Une place à dé­fendre contre Tou­louse (16 h 15)

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - LA UNE - Va­lé­ry Le­fort

Face à Tou­louse, Cler­mont cher­che­ra à en­tre­te­nir sa dy­na­mique ac­tuelle et à peau­fi­ner ses ré­glages en vue de l’Europe. Il pour­ra pour ce­la s’ap­puyer sur Fritz Lee.

Et dire que cet après­mi­di, il au­rait pu être dans le camp d’en face… Ar­ri­vé in­co­gni­to en sep­tembre 2013 en Auvergne comme jo­ker mé­di­cal d’El­vis Ver­meu­len, Fritz Lee ne de­vait être que de pas­sage à l’ASM. Mais le Néo­Zé­lan­dais d’ori­gine sa­moane avait frap­pé tel­le­ment fort d’en­trée de jeu… Au point d’in­té­res­ser (entre autres) le Stade Tou­lou­sain, lé­gi­ti­me­ment im­pres­sion­né par les per­cus­sions et la ges­tuelle de cet an­cien All Black à VII dé­ni­ché par Cot­ter.

Mais Cler­mont avait aus­si­tôt dou­ché les en­thou­siasmes ex­té­rieurs, sé­cu­ri­sant son contrat pré­caire pour lui of­frir du même coup un ave­nir au long cours en Europe. « Oui, ce­la fait dé­jà trois ans, sou­rit Fritz Lee. C’est al­lé vite, hein ? Au­jourd’hui, je suis tel­le­ment heu­reux d’être là. C’est l’en­droit, le club et l’équipe qu’il me fal­lait ».

Évi­dem­ment, Cler­mont ne re­grette rien de son in­ves­tis­se­ment. Un Lee en forme, c’est un ad­ju­vant sur­puis­sant dans le mo­teur au­ver­gnat. Son en­traî­neur, Franck Azé­ma, qui le suit de­puis son ar­ri­vée en pro­ve­nance de Nou­velle­Zé­lande, en est le pre­mier convain­cu : « Fritz est is­su du VII. Sa lec­ture du jeu fait la dif­fé­rence. Ses qua­li­tés tech­niques sont très au­des­sus de la moyenne. C’est un joueur in­tel­li­gent dans ses choix ».

Un re­gard que porte de plus près en­core Mor­gan Par­ra de­puis son poste de de­mi de mê­lée : « Il est énorme tech­ni­que­ment ! Tout joueur a en­vie d’évo­luer avec un type comme ça à ses cô­tés. Fritz est ca­pable de tout faire. Je trouve qu’il a pris de la confiance par rap­port à ses dé­buts. Pour moi, quand on parle épine dor­sale de l’équipe, du 2 au 15, il en fait par­tie. C’est un tau­lier au­jourd’hui ».

Le terme fait sou­rire l’in­té­res­sé, plus en­clin à se mettre en évi­dence sur le ter­rain qu’à se faire mous­ser. Un peu à l’image de son com­père et al­ter ego Da­mien Chou­ly. À la fois co­équi­ pier et « ad­ver­saire » au poste de n° 8, ces deux­là sont d’abord liés par une ap­proche, une com­pli­ci­té et une vi­sion du jeu as­sez proches. « Oui, on s’en­tend bien, pour­suit ce­lui qui peut aus­si bien jouer flan­ker que 3e ligne centre. Fritz est plus dans le con­tact que moi. Il est da­van­tage dans l’im­pact, tant of­fen­sif que dé­fen­sif, ajoute Chou­ly. Son centre de gra­vi­té as­sez bas lui per­met de se sor­tir de si­tua­tions dé­li­cates. C’est sa force ». À l’in­verse, Chou­ly, plus aé­rien, est da­van­tage uti­li­sé en touche. Du coup, leur as­so­cia­tion ­ comme au­jourd’hui ­ as­sure une réelle com­plé­men­ta­ri­té qui se bo­ni­fie avec le temps. « J’aime être avec Da­mien (Chou­ly), em­braye Lee. Il m’im­pres­sionne car il peut jouer par­tout avec le même bon­heur ». On le voit, ces deux­là sont le plus sou­vent sur la même lon­gueur d’onde.

« Ce­la ne se voit pas for­cé­ment, mais Fritz adore dé­con­ner ! », cafte l’in­ter­na­tio­nal tri­co­lore. « Mais pas sur le ter­rain ! Je ne veux pas me prendre la tête avant un match mais dès qu’on joue, c’est autre chose ». Un rôle de chef de gare au coeur de la 3e ligne qui comble Lee. « À ce poste, on est à la croi­sée de tout. On touche beau­coup de bal­lons et on sait que tout ce que l’on fait a un im­pact ma­jeur sur le jeu et le ren­de­ment de l’équipe ».

On lui si­gnale qu’il est af­fû­té, en tout cas bien plus que lors de ses dé­buts. « Ah bon, vous trou­vez ? Ça me fait plai­sir ! » Pour lui, le chan­ge­ment d’ha­bi­tude a son im­por­tance. « En Nou­velle­Zé­lande, je man­geais beau­coup moins équi­li­bré. Les fast­foods, les trucs sur le pouce… Tout ça, c’est plus gras. En France, c’est à la fois dé­li­cieux et meilleur pour la san­té. J’adore votre gas­tro­no­mie ! »

Et s’il croque à pleines dents dans sa nou­velle vie, la pos­si­bi­li­té de le faire au quo­ti­dien avec son jeune frère La­ky ­ in­té­gré de­puis deux ans en Es­poirs à l’ASM ­ ajoute à son bon­heur cler­mon­tois. Le di­manche, il ne rate ja­mais un match des pousses jaune et bleu. « Vous ima­gi­nez com­bien c’est im­por­tant, pour l’un comme pour l’autre, d’être réunis ici ».

Et s’il a dé­jà concré­ti­sé cer­tains de ses rêves, Fritz Lee ne cache pas que l’idée d’être ali­gné avec La­ky, lui aus­si 3e ligne, en équipe pre­mière le pro­pulse ins­tan­ta­né­ment dans les étoiles. « Le faire ici, au Mi­che­lin, ce se­rait vrai­ment fa­bu­leux ! Si ce­la ar­rive, je paie tout de suite les billets d’avion à nos pa­rents qui sont aux Sa­moa ! » Pour l’ins­tant, seul Fritz évo­lue en pre­mière classe. Mais qui sait ? Quand il est ar­ri­vé, per­sonne ne le connais­sait plus que son jeune fran­gin…

« Si un jour je joue avec mon frère, je fais ve­nir nos pa­rents des Sa­moa ! »

PUIS­SANCE. Fritz Lee à la corne le week-end der­nier face à Castres, avec Can­co­riet au sou­tien. Ur­da­pillet­ta (au sol) et Ma­fi (raf­fû­té) ne peuvent que consta­ter les dé­gâts. Le 3e ligne d’ori­gine sa­maone se­ra en­core l’un des atouts de Cler­mont cet après-mi­di face à Tou­louse.

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