Se­maine de goût pour un an­ni­ver­saire

Re­fait en 2006, l’équi­pe­ment du centre­ville cherche à se mo­der­ni­ser face à la concur­rence

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - A DEUX PAS D'ICI - Pierre Cham­baud vi­chy@cen­tre­france.com

« Le mar­ché est un lieu de pro­me­nade, j’en rê­vais quand j’étais pe­tite » LAËTITIA GIRARD Cor­don­nier.

C’était plus qu’un lif­ting : en 2006, le Grand mar­ché est re­par­ti de zé­ro, après 70 ans d’ac­ti­vi­té qui l’avaient lais­sé fa­ti­gué. Au­jourd’hui, il ré­pond présent face aux concur­rents grâce à la mode des cir­cuits courts.

L a meilleure preuve que le Grand mar­ché, en 2006, était à bout de souffle ? Ce sont les ex­po­sants eux­mêmes qui la donnent : ils ont pré­fé­ré le cha­pi­teau tem­po­raire, mis en place pen­dant les tra­vaux. « Il avait be­soin d’une bonne ré­fec­tion », confirme Ge­ne­viève Ta­la­bard, che­ville ou­vrière du Grou­pe­ment des uti­li­sa­teurs du Grand Mar­ché (GUGM), qui ma­nie l’eu­phé­misme à mer­veille. Plus cash, Anne­Ma­rie et Ré­mi Phi­lip­pon, qui ont un stand de fruits et lé­gumes fa­mi­lial de­puis bien­tôt 30 ans, rap­pellent : « c’était vé­tuste. L’hi­ver, la mar­chan­dise ge­lait… »

Ani­ma­tions ré­gu­lières

C’est ce qui a mo­ti­vé la mai­rie, à l’époque, à en­ta­mer sa ré­fec­tion. Un chan­tier gar­gan­tuesque à base de bé­ton et de verre, pour l’ou­vrir sur l’ex­té­rieur. De­puis, il a ga­gné en lu­mière, et en place, avec l’ou­ver­ture de la mez­za­nine. Yves Sen­ne­pin, ins­tal­lé en face de l’as­cen­seur le sa­me­di ma­tin, ne s’en plaint pas : « Avant, il y a 50 ans, ils s’en ser­vaient pour tuer les la­pins. Au­jourd’hui, ce­la per­met d’avoir beau­coup plus de pro­duc­teurs. »

Ré­sul­tat, le Grand mar­ché « est plus dans l’air du temps, as­sume Ge­ne­viève Ta­la­bard. Il y en a même qui disent qu’il est trop propre… » « C’est un des re­proches que l’on nous fait, re­con­naît Jean­Paul Bar­det, pré­sident du GUGM et pa­tron du So­fi­lia, à l’in­té­rieur. C’est vrai qu’il n’y a pas de ca­geots qui traînent. Il n’y a qu’à Vi­chy que nous ne sommes pas conscients de notre chance ! »

Avec le lif­ting, les ani­ma­tions pro­po­sées ont aus­si pris un coup de jeune : « Nous sommes pas­sés de 6­8 grosses ani­ma­tions par an à une soixan­taine plus pe­tites, as­sure Ge­ne­viève Ta­la­bard. L’ou­ver­ture de la cui­sine nous per­met de faire ve­nir des chefs, Il y avait un vrai be­soin de chan­ger les ani­ma­tions, et d’im­pli­quer les com­mer­çants. On ne pou­vait pas res­ter à at­tendre le cha­land qui passe… » Et si, par­mi les étals, cer­tains grincent un peu des dents et re­grettent les grandes ani­ma­tions qui drai­naient plus de monde, les ré­sul­tats sont là en terme d’affluence : « On a un peu stag­né avec l’ou­ver­ture du ma­ga­sin Grand Frais, mais nous sommes en aug­men­ta­tion de­puis », as­sure le pré­sident.

At­ti­rer les jeunes

Le Grand mar­ché reste at­trac­tif pour les com­mer­çants, mal­gré la ques­tion du manque de par­king en­vi­ron­nant. Il est plein à « 99,9 % », in­dique le GUGM. Jean­Paul Bar­det, ins­tal­lé en ville et au Grand mar­ché, ex­plique tout de même réa­li­ser de meilleurs chiffres, à cer­taines oc­ca­sions comme pour la fête des mères, au Grand Mar­ché, « c’est com­plé­men­taire. »

La der­nière ve­nue, Laëtitia Girard, en avait fait sa condi­tion d’ins­tal­la­tion : « C’était le Grand mar­ché ou rien ! » Nos­tal­gique, elle y ve­nait en­fant, « le mar­ché était un lieu de pro­me­nade. J’en rê­vais quand j’étais pe­tite ! Pour une pre­mière ins­tal­la­tion, je ne suis pas seule, les clients prennent le temps de dis­cu­ter. On n’y fait pas ses courses comme au su­per­mar­ché. »

Et ce­la plaît aux jeunes, qui re­viennent, ti­mi­de­ment, le sa­me­di. « Le week­end, les gens ne tra­vaillent pas, conti­nue Va­lé­rie Phi­lip­pon. C’est une autre clien­tèle, plus jeune. » Le rêve de Jean­Paul Bar­det, en tant que pré­sident ? Ou­vrir le pre­mier ven­dre­di de chaque mois jus­qu’à 20 heures afin de cap­ter la clien­tèle des ac­tifs. Et lui mon­trer que, mal­gré les tra­vaux, le Grand mar­ché est bien res­té le Grand mar­ché.

MAR­CHÉ. Pour Anne-Ma­rie Phi­lip­pon, en train de ser­vir, l’an­cien Grand Mar­ché (photo du bas) était « vé­tuste ». PHO­TOS D. PARAT

FAÇADE. En 2006, le Grand mar­ché a été pro­fon­dé­ment re­ma­nié, et la place si­tuée de­vant a été agran­die. DR/GUGM

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