Trump dans la tour­mente

À la suite de propos très sa­le­ment sexistes

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE -

Cri­ti­qué comme ja­mais et iso­lé par­mi les ré­pu­bli­cains, Do­nald Trump tra­verse une zone de très fortes tur­bu­lences, après la pu­bli­ca­tion d’une vi­déo dans la­quelle il tient des propos gros­siers en­vers les femmes.

«Zé­ro chance que j’aban­donne », a af­fir­mé, hier, Do­nald Trump, à la veille de son deuxième dé­bat té­lé­vi­sé face à Hilla­ry Clin­ton. Mais il n’est pas par­ve­nu à éteindre l’in­cen­die mal­gré des ex­cuses ré­pé­tées à deux re­prises : la contro­verse a écla­té ven­dre­di avec la pu­bli­ca­tion par le Wa­shing­ton Post d’une vi­déo da­tant de 2005 dans la­quelle l’homme d’af­faires et ve­dette de té­lé­vi­sion est en­re­gis­tré à son in­su en train de par­ler en termes très crus de sa fa­çon d’abor­der les femmes qu’il convoite.

« Elles nous laissent faire »

Do­nald Trump af­firme no­tam­ment à un pré­sen­ta­teur qu’en tant que star, « elles nous laissent faire. On fait tout ce qu’on veut ». Un pou­voir qui in­clut no­tam­ment ce­lui de les « at­tra­per » par le sexe – le mil­liar­daire uti­li­sant un mot vul­gaire. Plus tard, il af­firme ne pas pou­voir s’em­pê­cher d’em­bras­ser les belles femmes.

La pu­bli­ca­tion de l’en­re­gis­tre­ment a fait l’ef­fet d’une bombe dans la cam­pagne élec­to­rale, stu­pé­fiant les al­liés ré­pu­bli­cains du can­di­dat. Il a été contraint de pu­blier des ex­cuses par com­mu­ni­qué puis dans un mes­sage vi­déo dif­fu­sé au mi­lieu de la nuit. « Ceux qui me connaissent savent que ces pa­roles ne re­flètent pas qui je suis. Je l’ai dit : j’avais tort et je m’ex­cuse », a­t­il dé­cla­ré, tout en an­non­çant qu’il at­ta­que­rait Hilla­ry Clin­ton pour avoir ru­doyé les maî­tresses de son ma­ri, Bill, dans les an­nées 1990.

Le dé­bat or­ga­ni­sé ce soir (2 h 30 du ma­tin, heure de Pa­ris) dans une uni­ver­si­té du Mis­sou­ri, s’an­nonce hou­leux. Do­nald Trump a dé­jà connu des se­maines noires, no­tam­ment en août, mais il s’était re­le­vé de ses dé­ra­pages. La dif­fé­rence est que ces ré­vé­la­tions émergent à seu­le­ment un mois du scru­tin, et tan­dis que les Amé­ri­cains com­mencent à vo­ter de fa­çon an­ti­ci­pée (*).

L’homme fort écoeu­ré

La pa­nique se ré­pan­dait dans les rangs ré­pu­bli­cains, par crainte d’une dé­route gé­né­rale en novembre, quand le Congrès doit aus­si être re­nou­ve­lé. Les uns après les autres, les té­nors du par­ti se sont em­pres­sés de prendre leurs dis­tances, no­tam­ment l’homme fort du Congrès, Paul Ryan, qui a re­ti­ré l’in­vi­ta­tion de Do­nald Trump à un ras­sem­ble­ment qui était or­ga­ni­sé, hier, sur ses terres du Wis­con­sin. « Je suis écoeu­ré par ce que j’ai en­ten­du au­jourd’hui. Les femmes doivent être dé­fen­dues et ad­mi­rées, pas trai­tées comme des ob­jets », a dit le pré­sident de la Chambre des re­pré­sen­tants.

(*) Ba­rack Oba­ma a vo­té, ven­dre­di, à Chi­ca­go. In­ter­ro­gé sur son choix, le pré­sident dé­mo­crate, qui mul­ti­plie les mee­tings de cam­pagne en fa­veur d’Hilla­ry Clin­ton, s’est conten­té de sou­rire.

MOUTON NOIR. Beau­coup de di­ri­geants ré­pu­bli­cains tournent le dos au can­di­dat qui ex­pose le par­ti à une dé­route. PHOTO AFP

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