Vla­di­mir M.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAG DIMANCHE - Blan­dine Hu­tin-Mer­cier (pho­to : F. Lher­pi­nière)

Quand il vit en France, il est Lo­tois. En­vi­ron trois mois par an. Le reste du temps, Ro­bert Littell est « un gi­tan », re­con­naît­il en riant. Un long temps au Ma­roc, un autre à Bar­ce­lone ou à Prague. « J’ai tou­jours beau­coup voya­gé, ra­conte­t­il. Quand j’étais jour­na­liste, dans une vie an­té­rieure, j’al­lais beau­coup en Rus­sie et dans les pays com­mu­nistes. » La Rus­sie, voi­là la grande af­faire de l’écri­vain amé­ri­cain. Dans ses écrits de jour­na­liste, puis dans ses ro­mans d’es­pion­nage, la Guerre Froide est un ter­reau pré­cieux, un éche­veau à dé­mê­ler. Dans Vla­di­mir M. (Ba­kerS­treet, 288 pages, 21 €), l’Est de­vient un en­jeu ar­tis­tique. Ce­lui de Vla­di­mir Maïa­kovs­ki, le grand poète russe, homme à femmes, écri­vain ré­vo­lu­tion­naire – jus­qu’à ce qu’il s’en dé­tourne, dés­illu­sion­né, et fi­na­le­ment sui­ci­dé. « J’ai trou­vé in­té­res­sant d’ex­plo­rer les rai­sons pour les­quelles il s’est tué. Le grand dé­fi, ce­la a été de ra­con­ter l’his­toire à tra­vers les femmes. » Ro­bert Littell aus­culte, ex­plique, met en pers­pec­tive. La « fo­lie » de cette époque, mais aus­si la « lit­té­ra­ture russe ma­gni­fique, l’im­men­si­té du pays, son in­croyable peuple ». Amé­ri­cain fier de ses ra­cines russes, au­teur pro­lixe, homme en­ga­gé, Ro­bert Littell tranche : « Si Trump gagne la pré­si­den­tielle amé­ri­caine, je quitte la France ; je se­rais trop proche, phy­si­que­ment, des États­Unis. J’irais vivre au fond de la Cri­mée ! »

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