L’ap­pel au calme igno­ré

Une ma­ni­fes­ta­tion de sou­tien à de jeunes na­tio­na­listes dé­gé­nère

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

Une ma­ni­fes­ta­tion de sou­tien à trois jeunes na­tio­na­listes corses, ré­cem­ment condam­nés à Pa­ris, a vio­lem­ment dé­gé­né­ré, hier, à Bastia.

ABas­tia, hier après­mi­di, des in­ci­dents ont écla­té peu après la dis­per­sion d’un dé­fi­lé de sou­tien à trois na­tio­na­listes corses (Ni­co­las Bat­ti­ni, Jo­seph­Ma­rie Ver­di et Sté­phane To­ma­si­ni) condam­nés, le 6 oc­tobre, par la cour d’as­sises spé­ciale de Pa­ris (*), pour un attentat à la voi­ture bé­lier contre la sous­pré­fec­ture de Corte (Haute­Corse), com­mis le 1er avril 2012 et qui avait fait des dé­gâts ma­té­riels.

Cock­tails Mo­lo­tov et voi­tures in­cen­diées

Le mi­nistre de l’In­té­rieur Ber­nard Ca­ze­neuve a condam­né des « vio­lences in­ac­cep­tables per­pé­trées par une cin­quan­taine d’in­di­vi­dus […] en­ca­gou­lés et lour­de­ment équi­pés », qui ont at­ta­qué la po­lice « avec des cock­tails Mo­lo­tov et des ob­jets mé­tal­liques ».

Face à la ten­sion sur l’île de­puis le ver­dict, les di­ri­geants na­tio­na­listes avaient ap­pe­lé au calme ven­dre­di et le garde des Sceaux, Jean­Jacques Ur­voas, avait fait un geste d’apai­se­ment en de­man­dant à l’ad­mi­nis­tra­tion pé­ni­ten­tiaire d’exa­mi­ner « avec bien­veillance » les de­mandes de trans­fert des condam­nés en Corse.

Ce­la n’a pas suf­fi : vers 16 h 30, plu­sieurs di­zaines de jeunes ca­gou­lés ont lan­cé des cock­tails Mo­lo­tov sur les CRS et les gen­darmes mo­biles, qui pro­té­geaient la pré­fec­ture de Haute­Corse et dont la pré­sence avait été ren­for­cée. Huit vé­hi­cules, dont au moins un de po­lice, ont com­men­cé à brû­ler, mais les pom­piers ont ra­pi­de­ment pu éteindre les flammes.

Les jeunes ca­gou­lés ont éga­le­ment dé­clen­ché un dé­but d’in­cen­die à la poste cen­trale de Bastia, si­tuée à 200 mètres de la pré­fec­ture.

CRS et gen­darmes mo­biles ont ri­pos­té par des tirs de gre­nades la­cry­mo­gènes et de Flash­Ball. Ils ont en­suite bou­clé le pé­ri­mètre au­tour de la pré­fec­ture en dé­ployant des ca­mions et des cars.

En fin de jour­née, un calme re­la­tif était re­ve­nu dans les rues de la vieille ville, qua­drillées par des cen­taines de gen­darmes. Au­cun bles­sé n’est à dé­plo­rer se­lon le mi­nis­tère de l’In­té­rieur. Au­cune in­ter­pel­la­tion n’a été an­non­cée.

La ma­ni­fes­ta­tion, à la­quelle avaient par­ti­ci­pé quelque 1.500 per­sonnes se­lon la po­lice (4.000 se­lon les or­ga­ni­sa­teurs), s’était au­pa­ra­vant dé­rou­lée sans in­ci­dent. « Li­ber­ta », ont scan­dé les ma­ni­fes­tants.

Cette ma­ni­fes­ta­tion avait été or­ga­ni­sée à l’ap­pel des syn­di­cats na­tio­na­listes étu­diants, des par­tis na­tio­na­listes ma­jo­ri­taires à l’as­sem­blée de Corse et de la Ligue des droits de l’homme. Les di­ri­geants corses, no­tam­ment les pré­si­dents du Conseil exé­cu­tif de la Col­lec­ti­vi­té ter­ri­to­riale, Gilles Si­meo­ni, et ce­lui de l’as­sem­blée de Corse, Jean­Guy Ta­la­mo­ni, étaient pré­sents dans le cor­tège, de même que le maire na­tio­na­liste de Bastia, Pierre Sa­ve­li, et de nom­breux autres élus.

(*) Âgés de 22 à 24 ans, ils ont éco­pé de peines de 8, 6 et 5 ans de pri­son ferme de­vant la cour d’as­sises spé­ciale de Pa­ris. Jo­seph­Ma­rie Ver­di est en fuite, mais les deux autres ont de­man­dé à pur­ger leur peine dans l’éta­blis­se­ment pé­ni­ten­tiaire de Bor­go.

CA­GOU­LÉS. Les in­ci­dents ont dé­bu­té vers 16 h 30, hier, à Bastia. Le calme est re­ve­nu dans la soi­rée. PHO­TO AFP

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