Le lec­teur, un ache­teur qu’il faut fi­dé­li­ser

Une jour­née pour dé­ve­lop­per des stra­té­gies

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région actualité - Blan­dine Hu­tin-mer­cier blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

Ne comp­tez pas sur les par­ti­ci­pants à la 6e jour­née in­ter­pro­fes­sion­nelle du livre pour pleu­rer la fin des bou­quins. C’est même au contraire qu’ils sont ve­nus ré­flé­chir, à Brive, dans le cadre de la Foire du livre.

120 pro­fes­sion­nels du livre, li­braires, édi­teurs, bi­blio­thé­caires, au­teurs, or­ga­ni­sa­teurs de ma­ni­fes­ta­tions réunis au­tour de cette ques­tion cru­ciale : « Le lec­teur au coeur des stra­té­gies de fi­dé­li­sa­tion ».

« Adap­ter leurs pra­tiques »

Pour preuve les exemples par­ta­gés tout au long de la jour­née. Pre­mier constat : face aux pla­te­formes de vente en ligne, « les in­dé­pen­dants n’au­ront ja­mais la puis­sance de frappe al­go­rith­mique, mais ils peuvent adap­ter leurs pra­tiques », re­lève Oli­vier Thuillas, char­gé de mis­sion éco­no­mie au Centre ré­gio­nal du livre en Li­mou­sin.

Ain­si, l’au­teur de thril­ler Maud Maye­ras (sur la Foire avec Lux, édi­tions Anne Car­rière), a­t­elle dé­ve­lop­pé sa pré­sence sur les ré­seaux so­ciaux, pra­ti­quant no­tam­ment le tea­sing vi­déo.

Dans la li­gnée du site les­li­braires.fr, l’as­so­cia­tion Li­brai­ries At­lan­tique est en train de se struc­tu­rer. Sur l’aqui­taine seule pour l’heure, elle pro­pose des ré­ser­va­tions de livres sur In­ter­net, des for­ma­tions de li­braires, des ren­contres sco­laires…

« Dans les mé­dia­thèques, ce travail de di­ver­si­fi­ca­tion est plus com­pli­qué », re­con­naît Oli­vier Thuillas, pour des rai­sons éthiques et pra­tiques en­tou­rant le tra­çage des em­prunts et des em­prun­teurs. « Mais si les mé­dia­thèques ne font que ré­pondre aux de­mandes sans cher­cher à élar­gir l’offre de lec­ture, on n’est plus tout à fait dans un ser­vice pu­blic », ana­lyse­til.

La so­lu­tion vien­dra sans doute d’une autre ma­nière d’at­ti­rer les usa­gers. « La ques­tion n’est pas neuve, mais elle se joue­ra sur­tout sur le contact di­rect, la re­la­tion per­son­nelle. C’est au coeur de la sur­vie des bi­blio­thèques et des li­brai­ ries. C’est ma­gique et c’est ce qui fait qu’on a en­vie de gar­der des lieux comme ceux­là. Mais il faut jouer cette carte à fond. »

Charte

D’au­tant que, dans un mar­ché du livre en stag­na­tion, on note un « dé­but de désaf­fec­tion pour les bi­blio­thèques, avec moins d’ins­crits et moins d’em­prunts. Les mé­dia­thèques sont en train de de­ve­nir une sorte de troi­sième lieu de so­cia­li­sa­tion, dont l’at­trait dé­passe les col­lec­tions pro­po­sées. On y est pas­sé d’une po­li­tique de col­lec­tion à une po­li­tique de pu­blic ».

Quant aux or­ga­ni­sa­teurs de ma­ni­fes­ta­tions lit­té­raires, c’est à plus de ri­gueur, à dé­faut d’ima­gi­na­tion, qu’ils sont ap­pe­lés à tra­vailler. « On tra­vaille à l’éla­bo­ra­tion d’une charte des fêtes et foires du livre, une sorte de la­bel­li­sa­tion qui leur ap­por­te­rait plus de re­con­nais­sance ».

DÉ­BAT. Des li­braires, édi­teurs, bi­blio­thé­caires, au­teurs, or­ga­ni­sa­teurs de ma­ni­fes­ta­tions réunis au­tour de cette ques­tion cru­ciale : « Le lec­teur au coeur des stra­té­gies de fi­dé­li­sa­tion ». PHO­TO RÉ­MI DUGNE

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