Pour une en­ti­té spé­ciale char­gée des contrôles

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS -

La ré­vo­lu­tion at­ten­dra. Sur la sel­lette après le scan­dale du dopage d’État russe, l’Agence mon­dial an­ti­do­page (AMA) reste fi­na­le­ment en place.

Le CIO a choi­si de la ren­for­cer, en lui de­man­dant, hier, de créer une en­ti­té in­dé­pen­dante char­gée des contrôles.

Le risque était bien réel, et l’AMA a du sen­tir le coup pas­ser très près. Mais le mes­sage for­mu­lé hier par les res­pon­sables du sport mon­dial réunis en « som­met olym­pique » à Lau­sanne est on ne peut plus clair : plus d’in­dé­pen­dance et plus de cré­di­bi­li­té pour les contrôles an­ti­do­page.

Le CIO sou­haite qu’à l’ave­nir ce ne soit plus les fé­dé­ra­tions, comme c’est le cas au­jourd’hui, mais une en­ti­té créée sous le pa­tro­nage mais « dis­tincte » de l’AMA qui réa­lise l’en­semble des tests an­ti­do­page.

« Ce­la vise à une sé­pa­ra­tion claire entre les mis­sions de ré­gu­la­tion et de contrôle », a ex­pli­qué Tho­mas Bach, pré­sident du CIO.

L’idée n’est pas nou­velle, M. Bach l’avait dé­jà énon­cée il y a un an. Mais le scan­dale du dopage d’État russe et de la ma­ni­pu­la­tion des échan­tillons lors des Jeux d’hi­ver de Sot­chi en 2014, ré­vé­lés par le rap­port McLa­ren, était pas­sé par là de­puis. L’AMA était dans le vi­seur du CIO, ac­cu­sée d’avoir tar­dé à en­quê­ter mal­gré les preuves, mais aus­si son mode de gou­ver­nance.

Quelques mois plus tard, elle sort de cette crise fi­na­le­ment ren­for­cée. « C’est un acte fort d’en­ga­ge­ment à ce que les contrôles et les sanc­tions soient in­dé­pen­dants du mou­ve­ment spor­tif et c’est bien », a ré­agi To­ny Es­tan­guet, membre fran­çais du CIO, mais qui ne par­ti­ci­pait pas à la réu­nion.

« Ça va dans le bon sens dans la me­sure où il s’agit aus­si de ren­for­cer l’AMA », a ajou­té le triple champion olym­pique de ca­noë (2000, 2004, 2012), qui mène la can­di­da­ture de Pa­ris pour les JO 2024.

Que des re­com­man­da­tions

Par ailleurs, le CIO pro­pose de faire du Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (TAS) le seul ha­bi­li­té à pro­non­cer les sanc­tions en cas d’in­frac­tions, charge qui re­ve­nait jus­qu’à présent aux fé­dé­ra­tions na­tio­nales et in­ter­na­tio­nales. En ma­tière de dopage, le TAS n’était jus­qu’alors com­pé­tent que pour les ap­pels.

Il ne s’agit en­core que de re­com­man­da­tions qui de­vront être for­mel­le­ment ap­prou­vées par le Con­seil de l’AMA réuni en novembre à Glas­gow et par la Com­mis­sion exé­cu­tive du CIO convo­quée en dé­cembre, avant leur mise en ap­pli­ca­tion.

Dans le même temps, le CIO pro­pose de rendre le sys­tème an­ti­do­page « plus in­dé­pen­dant des in­té­rêts na­tio­naux » en confé­rant à l’AMA « plus d’au­to­ri­té sur les agences na­tio­nales an­ti­do­page ».

L’AMA de­vra éga­le­ment « ren­for­cer le ni­veau de sa sé­cu­ri­té in­for­ma­tique », alors que l’Agence créée en 1999 et ba­sée à Mon­tréal a été ré­cem­ment vic­time d’un pi­ra­tage par des ha­ckers russes du groupe Fan­cy Bears de son sys­tème ADAMS ren­fer­mant toutes les don­nées sur les ath­lètes.

Les pi­rates ont alors je­té en pâ­ture les au­to­ri­sa­tions à usage thé­ra­peu­tique (AUT) ac­cor­dées à de nom­breux ath­lètes, par­mi les­quels les soeurs Williams, la gym­naste amé­ri­caine mul­ti­mé­daillée Si­mone Biles ou les cy­clistes bri­tan­niques Ch­ris Froome et Brad­ley Wig­gins.

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