance de re­jouer. Je sais qu’à Mont­pel­lier, ça va être dur mais ça ne me fait pas peur. J’ai juste la crainte de man­quer de rythme ».

Que l’ai­lier clermontois se ras­sure, avec la cha­leur an­non­cée, il ne se­ra pas le seul à ti­rer la langue.

LA BALLE À L’AILE… La vie est de nou­veau belle pour Adrien Plan­té qui re­trouve la com­pé­ti­tion, au­jourd’hui à Mont­pel­lier, après un sé­rieux coup d’ar­rêt. PHO­TO FRANCK BOILEAU

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