Co­pé, en­vers et contre tous

Au plus bas dans les son­dages, mais tou­jours d’at­taque

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 JPURS EN POLITIQUE - Flo­rence Ché­do­tal flo­rence.che­do­tal@cen­tre­france.com

Cer­tains le disent plus in­té­res­sé par la chute d’un homme que par sa propre vic­toire. Jean-Fran­çois Co­pé, can­di­dat à la pri­maire de la droite, dé­ment.

Jean­Fran­çois Co­pé croit en­core en ses chances et nie toute en­tre­prise de ven­geance à l’en­contre de Sar­ko­zy.

Entre 1,5 % et 3 %… Vous n’êtes pas au mieux dans les son­dages, mais vous af­fir­mez tou­jours pou­voir créer la sur­prise… Comme di­sait Jacques Chi­rac, il faut re­la­ti­vi­ser les son­dages. Nous sommes à deux mois de la pri­maire, le choix des Fran­çais n’est pas en­core dé­fi­ni­tif. Lais­sons pas­ser oc­tobre et les dé­bats té­lé­vi­sés et fai­sons cam­pagne. J’ai de l’es­poir. J’ai dé­jà ga­gné des élec­tions après de mau­vais son­dages !

Ces der­niers jours, vous avez char­gé Ni­co­las Sar­ko­zy à tel point que vos dé­trac­teurs vous disent uni­que­ment ani­mé par la ven­geance. C’est to­ta­le­ment faux. J’ai des di­ver­gences de fond avec Ni­co­las Sar­ko­zy, comme avec les autres can­di­dats. Si je de­vais ré­su­mer, je di­rais que j’ai cru au pro­gramme de rup­ture pro­po­sé par Ni­co­las Sar­ko­zy en 2007, mais il n’a pas eu lieu. Les ef­fec­tifs de po­lice ont bais­sé, les 35 heures n’ont pas été sup­pri­mées, les im­pôts ont aug­men­té, les dé­fi­cits aus­si. Mon pro­jet, c’est ce­lui d’une droite dé­com­plexée. Elle n’est pas ex­tré­miste, mais c’est une droite qui ne re­cu­le­ra plus. Moi, je veux faire la rup­ture et ré­ar­mer la France, de­ve­nue si vul­né­rable. La ré­ar­mer du point de vue sé­cu­ri­taire, éco­no­mique et mo­ral.

Et vous, on peut être sûr que vous le fe­rez ? C’est une ques­tion cen­trale. Au­jourd’hui, il faut 18 mois pour vo­ter une loi, ce qui laisse tout le temps aux bê­ta­blo­quants de la so­cié­té, dont les syn­di­cats, de faire re­cu­ler le gou­ver­ne­ment. Moi, je pro­pose, comme le gé­né­ral de Gaulle en 1958, d’agir par or­don­nance dans les deux pre­miers mois. Mes 15 pro­po­si­tions se trouvent sur mon site. Je pense qu’il faut rompre avec ce mo­dèle de co­ges­tion avec les syn­di­cats qui fi­nit par blo­quer toute ré­forme.

Vous avez re­gar­dé le do­cu­men­taire, dif­fu­sé jeu­di, sur Byg­ma­lion ? Oui, c’est un do­cu­ment in­té­res­sant, même si on a la voix d’une seule per­sonne, Franck At­tal. J’avais été moi­même lon­gue­ment in­ter­viewé, mais il n’en reste pas grand­chose à l’écran. J’ai été la cible de toutes les haines et sus­pi­cions, mais la jus­tice a fait son en­quête et m’a mis hors de cause. Cette af­faire est der­rière moi.

Vous avez dé­cla­ré qu’en cas d’échec à la pri­maire, vous sou­tien­driez le vain­queur, même si c’était Sar­ko­zy. C’est de l’ab­né­ga­tion, du ma­so­chisme ? Non, pas du ma­so­chisme ! (rire). Je consi­dère qu’il faut évi­ter que la gauche soit ré­élue et pour­suive sa po­li­tique dé­sas­treuse. Mais je dis aus­si qu’il faut faire at­ten­tion à la vul­né­ra­bi­li­té que re­pré­sen­te­rait pour notre par­ti le choix d’un homme fai­sant l’ob­jet de toutes ces pour­suites.

J.-F. CO­PÉ. « J’ai re­pris la cor­dée po­li­tique par amour de la France », confie ce père de six en­fants, pas­sion­né de pia­no. AFP

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