Des sites à la por­tée de tous les clics

Chaque jour, près de 300 sites In­ter­net sont créés grâce à l’ou­til dé­ve­lop­pé par l’en­tre­prise can­ta­lienne SiteW. Une re­cette à suc­cès. Les in­gré­dients ? La gra­tui­té, la sim­pli­ci­té et un ser­vice après­vente de qua­li­té.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Arthur Ces­bron arthur.ces­bron@cen­tre­france.com

« Per­mettre à n’im­porte qui de créer son site, c’est va­lo­ri­sant »

«On a presque l’im­pres­sion d’être à la Dé­fense. » Sur les hau­teurs du bourg de Yo­let, Fa­bien Ver­sange ob­serve avec amu­se­ment le train fi­ler dans la val­lée de la Cère. Du­rant quelques se­condes, le tin­ta­marre per­turbe fur­ti­ve­ment la quié­tude des lieux… « C’est sur­tout les cloches de l’église qui rythment la jour­née, ici », sou­rit le Can­ta­lien. De­puis un an, le jeune en­tre­pre­neur et son équipe ont ins­tal­lé les bu­reaux de leur en­tre­prise, SiteW, dans l’an­cien pres­by­tère de cette com­mune de 560 ha­bi­tants, si­tuée à dix ki­lo­mètres d’Au­rillac. Des bu­reaux aty­piques – « on a juste pas­sé un coup de pein­ture à notre ins­tal­la­tion » – pour une jeune pousse qui s’im­pose à la pointe de la tech­no­lo­gie nu­mé­rique : de­puis 2007, 1,25 mil­lion de sites in­ter­net ont été créés grâce à l’ou­til dé­ve­lop­pé par SiteW. Dont une très grande ma­jo­ri­té gra­tui­te­ment.

Les co­fon­da­teurs de SiteW, Fa­bien Ver­sange et Cé­dric Ha­mel, tracent leur route sur les rails de la ré­vo­lu­tion nu­mé­rique de­puis la fin de leurs études d’in­gé­nieur à l’In­sa Tou­louse. « On nous de­man­dait sou­vent de créer de pe­tits sites in­ter­net pour des chambres d’hôtes ou la lo­ca­tion d’ap­par­te­ment, ra­conte Fa­bien Ver­sange. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire, et on était à un mo­ment de nos vies où on pou­vait prendre des risques, sans en­fant, sans cré­dit… »

L’au­dace paie. Et dès les pre­miers clics, en 2007, une vo­lon­té s’im­pose : « On sou­hai­tait que l’in­ter­naute sans connais­sances tech­niques, qui sait juste en­voyer un mail, puisse fa­ci­le­ment lan­cer son propre site. Com­mer­cia­le­ment, on n’est pas des re­quins. Per­mettre à n’im­porte qui de créer son site, c’est va­lo­ri­sant ! »

Une fa­çon de dé­mo­cra­ti­ser l’éla­bo­ra­tion de sites in­ter­net tout en mi­sant sur « la li­ber­té de créa­tion, avec des ou­tils de per­son­na­li­sa­tion gra­phique très mo­dernes et moins for­ma­tés que nos concur­rents ». Le pro­fil de leurs clients illustre aus­si cette ca­pa­ci­té à s’ou­vrir au grand pu­blic, puisque près de la moi­tié d’entre eux sont des par­ti­cu­liers et des as­so­cia­tions. L’autre moi­tié, les en­tre­prises, sont es­sen­tiel­le­ment « des TPE et des au­to­en­tre­pre­neurs ». Un club de po­ker à Au­rillac, un ac­com­pa­gna­teur de ran­don­nées à moto en Au­vergne, un me­nui­sier, une com­mu­nau­té de com­munes ou en­core un pho­to­graphe cler­mon­tois… Ac­tuel­le­ment, quelque 300 sites sont créés quo­ti­dien­ne­ment via SiteW. Et 98 % le sont gra­tui­te­ment.

« On ne force sur­tout pas à la vente. Si la for­mule gra­tuite (nombre de pages li­mi­té et ac­cès à des mo­du­

les de base, NDLR) suf­fit, tant mieux ! », ex­plique Fa­bien Ver­sange, qui ne cache pas que cette gra­tui­té est aus­si un pro­duit d’ap­pel. Avec le temps, l’en­tre­prise a su dé­ve­lop­per ses for­mules payantes pour en vivre. « On a eu notre pre­mier abon­né un an après la créa­tion de l’en­tre­prise, et il a fal­lu deux ans pour dé­cro­cher un de­mi­smic, sou­rit­il. Mais ça a fait ef­fet boule de neige. La forte fi­dé­li­té fait le suc­cès du site : les nou­veaux abon­nés s’ajou­taient aux an­ciens, et on a eu une crois­sance de 20 % par an. » Une fi­dé­li­té qui s’ex­plique : SiteW se dé­marque de la concur­rence avec son ser­vice après­vente. « On es­saie d’être très ré­ac­tif pour ap­por­ter une aide même le wee­kend et les jours fé­riés. »

Pa­ra­doxa­le­ment, si SiteW veut s’adres­ser « à tout le monde », tout le monde n’y a pas fa­ci­le­ment ac­cès. « On dé­pend énor­mé­ment du ré­fé­ren­ce­ment Google, qui change du jour au len­de­main sans ex­pli­ca­tions, râle Fa­bien Ver­sange. Donc on cherche à dé­ve­lop­per de nou­velles sources de tra­fic, par exemple avec des agences web. »

Sé­lec­tion­né par­mi les cinq « pé­pites » can­ta­liennes au concours d’Au­vergne Nou­veau monde « Pe­pites pro­ject », l’en­tre­prise aux six em­ployés et 450.000 € de chiffre d’af­faires dé­ve­loppe dé­sor­mais sa for­mule sur la scène nu­mé­rique in­ter­na­tio­nale, en dé­cli­nant ses ou­tils en an­glais, al­le­mand et es­pa­gnol. « La concur­rence est plus rude mais le po­ten­tiel est gi­gan­tesque. Même si on ne capte qu’un pe­tit pour­cen­tage, ce se­ra dé­jà énorme ! » SiteW compte dé­jà des uti­li­sa­teurs dans 242 pays dif­fé­rents ! Le train est en marche.

SITEW. Ins­tal­lée de­puis 2015 dans l’an­cien pres­by­tère de Yo­let, l’en­tre­prise can­ta­lienne de Fa­bien Ver­sange fi­gure dans le « top 5 », en France, des so­cié­tés qui pro­posent des ou­tils de créa­tion de sites In­ter­net. PHO­TO CHRISTIAN STAVEL

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