Les vic­times de la route re­ven­diquent

Un con­grès eu­ro­péen a réuni vingt­trois as­so­cia­tions, hier, à Mou­lins QUES­TIONS A

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - RÉGION - ACTUALITÉ - Leï­la Aber­kane

Les as­so­cia­tions de vic­times de la route, réunies hier à Mou­lins, veulent faire en­tendre leur voix. Elles ré­clament une al­coo­lé­mie li­mi­tée à 0,2 grammes pour tous les conduc­teurs et des sanc­tions plus sé­vères pour les chauf­fards…

Ils ont plan­ché toute la jour­née. Vingt­trois as­so­cia­tions fran­çaises, belges, al­le­mandes et ita­liennes de vic­times de la route étaient réunies, hier, en con­grès à Mou­lins. Elles ont éla­bo­ré des pro­po­si­tions qu’elles sou­met­tront aux can­di­dats aux élec­tions pré­si­den­tielle et lé­gis­la­tives.

Créer un guide pour les 1 fa­milles. « Quand vous êtes tou­ché par un drame de la route, vous vous re­trou­vez tout seul chez vous, com­plè­te­ment dé­mu­ni », ex­plique Pa­trick Bri­gnon (as­so­cia­tion To­ny­man en Cha­rentes­Ma­ri­time) qui a per­du son fils dans un ac­ci­dent en 2002. « Vous ne sa­vez pas ce qu’il faut faire ». Une ca­rence à ré­pa­rer : « Il fau­drait un guide où fi­gu­re­raient les in­for­ma­tions prin­ci­pales : com­ment dé­po­ser plainte, se por­ter par­tie ci­vile, prendre et choi­sir un avo­cat, les do­ cu­ments à de­man­der à l’hô­pi­tal… Ce guide se­rait re­mis par le po­li­cier ou le gen­darme à la fa­mille de la vic­time à la pre­mière au­di­tion. Ce do­cu­ment se­rait neutre, émis par l’Etat ».

Un taux d’al­coo­lé­mie li­mi­té 2 à 0,2 grammes pour tous. Les as­so­cia­tions ré­clament de ra­me­ner le taux d’al­coo­lé­mie au­to­ri­sé à 0,2 grammes pour tous les au­to­mo­bi­listes qu’ils soient jeunes conduc­teurs (leur taux est dé­jà li­mi­té à 0,2 grammes) ou conduc­teur ex­pé­ri­men­té : « Nous di­sons qu’il ne faut pas boire. Ça n’in­ter­dit pas de boire mais il ne faut pas conduire. C’est tout », ex­plique Jean­Luc Cal­le­baut (as­so­cia­tion Ma­ri­lou dans l’Oise). « Il faut aus­si ces­ser l’hy­po­cri­sie, ces­ser de su­bir le lob­by des al­coo­liers ».

Les re­pré­sen­tants des as­ so­cia­tions réunies hier plaident aus­si pour « une re­mise à plat de la po­li­tique de sé­cu­ri­té routière » qui passe en par­tie par les au­to­écoles. « Il fau­drait ra­jou­ter un mo­dule de for­ma­tion sup­plé­men­taire sur les risques et les grandes consé­quences des pe­tits ex­cès d’al­cool, des pe­tits ex­cès de vi­tesse. Il y a des choses à re­voir ».

Des sanc­tions « plus sé­vères 3 » pour les chauf­fards. Les sanc­tions ap­pli­quées aux chauf­fards « ne sont pas as­sez sé­vères » ont af­fir­mé hier les congres­sistes. « Les au­teurs d’ac­ci­dents qui ont deux cir­cons­tances ag­gra­vantes, al­cool et vi­tesse par exemple, peuvent prendre deux ans de pri­son ferme mais la peine est amé­na­gée avec le port d’un bra­ce­let élec­tro­nique. Ces chauf­fards vont très peu sou­vent en pri­son ». La si­tua­tion est pire en Bel­gique confie Mar­tine Mau­fort (as­so­cia­tion Da­vid­Col­lin, à Bastogne) : « Les dé­lits rou­tiers sont to­ta­le­ment ba­na­li­sés. Les peines sont moins sé­vères qu’en France et les vic­times ne sont pas consi­dé­rées. On se bat ».

PRO­PO­SI­TIONS. Les as­so­cia­tions par­ti­ci­pantes, très sen­si­bi­li­sées aux drames hu­mains in­duits par les ac­ci­dents de la route, re­met­tront la syn­thèse de leur ré­flexion aux can­di­dats à l’élec­tion pré­si­den­tielle et aux lé­gis­la­tives. PHO­TO D’AR­CHIVES PHI­LIPPE BI­GARD

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