Le show n’était vrai­ment pas chaud !

Isaiah Shar­key n’a pas conquis Clermont, hier à la Mai­son de la Culture, en clô­ture du fes­ti­val

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - PUY-DE-DÔME ARTS ET SPECTACLES - Ar­naud Vernet ar­naud.vernet@cen­tre­france.com

La mayon­naise n’a pas pris, hier, pour la clô­ture du fes­ti­val mal­gré des in­gré­dients de pre­mière qua­li­té. Isaiah Shar­key, es­tam­pillé gui­tar he­ro, a fait flop.

Étrange fi­nal, hier, pour le plus cé­lèbre fes­ti­val de jazz de la ré­gion. Isaiah Shar­key, la star du soir n’est pas un jazz­man ! Mais ça, on le sa­vait et cha­cun se ré­jouis­sait de ve­nir écou­ter le jeune pro­dige de la gui­tare dé­cou­vert par les Cler­mon­tois dans le même fes­ti­val, il y a cinq ans comme gui­ta­riste de Chris Dave. Funk, Soul, R & B… Qu’im­porte. La pa­ren­té avec le jazz est trop évi­dente pour faire la fine bouche, d’au­tant que le mes­sie noir (de son al­bum de R & B Black Mes­siah) avait fait le voyage de Chi­ca­go pour cette date unique ­ bra­vo à Xa­vier Fel­gey­rolles.

Une ou­ver­ture ap­pé­tis­sante, avec des basses lourdes et pro­fondes sem­blait don­ner de ton. On avait de l’âme, de la soul. Viennent alors les doigts de fée d’Isaiah sur son manche. Vir­tuo­si­té, pré­ci­sion, dou­ceur, fa­ci­li­té désar­mante… Les in­gré­dients étaient là pour un concert mé­mo­rable. Mais une heure plus tard, on se de­man­dait bien ce qu’on al­lait re­te­nir ? Des riffs su­blimes, des so­los im­pec­cables, des rythmes soul in­ter­mi­nables… ne font pas des mor­ceaux. Les in­gré­dients étaient là, somp­tueux, mais le plat n’a pas pris, à l’image du contre­bas­siste William K. Bag­gett ten­tant de faire cla­quer des mains le pu­blic et ne re­cueillant que des bra­vos po­lis, ou d’Isaiah Shar­key en per­sonne ten­dant l’oreille pour écou­ter des ré­ac­tions qui ne ve­naient pas.

Il en fut ain­si, sur un rythme quelque peu som­nolent, pen­dant tout le concert avec tout de même un fi­nal un peu plus en­thou­sias­mant, Isiaih Shar­key ap­pe­lant à la res­cousse Hey Joe pour sau­ver sa pâle pres­ta­tion.

Ju­lien Ber­trand.

En en­tame de la soi­rée le groupe lyon­nais de Ju­lien Ber­trand a fait mieux que chauf­fer la salle, avec un jazz ins­pi­ré d’in­fluences mul­tiples.

QUAND LA MU­SIQUE SAOULE UN PEU ! Isaiah Shar­key à la peine pour ré­chauf­fer le pu­blic de la Mai­son de la Culture. RÉ­MI DUGNE

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