« Au temps ou au­tant pour moi ? »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

La langue fran­çaise nous ré­serve tou­jours mille et une sur­prises.

Alors que je par­cou­rais l’ex­cellent ou­vrage d’Isa­belle Las­fargue­Gal­vez, Mots pé­rilleux,

mots sa­vou­reux, illus­tré par le non moins pé­tillant Ma­thieu Sa­pin, (éd. Ha­tier), où l’on dé­couvre l’ex­pli­ca­tion de nom­breuses confu­sions de la langue fran­çaise (le pa­ra­nyme per­pé­trer/per­pé­tuer, pro­dige/ pro­digue, hi­ver­ner/hi­ber­ner, etc.), mon oeil s’est ar­rê­té sur la for­mule « Au­tant pour moi » qui per­met de trou­ver une équi­va­lence quan­ti­ta­tive ou qua­li­ta­tive entre vous et une autre per­sonne.

Certes, certes, mais alors pour­quoi trouve­t­on dans cer­tains écrits au temps pour moi ? Cette lo­cu­tion ex­prime la re­con­nais­sance d’une er­reur et ne veut pas du tout dire la même chose. L’ori­gine est ici mi­li­taire et da­te­rait du XIXe siècle.

Les sol­dats qui n’étaient pas dans les temps de la ma­noeuvre ou d’un mou­ve­ment criaient « au temps ». Le geste de­vait donc être re­pris « au temps » pré­cé­dent pour ce sol­dat qui n’avait pas res­pec­té le mou­ve­ment et toute sa troupe par là­même. Un peu éner­vant mais re­con­nu au­jourd’hui comme un geste d’au­to­cor­rec­tion.

Cette si­gni­fi­ca­tion a été ou­bliée dé­sor­mais et les deux gra­phies sont au­to­ri­sées pour sim­ple­ment ex­pri­mer l’équi­va­lence.

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