« Mettre les points sur les i »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Avouons­le : il n’est vrai­ment pas simple de « mettre les points sur les i » de cette ex­pres­sion obs­cure ! Et pour­tant, c’est un comble, puis­qu’elle si­gni­fie ti­rer au clair une si­tua­tion pour le moins trouble et sombre.

Notre écri­ture est hé­ri­tée du mo­dèle su­mé­rien, il y a plus de 3.000 ans avant notre époque. Les Su­mé­riens par­vinrent à tra­duire en mots des sons. Une ga­geure, quand on y pense… Ces lettres par­vinrent jus­qu’aux Grecs et aux Ro­mains, dont nous avons hé­ri­té la forme des lettres. Sous Char­le­magne, les mi­nus­cules ap­pa­raissent. Les moines co­pistes, pour dis­tin­guer da­van­tage cer­taines lettres entre elles, ajoutent un pe­tit trait au­des­sus du i.

Faut­il donc mettre les « traits » sur les i ? Non, par la suite, par sou­ci de sim­pli­fi­ca­tion en­core, on trans­for­ma ce trait en point. Le « i » fut en­té­ri­né par l’Aca­dé­mie fran­çaise au XVIIIe siècle et son règne fut à peine trou­blé par le point du j et les barres du t, qui don­na lieu à une autre ex­pres­sion tout aus­si ex­pli­ca­tive : « mettre les barres au t ». Une va­riante !

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