« J’au­rais pour­tant bien man­gé un bon bro­chet »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - ABOLITION DE LA PEINE DE MORT -

C’est dans le Can­tal, à Saint-Flour, qu’a eu lieu, mar­di 12 fé­vrier 1935 à 6 h 35, la der­nière exé­cu­tion pu­blique d’Auvergne.

Pierre­Léon Bar­bat avait 27 ans. Il était agri­cul­teur à Saint­Vincent­de­Sa­lers et avait tué à coups de hache son voi­sin, un va­cher po­lo­nais, An­drezj Kar­lo­wiez, pour lui dé­ro­ber 200 francs. Et une montre.

Ils étaient des mil­liers de­vant la Mal­Coif­fée, à Mou­lins, à as­sis­ter le 26 juillet 1934, à 4 h 50, à la dé­ca­pi­ta­tion de Louis Vé­nuat, ou­vrier agri­cole de 28 ans. À Lou­roux­Ho­de­ment, en oc­tobre 1933, Vé­nuat avait as­sas­si­né à coups de re­vol­ver son an­cien pa­tron, M. Sal­vert, et bles­sé son épouse avant de vo­ler une soixan­taine de francs et quelques vê­te­ments. Au mo­ment du sup­plice, ci­ga­rette au bec, il avait dé­cla­ré : « J’au­rais pour­tant bien man­gé un bon bro­chet ».

En sep­tembre 1930, un an­cien Poi­lu de 35 ans, ma­noeuvre et SDF, avait eu la tête tran­chée pour avoir, au Puy­en­Ve­lay, as­som­mé à coups de poing, égor­gé et éven­tré un gar­çon­net de 6 ans avant de lui broyer la tête avec une pierre et de je­ter le corps dans les eaux du Do­lai­zon.

« Libre pen­seur », il avait re­fu­sé la messe et dé­cla­ré : « Je n’ai pas pu cre­ver à la guerre, je vais cre­ver main­te­nant. Je ne re­grette rien ».

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