« Pour moi, c’est Hol­lande »

Il est dé­sor­mais di­rec­teur des études à la di­rec­tion du PS

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 JOURS EN POLITIQUE - Ber­nard Sté­phan ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

An­cien dé­pu­té eu­ro­péen dans la grande ré­gion Centre, dé­sor­mais di­rec­teur des études au­près du Pre­mier se­cré­taire du PS, Hen­ri We­ber plaide pour Hol­lande.

Pour lui, c’est Hol­lande. An­cien dé­pu­té eu­ro­péen, uni­ver­si­taire, Hen­ri We­ber est une grande fi­gure du so­cia­lisme ré­for­miste. Au­jourd’hui, dans un es­sai très do­cu­men­té (*), il plaide pour le com­pro­mis, pour un so­cia­lisme de la ré­forme et une re­fon­da­tion de la so­cial­dé­mo­cra­tie. Et d’ailleurs, il le dit clai­re­ment : « Il faut com­plè­te­ment re­fon­der les par­tis ré­for­mistes en France comme en Eu­rope. Les re­fon­der de la cave au gre­nier, c’est­à­dire sur le plan théo­rique, pro­gram­ma­tique, des pra­tiques mi­li­tantes et de l’or­ga­ni­sa­tion. »

« Le chô­mage oc­culte le reste du bi­lan »

Mais qu’on ne s’y trompe pas : pour l’au­teur, « Fran­çois Hol­lande est un so­cial­dé­mo­crate de longue date, son maître à pen­ser est Jacques De­lors, son maître à agir Fran­çois Mit­ter­rand. »

Et il plaide pour Hol­lande qui reste au­jourd’hui pour lui le can­di­dat in­con­tour­nable de la gauche : « Beau­coup de choses ont été faites du­rant ce quin­quen­nat, sur le plan éco­no­mique, so­cial, so­cié­tal. Mais ce qui marque le plus, c’est l’échec sur le chô­mage. Et ça, ça rend Fran­çois Hol­lande in­au­di­ ble. Les Fran­çais voient son bi­lan à tra­vers ce prisme. »

Hen­ri We­ber veut com­pa­rer. Et c’est bien sur ce ter­rain, ex­plique­t­il, que les élec­teurs de gauche peuvent faire la dif­fé­rence : « Pen­sez au pre­mier dé­bat des can­di­dats de la droite. Nos élec­teurs les ont vus s’en­gueu­ler, sur­en­ché­rir sur les coupes de leurs pro­grammes dans la dé­pense pu­blique. Quand on voit le mal que nous avons eu à ré­duire de 50 mil­liards les dé­penses sur cinq ans, on ima­gine l’ef­fet ré­ces­sif qu’au­rait l’am­pleur des coupes pro­mises par la sur­en­chère des pro­grammes des can­ di­dats de la droite ! »

Il y a les son­dages d’au­jourd’hui, mais le chantre d’un Éloge du com­pro­mis re­vient aux fon­da­men­taux : « En France, le vieux peuple mo­nar­chiste ac­cepte de dé­lé­guer son pou­voir sou­ve­rain à trois condi­tions. Pre­miè­re­ment, la com­pé­tence avé­rée par les per­for­mances (il faut avoir oc­cu­pé des postes très im­por­tants en po­li­tique). Deuxiè­me­ment, avoir su­bi des épreuves (avoir été mis à terre) qui au­raient dé­truit un homme nor­mal. Troi­siè­me­ment, avoir l’ap­ti­tude à ras­sem­bler son camp. » Ce­la des­sine­t­il Hol­lande en fi­li­grane ? « Oui », ré­pond Hen­ri We­ber, pour qui les son­dages d’au­jourd’hui ne sont pas les son­dages de de­main. « Bien sûr qu’il va se pré­sen­ter et ce sont les élec­teurs de gauche qui vont dé­ci­der. Et alors vous ver­rez, tous les élec­teurs de gauche se­ront der­rière lui!»

L’im­pos­sible mé­thode scan­di­nave

Et pour­tant, il y a eu des blo­cages. Hen­ri We­ber les ré­sume à l’im­pos­sible po­li­tique à la scan­di­nave, celle du par­te­na­riat so­cial qui n’avait plus d’in­ter­lo­cu­teur, à part la CFDT, et illus­trée au dé­but du man­dat par les grandes confé­rences so­ciales. « Ce­ci a été ac­cen­tué par l’ar­ri­vée de Mar­ti­nez à la tête de la CGT, qui a fait du gau­chisme ! »

Mais au­jourd’hui, « il faut dé­pas­ser le PS. C’est l’idée de la Belle Al­liance po­pu­laire por­tée par Cam­ba­dé­lis : elle est éco­lo­giste, so­cia­liste et eu­ro­péenne. » Et, ajoute Hen­ri We­ber en conclu­sion de son livre, « les Fran­çais dé­ci­de­ront au terme d’un dé­bat dont l’is­sue est plus ou­verte qu’il n’y pa­raît. »

HEN­RI WE­BER. L’an­cien dé­pu­té eu­ro­péen a la convic­tion que Fran­çois Hol­lande ras­sem­ble­ra la gauche. PHO­TO JEAN-LOUIS GORCE

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