Ils veulent mettre fin à un scan­dale so­cial

En moyenne 213 € au­des­sous du seuil de pau­vre­té

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - PUY-DE-DÔME ACTUALITÉ -

« Mettre fin à un scan­dale so­cial », tel est l’ob­jec­tif de l’as­so­cia­tion de dé­fense des re­trai­tés agri­coles (Adra) du Puy-de-Dôme, qui s’est réunie en as­sem­blée gé­né­rale à Pa­rent (*).

Le pré­sident de l’Adra 63, Ber­nard Fa­vo­don (ré­cem­ment élu pour prendre la suite de Paul Phi­lippe qui est dé­sor­mais vice­pré­sident na­tio­nal), a rap­pe­lé la vo­ca­tion de cette as­so­cia­tion née il y a 23 ans à l’ini­tia­tive de Mau­rice Bouyou : « agir face à l’in­dif­fé­rence et au mé­pris des ser­vices pu­blics, et face à la non prise en compte du pro­blème de la fai­blesse des re­traites par le syn­di­ca­lisme agri­cole ».

Loin du compte

Certes, quelques avan­cées ont été consta­tées, mais en­core in­suf­fi­santes.

Grâce à la créa­tion de re­pré­sen­ta­tions dé­par­te­men­tales comme l’Adra 63 (qui compte à ce jour 950 adhé­rents), quelques ac­quis ont été ob­te­nus, no­tam­ment la re­va­lo­ri­sa­tion de la re­traite moyenne des agri­cul­teurs qui est pas­sée de 415 € par mois en 1993 (255 € pour les conjoints) à 784 € (552 € pour les conjoints) au­jourd’hui.

« Une avan­cée si­gni­fi­ca­tive », constate Ber­nard Fa­vo­don, « mais en­core in­suf­fi­sante, car tou­jours en des­sous du seuil de pau­vre­té, qui est de 997 € par mois ». Et en­core plus loin du ni­veau fixé par le pre­mier mi­nistre qui a dé­cla­ré que « vivre avec moins de 1.200 € pas mois est in­ac­cep­table ».

« Une pro­vo­ca­tion »

Dans ces condi­tions, la prime men­suelle de 3,33 € ac­cor­dée par le gou­ver­ne­ment est loin de faire le compte. Elle est même per­çue comme « une pro­vo­ca­tion et un mé­pris pour les agri­cul­teurs, les ou­bliés de la Ré­pu­blique », s’in­surge l’as­so­cia­tion na­tio­nale des re­trai­tés agri­coles de France (An­raf). « Notre ob­jec­tif dé­sor­mais », a ex­pli­qué Pierre Es­quere, pré­sident na­tio­nal de l’An­raf, « d’ob­te­nir une re­traite à 85 % du SMIC ».

Par une mo­tion, si­gnée par les prin­ci­paux re­pré­sen­tants du monde ru­ral, l’as­so­cia­tion pro­pose des me­sures im­mé­diates : mise en place d’un fonds de fi­nan­ce­ment de com­pen­sa­tion so­li­daire, main­tien de la re­traite par ré­par­ti­tion, re­lè­ve­ment du seuil fis­cal de ré­fé­rence, pos­si­bi­li­té pour les agri­cul­teurs non­sa­la­riés de bé­né­fi­cier, comme les sa­la­riés, d’un compte pé­ni­bi­li­té, afin de per­mettre un dé­part an­ti­ci­pé.

Les agri­cul­teurs at­tendent donc « qu’en­fin se ma­ni­feste la vo­lon­té po­li­tique de mettre un terme au scan­dale des re­traites agri­coles et que des me­sures concrètes soient mises en place dans les plus brefs dé­lais ».

(*) En pré­sence, no­tam­ment de : Paul Phi­lippe, vice­pré­sident de l’An­raf ; Jean­Paul Bac­quet, dé­pu­té ; Éric Du­bour­gnoux, dé­pu­té­sup­pléant ; Jeanne Es­pi­nasse et Éléo­nore Szc­ze­pa­niak ; des re­pré­sen­tants de l’Adra 63, de Mu­tua­lia et de Grou­pa­ma.

PAU­VRE­TÉ. Ber­nard Fa­vo­don, pré­sident de l’as­so­cia­tion dé­par­te­men­tale des re­trai­tés agri­coles, es­time très, très in­suf­fi­santes les avan­cées en fa­veur des agri­cul­teurs re­trai­tés.

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