Pau­lette ap­pren­tie « Haute cou­ture » L’

A la re­dé­cou­verte des en­seignes d’an­tan et de l’ar­chi­tec­ture re­mar­quable à Cler­mont­Fer­rand

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - CLERMONT - Pierre-Ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr

La pu­bli­ca­tion de chro­niques sur les « En­seignes d’an­tan » au mois d’août dans les pages de La Mon­tagne vous a fait ré­agir. Comme Pau­lette, ap­pren­tie « Aux Villes du Centre ».

ar­ticle de La Mon­tagne consa­cré au grand ma­ga­sin les « Villes du Centre » (ac­tuelle bras­se­rie Kan­ter­braü) sur la place de la Vic­toire, à Cler­mont­Fer­rand, a éveillé l’at­ten­tion de Pau­lette que nous re­mer­cions pour son té­moi­gnage. Elle se sou­vient : « J’ai été ap­pren­tie à 16 ans au rayon “Haute­Cou­ture”. L’atelier était amé­na­gé dans les gre­niers au der­nier étage de l’im­meuble.

Les clientes fai­saient par­tie du « gra­tin »

» C’était pen­dant la guerre, vers 1944, on tra­vaillait avec des fers au char­bon de bois et des ma­chines à coudre à pé­dale. Rien n’était élec­trique. Et heu­reu­se­ment parce que l’on avait sou­vent des cou­pures de cou­rant à la nuit tom­bée.

» Dès ma pre­mière jour­née, l’am­biance m’a plu, nous étions six ou sept dans cet atelier. Après le tra­vail, j’as­sis­tais aux cours du soir… C’était une sorte d’al­ter­nance comme on dit au­jourd’hui… C’est comme ça que j’ai ob­te­nu mon CAP de coupe et cou­ture. Les clientes fai­saient par­tie du “gra­tin” cler­mon­tois mais pas seu­le­ment, cer­taines fai­saient le dé­pla­ce­ment d’Is­soire ou même de Vi­chy. Nous sui­vions la mode pa­ri­sienne en ache­tant des “toiles” en co­ton blanc. C’était des man­ne­quins lé­gers qui por­taient la moi­tié d’un vê­te­ment créé par un grand cou­tu­rier de la ca­pi­tale.

» C’était un mé­tier de pré­ci­sion… On me­su­rait tout, de fa­çon à ce que le tis­su tombe jus­ te et épouse par­fai­te­ment le corps. Les ate­liers étaient de vé­ri­tables ruches où s’ac­ti­vaient la “pre­mière” et les “se­condes”.

Au­cun mo­dèles iden­tiques

» La “pre­mière” cou­pait le vê­te­ment. Elle oc­cu­pait le poste le plus im­por­tant qui né­ces­si­tait une longue ex­pé­rience… Les “se­condes” as­sem­blaient les dif­fé­rentes pièces de tis­su et les sur­fi­laient. C’est à ce mo­ment­là que la cliente ve­nait pour fai­ re les es­sayages, sou­vent deux ou par­fois trois. Il y avait tout ce qu’il fal­lait au 2e étage des “Villes du Centre” avec de nom­breux mi­roirs qui per­met­taient à la cliente de se voir “sous toutes les cou­tures”… Sou­vent, quelque chose n’al­lait pas et il fal­lait tout dé­mon­ter ! Après l’ac­cord dé­fi­ni­tif, le vê­te­ment était cou­su et re­pas­sé lon­gue­ment. On ne pro­po­sait pas le même mo­dèle à plu­sieurs clientes pour qu’elles ne portent pas une robe iden­tique dans les ré­cep­tions ou les ma­riages ! ».

Pau­lette ajoute avec un brin de nos­tal­gie : « Après mon ap­pren­tis­sage, j’étais au “flou”, la par­tie de l’atelier consa­crée aux tis­sus lé­gers pour la confec­tion des robes et che­mi­siers. J’ado­rais mon mé­tier…

» À la fer­me­ture des rayons “Haute Cou­ture” et du “sur­me­sure pour hommes”, je suis al­lée tra­vailler chez une cou­tu­rière rue du Ter­rail ».

IMPOSANT. « Aux Villes du Centre » oc­cu­pait deux im­meubles sur la place de la Vic­toire, à Cler­mont-Fer­rand.

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